Les résultats de cette enquête montrent également que les femmes âgées de 18 à 35 ans représentent 81 % de l’ensemble des Marocaines ayant un niveau d’études secondaire ou supérieur. À l’inverse, les femmes de plus de 55 ans ne constituent que 18 % de cette catégorie.
Sur un autre registre, les données d’Afrobarometer révèlent que 97 % des femmes vivant en milieu urbain au Maroc et 92 % de celles résidant en milieu rural possèdent un téléphone portable, des taux supérieurs aux moyennes enregistrées dans 38 autres pays africains, qui s’établissent respectivement à 90 % et 73 %. Par ailleurs, 58 % des femmes vivant en milieu urbain au Maroc déclarent disposer d’un compte bancaire.
Le rapport souligne également que les femmes en âge de travailler sont moins susceptibles que les hommes d’occuper un emploi rémunéré. Elles possèdent aussi moins souvent des actifs essentiels, notamment des voitures ou des motos, ainsi que des actifs financiers tels que les comptes bancaires ou les comptes de transfert d’argent par téléphone mobile. Elles sont également moins équipées en outils numériques, comme les téléphones et les ordinateurs.
Le document rappelle que la promotion des droits des femmes est au cœur des politiques de développement africaines depuis plusieurs décennies, comme en témoignent les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. L’enquête d’Afrobarometer souligne que cette ambition est désormais de plus en plus intégrée dans les différents documents stratégiques, allant des plans nationaux de développement jusqu’aux textes fondateurs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon le rapport, la priorité accordée à l’autonomisation des femmes ainsi que les objectifs fixés par l’Agenda 2063 et les ODD ont permis des progrès modestes au cours de la dernière décennie, tant à l’échelle mondiale qu’en Afrique. Toutefois, ces avancées demeurent lentes et inégales. L’indice de l’égalité entre les sexes montre en effet que les Africaines ne bénéficient encore que d’environ la moitié des opportunités sociales, économiques et politiques offertes aux hommes. Le rapport ajoute que les obstacles sont particulièrement importants pour les femmes vivant en milieu rural, alors même qu’elles pourraient jouer un rôle majeur comme moteur du développement économique.
Le rapport souligne toutefois que la plupart des initiatives visant à mesurer les progrès réalisés en faveur des femmes négligent les différences fondamentales entre les réalités, les défis et les réussites des femmes rurales et ceux des femmes urbaines, alors que leurs situations peuvent être très différentes. Pour beaucoup d’entre elles, le manque d’accès aux infrastructures et aux services de base accroît les contraintes de temps et limite leur capacité à accéder aux informations et aux opportunités indispensables à la pleine réalisation de leur potentiel.
Enfin, Afrobarometer conclut que les écarts entre les femmes et les hommes vivant en milieu urbain sont parfois moins importants que ceux qui séparent les femmes des villes de celles des campagnes. Le rapport met néanmoins en avant un élément encourageant : les femmes rurales surpassent souvent leurs homologues urbaines dans plusieurs aspects essentiels de la participation politique, révélant un niveau d’engagement qui pourrait être mobilisé pour renforcer la voix des femmes rurales et accélérer les changements au sein des communautés rurales.

