Home MarocInstitution du Médiateur du RoyaumeMédiateur du Royaume : Les recours contre l’administration explosent en 2025

Médiateur du Royaume : Les recours contre l’administration explosent en 2025

by Perspectives Med
0 comments
Médiateur du Royaume : Les recours contre l’administration explosent en 2025

Au cours de l’année 2025, l’Institution du Médiateur a enregistré 9.958 dossiers, contre 7.948 en 2024, soit une augmentation de 25,29 % en l’espace d’une année. Cette progression prolonge une tendance observée depuis plusieurs exercices : 5.402 dossiers en 2021, 5.909 en 2022, puis 7.219 en 2023, avant d’atteindre un niveau record en 2025. L’institution explique que cette évolution témoigne d’un recours croissant des usagers à la médiation comme voie de règlement des différends les opposant aux administrations publiques. Elle reflète également une meilleure connaissance, par les citoyens, des compétences du Médiateur et de son rôle dans le traitement des litiges administratifs.

Les réclamations demeurent largement majoritaires parmi les dossiers enregistrés. Elles représentent 6.770 dossiers, soit 67,99 % du total. À celles-ci s’ajoutent 3.157 demandes d’orientation ainsi que 31 demandes de règlement amiable. Cette répartition confirme que le cœur de l’activité de l’institution reste le traitement des réclamations relevant de son champ de compétence, tout en illustrant le développement progressif du recours aux mécanismes d’orientation et aux solutions amiables. L’évolution des réclamations est, elle aussi, significative. Leur nombre est passé de 3.339 en 2019 à 5.755 en 2024, avant d’atteindre 6.770 en 2025. Pour le rapport, cette progression traduit une appropriation croissante de l’institution par les citoyens, qui l’identifient désormais comme un interlocuteur institutionnel pour le règlement des différends avec l’administration.

Face à cette augmentation des sollicitations, l’Institution du Médiateur affirme avoir renforcé sa capacité de traitement. En 2025, 9.006 dossiers ont été traités, contre 5.117 en 2019. L’année précédente, l’institution avait traité 7.966 dossiers, alors même qu’elle n’en avait enregistré que 7.948, portant ainsi son taux de réalisation au-delà de 100 % grâce au règlement de dossiers hérités des exercices antérieurs. Le rapport y voit le résultat d’une amélioration des méthodes de gestion interne et d’une adaptation aux volumes croissants de demandes.

L’analyse des réclamations révèle une prédominance des dossiers à caractère financier. Ceux-ci arrivent en tête avec 2.528 réclamations, devant les réclamations administratives (2.387). Viennent ensuite les litiges liés à l’accès aux programmes sociaux (623), les affaires foncières (544) et les réclamations portant sur la non-exécution des décisions judiciaires prononcées à l’encontre de l’administration (337). Le rapport recense également 157 réclamations relatives aux services publics, 99 concernant la gestion des risques majeurs, 60 portant sur les droits humains, 22 liées aux services numériques et 13 demandes d’assistance judiciaire provisoire.

Cette concentration des réclamations autour des questions financières, administratives et sociales n’est pas fortuite, estime l’institution. Elle l’explique par l’élargissement des politiques publiques à vocation sociale et par l’augmentation du nombre de bénéficiaires des programmes de soutien. Cette évolution a fait apparaître de nouvelles difficultés portant notamment sur les conditions d’accès, les critères d’éligibilité, les délais de mise en œuvre ou encore les mécanismes de suivi. Autant d’éléments qui alimentent une hausse des contestations liées à l’application de ces dispositifs.

Le rapport souligne également que la nature des réclamations évolue. Elles ne reflètent plus uniquement des dysfonctionnements administratifs classiques, mais traduisent désormais un niveau d’exigence plus élevé des citoyens à l’égard de la qualité des services publics et de l’efficacité des institutions dans la garantie de l’équité administrative.

Les 3.157 demandes d’orientation enregistrées en 2025 concernent principalement des litiges entre personnes de droit privé (808 dossiers), suivis des affaires pendantes devant les juridictions (621). Elles portent également sur les demandes d’accès à un emploi, à une aide ou à un avantage (447 dossiers), sur la gestion administrative générale (396), les jugements et décisions de justice (359), les demandes de grâce royale (132), les plaintes relatives à l’exécution de décisions judiciaires rendues contre des personnes de droit privé (112), les services sociaux (98) ainsi que les plaintes dirigées contre les auxiliaires de justice (70), auxquelles s’ajoutent d’autres dossiers de nature diverse.

Le recours au règlement amiable poursuit lui aussi sa progression. Avec 31 demandes enregistrées en 2025, l’institution atteint le niveau le plus élevé depuis l’adoption de cette procédure, contre 11 seulement en 2024. Les litiges fonciers concentrent l’essentiel de ces demandes avec 23 dossiers, devant les affaires financières (4 dossiers), les litiges administratifs (3 dossiers) et un différend opposant deux administrations.

L’ensemble de ces indicateurs porte l’Institution à considérer que l’année 2025 constitue une étape importante dans l’évolution de la médiation institutionnelle au Maroc. Au-delà du record enregistré en matière de dossiers traités, le rapport met en évidence une transformation du profil des réclamations, désormais largement influencées par les effets des politiques publiques sociales et par les attentes croissantes des citoyens en matière de qualité du service public, d’efficacité administrative et d’équité dans les relations entre l’administration et les usagers.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.