L’annonce a été faite, lundi par le questeur de l’institution législative, à l’ouverture de la séance consacrée aux réponses du chef de l’exécutif, Aziz Akhannouch, aux questions des députés sur l’enseignement et la formation professionnelle.
Parmi les textes soumis à l’examen figure l’accord de coopération militaire signé le 17 juin 2025 à Rabat avec l’Éthiopie, un pays qui n’a pas encore rompu ses relations avec la «RASD». Ce partenariat stratégique couvre plusieurs domaines, notamment la formation et l’entraînement militaires, l’organisation d’exercices conjoints, la recherche scientifique, ainsi que la santé militaire. Il prévoit également l’échange d’expériences et d’expertises dans des secteurs d’intérêt commun. À noter que la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, a accueilli le 14 mai 2026 la première réunion de la commission militaire mixte maroco-éthiopienne.
Les députés sont également appelés à approuver l’accord de coopération militaire conclu le 18 juin 2025 à Rabat avec le Rwanda, un autre Etat qui reconnaît l’autoproclamée «république sahraouie». Le texte prévoit la création d’une commission militaire mixte chargée de définir les axes de coopération bilatérale, laquelle se réunira alternativement à Rabat et à Kigali.
Un troisième texte porte sur l’accord de coopération militaire signé le 21 octobre 2025 à Rabat avec le Libéria, un pays qui soutient la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Par ailleurs, le royaume a scellé des accords de coopération militaire avec la Côte d’Ivoire, en mai 2025 et le Cameroun, en mars 2025.
S’exprimant le même jour lors d’une séance législative publique à la Chambre des représentants, consacrée au vote de 22 projets de loi approuvant 22 accords internationaux conformément à la procédure constitutionnelle en vigueur, le ministre marocaine des affaires étrangères a indiqué que « Rabat adopte une approche juridique rigoureuse fondée sur une rédaction précise des accords et sur la recherche d’un impact concret, qu’il soit diplomatique, économique, sécuritaire, consulaire ou d’une autre nature ».
Nasser Bourita a précisé que cet ensemble comprend 17 accords bilatéraux et 5 accords multilatéraux. Les accords bilatéraux peuvent être répartis en trois catégories principales, la première étant à caractère économique, notamment dans les domaines douanier et fiscal. Il a cité à ce titre l’accord douanier conclu avec la Guinée-Bissau ainsi que les accords fiscaux conclus avec le Tchad et le Burundi. Le ministre a également évoqué plusieurs accords économiques liés au secteur des transports, qu’il s’agisse du transport de marchandises et de voyageurs avec la Guinée-Bissau, des services aériens avec la Côte d’Ivoire, de la reconnaissance mutuelle des permis de conduire avec le Tchad ou encore de la coopération logistique avec l’Azerbaïdjan.
Abordant les sept autres accords bilatéraux, le responsable a expliqué qu’ils concernent principalement le domaine judiciaire. Ils portent notamment sur l’assistance judiciaire en matière pénale avec le Malawi et l’Arabie saoudite, sur le transfèrement des personnes condamnées avec le Malawi, l’Arabie saoudite et l’Autriche, ainsi que sur l’extradition des criminels et des personnes recherchées avec le Malawi et l’Arabie saoudite.
Le chef de la diplomatie marocaine a également attiré l’attention sur trois accords de coopération militaire conclus avec le Burkina Faso, le Cameroun et l’Azerbaïdjan.
Concernant les cinq accords multilatéraux, il a précisé que trois d’entre eux portent sur l’établissement à Rabat des sièges d’organisations régionales africaines. Il s’agit notamment de l’Organisation africaine des aveugles, de l’Organisation économique et sociale africaine et de l’Instance africaine de contrôle administratif et financier. Les deux autres accords concernent le transport maritime. Selon N. Bourita, ils visent à harmoniser la législation nationale avec les conventions internationales, notamment celle relative aux garanties applicables au transport maritime des passagers et de leurs bagages, ainsi que celle portant sur l’identification des gens de mer.
Le ministre a souligné plusieurs enseignements majeurs découlant de cet ensemble d’accords. Il a notamment relevé que près des deux tiers d’entre eux concernent l’Afrique, qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux. Il a également indiqué que « 40 % de ces accords ont été signés à Dakhla ou à Laâyoune, ce qui constitue une confirmation de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ces provinces ». Selon lui, l’installation au Maroc de ces centres et organisations régionales africaines s’inscrit dans une dynamique visant à faire de Rabat une importante capitale diplomatique africaine. « Aujourd’hui, le Maroc accueille 42 ambassades africaines sur les 53 que compte le continent, tandis que 15 organisations africaines ont établi leur siège à Rabat », a-t-il déclaré.
Enfin, le ministre a insisté sur la dimension consulaire de plusieurs de ces accords. Il a expliqué que les accords relatifs à la reconnaissance mutuelle des permis de conduire, au transport routier ou encore au transfèrement des détenus présentent un intérêt direct pour la communauté marocaine établie à l’étranger, tout en contribuant également au renforcement des échanges économiques.

