Élaboré à partir d’indicateurs politiques, sociaux, économiques et institutionnels, l’indice évalue le degré de vulnérabilité électorale des pays étudiés. Il croise les tendances historiques avec des données récentes, afin de proposer un dispositif d’anticipation et de mieux reconnaître les scrutins nécessitant une attention particulière ou un accompagnement renforcé.
Dans ce classement, le Maroc occupe la 25e place parmi les pays couverts par le rapport. Plus un pays se rapproche du haut du tableau, plus son niveau de vulnérabilité électorale est considéré comme élevé. Dans le détail, le royaume a un score de 48,1 points, les notes les plus élevées correspondant à une situation moins favorable. La probabilité estimée de violences électorales y atteint 91,2%, dont 5,1% de risque de violences graves et 86,1% de risque de violences modérées. Comparé à ses voisins et à son environnement régional, le Maroc semble toutefois être dans une position relativement favorable, même s’il reste loin des niveaux de stabilité enregistrés dans les démocraties occidentales.
Face aux pays les plus exposés, le Maroc demeure dans une zone de risque relativement maîtrisée, loin des États affichant les scores les plus élevés, à l’image de la Guinée équatoriale (95,5), de la Russie (86,4) ou encore de la Somalie (76). Au Maghreb, le royaume n’est pas loin de la Tunisie, classée 24e, tout en devançant l’Algérie (18e) et la Libye (12e).
Au niveau mondial, la Finlande figure parmi les pays ne présentant aucune vulnérabilité électorale, aux côtés de la Suède, de la Suisse, de la Nouvelle-Zélande et de l’Espagne. À l’inverse, le Guatemala est en tête des pays les plus vulnérables sur le plan électoral, devant la Gambie, l’Arménie, le Lesotho, le Brésil et le Monténégro.
L’indice rappelle que les élections constituent l’un des principaux mécanismes permettant d’assurer une transition pacifique du pouvoir. Mais ce rôle peut être fragilisé par la polarisation politique, un affaiblissement des institutions ou le recul de la confiance, pouvant faire du processus électoral un facteur de tensions et d’instabilité. Comme il souligne le poids croissant des réseaux sociaux et des outils numériques. Si ces derniers offrent de nouvelles possibilités pour mobiliser et informer les électeurs, ils peuvent aussi nourrir la polarisation, favoriser la désinformation et affaiblir la confiance dans les institutions démocratiques et électorales.

