Au moins 10 Palestiniens, dont une mère, un père et leurs trois enfants, ont été tués et 20 autres blessés lors de frappes aériennes menées dans la nuit par l’armée israélienne dans plusieurs secteurs de la ville de Gaza, malgré le cessez-le-feu en vigueur. Selon des sources locales, des avions de combat et des hélicoptères israéliens ont visé simultanément plusieurs habitations situées dans l’ouest et le nord de la ville de Gaza.
Les frappes ont notamment ciblé une maison appartenant à la famille Muhenna dans le camp de réfugiés d’Al-Shati, un appartement dans le quartier de Sheikh Radwan, une habitation dans le quartier de Tel al-Hawa ainsi que l’immeuble Lebid, situé dans la zone d’Al-Mukhabarat, au nord-ouest de la ville.
D’après les mêmes sources, le bilan le plus lourd a été enregistré après une frappe visant le quatrième étage de l’immeuble Lebid, dans la zone d’Al-Mukhabarat. Hasan Rebah Lebid, son épouse Menar, leur fils aîné Mohammed, leur fille Rehef et leur plus jeune fils Temim ont perdu la vie dans cette attaque. La seule survivante de la famille serait Hala Hasan Rebah Lebid, âgée de 9 ans, qui a été légèrement blessée. Des blessés, dont un dans un état grave, ont également été extraits des décombres.
Par ailleurs, deux Palestiniens ont été tués dans une frappe israélienne visant un appartement résidentiel dans le quartier de Tel al-Hawa.
Au moins deux autres Palestiniens ont également perdu la vie lors de frappes contre la maison de la famille Muhenna dans le camp de réfugiés d’Al-Shati et contre un appartement situé près du carrefour Abu Amin, dans le quartier de Sheikh Radwan.
À la suite des attaques, des incendies se sont déclarés dans les bâtiments touchés et de nombreuses personnes ont été blessées. Selon les médias palestiniens, le nombre de victimes des frappes israéliennes menées depuis la nuit a augmenté à 10 morts, après le décès d’une personne supplémentaire, tandis que 20 personnes ont été blessées.
Les équipes d’ambulance et de la défense civile ont poursuivi toute la nuit les opérations de recherche et de sauvetage sur les sites visés. Les blessés et les corps des victimes ont été transférés à l’hôpital Al-Shifa de Gaza. L’armée israélienne a également mené des frappes aériennes dans la région d’Al-Mawasi, où plusieurs personnes ont été blessées. Les blessés ont été transportés à l’hôpital par ambulance, selon les informations disponibles.
Alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations dans la bande de Gaza, les services de santé et de la défense civile estiment que des personnes pourraient encore se trouver sous les décombres. Selon les dernières données officielles, 936 Palestiniens ont été tués et 2 903 autres blessés dans les attaques israéliennes menées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le 10 octobre 2025.
En Cisjordanie, les autorités de l’occupation s’apprêtent à voler la propriété d’un agriculteur palestinien Jawad Ghazal, au nord-ouest de Naplouse, pour le transformer en parc d’attraction. La confiscation de cette terre, legs familial situé entre les localités Sebastia et al-Masoudiya, devrait servir à la création d’un parc d’aménagement. « Chaque recoin ici est chargé de souvenirs, depuis l’époque de mon père et de mes grands-pères jusqu’à aujourd’hui. Nous vivions autrefois des richesses de cette terre, et aujourd’hui, nous craignons de la perdre à cause d’un projet de lotissement qui nous empêche même d’y accéder », a-t-il confié pour la chaine qatarie al-Jazeera.
L’armée d’occupation instrumentalise les projets touristiques et les parcs de colonisation pour asseoir son contrôle sur les terres palestiniennes et modifier le caractère historique de la région, notamment dans les deux localités Sebastia et al-Masoudiya, caractérisées par leur patrimoine archéologique et agricole. Les habitants craignent que ces projets ne servent de tremplin à l’expansion des colonies et à l’imposition de restrictions accrues à la liberté de circulation des résidents et des agriculteurs.
Ghazal a poursuivi en disant : « La création de ce parc de colonisation affectera toute la région ; les agriculteurs seront privés de leurs terres, les déplacements deviendront plus difficiles et il existe une réelle crainte que le contrôle des colonies ne s’étende de plus en plus. » il a souligné que l’occupation a fortement restreint ces dernières années la liberté des habitants de la région, agressés régulièrement par les soldats ont agressé ces derniers : « Nous vivons constamment dans l’angoisse et la peur pour nos terres. Les agriculteurs subissent des attaques et des restrictions incessantes. J’ai été violemment agressé il y a environ un an alors que je me trouvais sur mes terres, et l’objectif est clair : forcer les gens à quitter leurs terres. »
« Nous n’abandonnerons pas nos terres et nous préserverons les droits que nous avons hérités de nos pères et de nos grands-pères. Cette terre fait partie de nos vies et de notre identité, et ce qui s’y passe ne doit pas rester caché aux yeux du monde », a-t-il toutefois affirmé.
Par ailleurs, la Knesset (Parlement israélien) a approuvé définitivement, jeudi, une loi accordant des exonérations fiscales à des dizaines de colonies israéliennes illégales situées en Cisjordanie occupée. Dans un communiqué, la Knesset a indiqué que les députés avaient adopté le texte en dernière lecture, accordant des avantages fiscaux aux colonies illégales situées dans ce qu’elle qualifie de « zone de la ligne de confrontation orientale ».
La législation a été portée par les députés Zvi Sukkot, du parti Sionisme religieux dirigé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, et Limor Son Har-Melech, du parti d’extrême droite Force juive dirigé par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, ainsi que par d’autres parlementaires.
Le texte a été adopté par 32 voix contre 23. En vertu de cette loi, les résidents concernés bénéficieront d’exonérations fiscales durant toute l’année fiscale et pourront choisir parmi les différents avantages fiscaux disponibles s’ils remplissent les conditions pour plusieurs exemptions.
La législation entrera en vigueur en janvier 2027 et restera applicable jusqu’au 31 décembre 2027. Elle autorise également le ministre des Finances, avec l’approbation de la commission des finances de la Knesset, à prolonger sa validité pour des périodes supplémentaires pouvant aller jusqu’à deux ans chacune.
Dans un rapport publié à la fin du mois de mai, l’organisation israélienne anti-colonisation Peace Now a indiqué que cette loi classerait des dizaines de colonies illégales parmi les zones dont les habitants pourront bénéficier d’importants avantages fiscaux. L’organisation a précisé que la version initiale du projet de loi visait à étendre ces avantages à l’ensemble des colonies, mais que son champ d’application a été réduit en raison de son coût élevé et des objections formulées par des experts, pour finalement concerner 58 colonies illégales.
Selon Peace Now, la version amendée inclut principalement des colonies illégales où le soutien au parti Sionisme religieux est particulièrement important.
La communauté internationale considère les colonies construites dans les territoires palestiniens occupés comme illégales au regard du droit international et comme un obstacle majeur à la solution à deux États. Depuis son arrivée au pouvoir à la fin de l’année 2022, le gouvernement de Benyamin Netanyahu soutient ouvertement une expansion significative de la colonisation illégale. Selon les estimations de Peace Now, plus de 750 000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.

