Ce basculement s’explique par la puissance de la rue indienne, qui a fait plier un pouvoir réputé intouchable. L’initiative vient de ce parti, le Mouvement des cafards (CJP), un mouvement parodique né sur les réseaux sociaux en mai dernier après la comparaison faite par le président de la Cour suprême qualifiant les jeunes chômeurs de « parasites ».
Fondé par Abhijeet Dipke, 30 ans, ce collectif de la génération Z a pris une ampleur nationale phénoménale en Inde, depuis sa première manifestation, le 6 juin dernier à New Delhi, suite aux fuites au concours de médecine.
Aujourd’hui, ce mouvement fait tomber un puissant ministre du BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, le ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan. L’opposition parlementaire a apporté son soutien aux manifestants. Son leader, Rahul Gandhi, salue une mobilisation « exceptionnelle » de la jeunesse indienne et concentre désormais ses tirs sur N.Modi, dont tout le monde attend la réaction.
Le Cockroach Janta Party savoure sa victoire. « Nous mettons fin immédiatement au mouvement. Nous demandons à tous les manifestants de rentrer chez eux pacifiquement », a déclaré devant la presse Ashutosh Ranka, porte-parole du CJP, peu après l’annonce de la démission. Les manifestants réclamaient également des excuses officielles pour les étudiants blessés durant les récentes manifestations et surtout les familles touchées par le suicide d’une vingtaine d’étudiants désespérés après les fraudes au concours d’entrée en faculté de médecine.

