« Tous ceux qui ont contribué à la résistance sont associés à la libération qui a été obtenue… L’équation de la résistance, l’armée et le peuple avaient formé un trio qui a permis d’accomplir la libération… L’harmonie entre l’État et la résistance a constitué un facteur important et déterminant dans la réalisation de la libération… La Journée de la Résistance et de la Libération est un jour fériée pour tous les Libanais et les peuples libres du monde, ainsi qu’un jour férié pour la Palestine. Nous devons garder à l’esprit que ce sont les frappes de la résistance qui ont forcé l’occupation à se retirer de la zone frontalière en 2000 … L’accord humiliant du 17 mai n’a pas été appliqué et a été abandonné en 1984, et ce fut une étape sur la voie de la libération qui a été franchie », en évoquant l’importance de la commémoration du retrait israélien du Liban en l’an 2000.
Résistance pérenne
Cheikh Naïm Qassem a poursuivi en critiquant les efforts déployés par le chef de l’Etat et le Premier ministre pour criminaliser la résistance depuis l’accord de cessez-le-feu conclu le 24 novembre 2024, par l’État libanais. « Il était censé mettre fin à l’occupation et arrêter les attaques, mais pendant les 15 mois qui ont suivi l’accord, les attaques israéliennes ont continué et l’État libanais était incapable d’en faire appliquer la mise en œuvre ».
S’adressant au gouvernement libanais, il a déclaré : « Nous ne demandons pas à l’État de s’opposer au projet américano-israélien, mais il ne doit pas en être un instrument. » Évoquant les mesures prises par les autorités libanaises, il a rappelé que « les concessions faites par l’État libanais se sont poursuivies jusqu’à criminaliser la résistance le 2 mars 2026 », appelant le gouvernement à revenir sur les décisions prises contre la résistance afin de se ranger du côté de son peuple. Par ailleurs, le secrétaire général du Hezbollah a averti que le projet d’Israël est d’anéantir la résistance et d’occuper progressivement le Liban, conformément à son plan.
Réagissant aux récentes sanctions des Etats-Unis contre des personnalités libanaises, N. Qassem a déclaré qu’elles visent à exercer des pressions en raison de « leur incapacité à atteindre leurs objectifs ». « Les sanctions américaines ne nous affaibliront pas, et si l’Amérique se montre encore plus agressive, elle ne gagnera plus rien au Liban car si elle le détruit sur la tête de son peuple, elle le détruira aussi sur sa tête. » Il a poursuivi que « les autorités libanaises viennent nous dire : “Aidez-nous à vous désarmer pour qu’Israël puisse ensuite entrer, vous tuer et déplacer votre peuple.” »
N. Qassem a déploré l’absence de souveraineté politique au Liban, le pays étant placé sous tutelle américaine. « La souveraineté ne se limite pas à la sécurité, elle englobe également les dimensions économique, politique et sociale », a-t-il affirmé, avant de s’interroger : « Qu’a fait le gouvernement en un an et demi ? S’il est incapable de protéger la souveraineté, il devrait démissionner. »
S’adressant à la fois « aux amis et aux ennemis de la résistance » il a souligné que la résistance « défendra la terre, l’honneur et le peuple ». « Nous affronterons quiconque nous affrontera aux côtés d’Israël comme nous affrontons Israël, et cette arme restera entre nos mains jusqu’à ce que l’État soit en mesure de remplir concrètement son devoir. » Il a une énième fois appelé à la cessation de l’agression, à un retrait israélien complet, à la libération des prisonniers, au retour des résidents, puis à une discussion sur la stratégie de défense. « Ce qui se passe aujourd’hui confirme la survie d’un Liban fort et libéré, ce qui se passe dans le sud marque le début du déclin d’Israël », a-t-il relevé en notant qu’il y a « de réelles pertes israéliennes dans le sud du Liban, et qu’en retour, Israël cible des civils et des habitations. » Et de promettre que « les drones de la résistance continueront à traquer les soldats ennemis israéliens », indiquant que « sans les images de drones, les Israéliens n’auraient pas reconnu ces pertes. »
Concernant la question du monopole des armes aux mains de l’Etat, N. Qassem l’a rejetée une nouvelle fois. « Les armes resteront entre nos mains jusqu’à ce que l’État libanais soit en mesure de remplir son devoir », soulignant que « le monopole des armes à ce stade est un projet israélien et doit être renversé », soulignant aussi que « le désarmement consiste à supprimer les capacités de défense du Liban en vue de son annihilation, et c’est quelque chose que nous ne pouvons accepter. »
Réitérant son rejet des négociations directes entre le gouvernement libanais et le gouvernement d’occupation israélien, le leader du Hezbollah a affirmé qu’elles ne profitent qu’à Israël. « Je vous conseille d’abandonner les négociations directes, de dire aux États-Unis de ne plus rien vous demander… alors les Américains viendront vous quémander un accord ». Évoquant une menace existentielle contre le Liban, N. Qassem a affirmé que la résistance se défendra « jusqu’à l’obtention de l’un des deux exploits : la victoire ou le martyre », soulignant que les massacres des civils et les destructions des biens « visent à nous mettre à genoux, mais nous ne plierons jamais, nous resterons sur le champ de bataille et nous sortirons de la guerre la tête haute ». Plus, « nous reconstruirons les maisons, notre peuple retournera chez lui, nous chasserons l’ennemi vaincu et nous annoncerons bientôt la troisième libération », a-t-il promis.
Revenant sur le dossier al-Qard al-Hassan, il a rappelé qu’il s’agit d’« une œuvre sociale indépendante et que toute agression contre cette institution est une agression contre les pauvres et les personnes à faibles revenus », ajoutant : « Le projet d’élimination d’al-Qard al-Hassan est un projet américain et nous le combattrons. » Et d’ajouter que « le peuple a le droit de descendre dans la rue et de renverser le gouvernement face au projet américano-israélien qui cible nos institutions. »
Le secrétaire général du Hezbollah a martelé que « la Palestine restera notre boussole et nous resterons l’un de ses soutiens ». Il a ensuite demandé, de manière rhétorique : « Israël empêche la Flottille de la Liberté civile d’atteindre sa destination, alors où est le monde ? » Évoquant l’agression contre l’Iran, il a relevé « qu’a fait l’Iran pour justifier que l’Amérique et Israël le combattent ? » Comme il a souligné que « l’Iran est parvenu à humilier l’Amérique et Israël, et il est le seul à affronter la plus grande puissance tyrannique du monde », notant que « l’Iran deviendra une puissance exceptionnelle jouissant d’un rayonnement international vers lequel se tourneront tous les peuples libres du monde. »
De son côté, le président libanais a affirmé, lundi, à l’occasion de la Fête de la Résistance et de la Libération (25 mai), que le Liban n’acceptera pas la réalité de l’occupation et ne transigera pas avec elle, soulignant que la voie vers un retrait israélien complet restera « une exigence nationale constante et non négociable».
Sources d’affaiblissement
Joseph Aoun a indiqué que la commémoration de la Libération intervient cette année alors que le Liban « ploie sous le poids d’une réalité douloureuse », car « les agressions israéliennes ne se sont pas arrêtées, et de chers villages du Sud gémissent encore sous le poids d’une occupation renouvelée, en violation flagrante de toutes les résolutions internationales, en premier lieu desquelles la résolution 1701 ». Il a ajouté que le 25 mai de l’an 2000, « le Sud a écrit une épopée sans précédent lorsque l’occupation israélienne s’est retirée grâce à la résilience des enfants de cette terre et à leurs sacrifices, faisant du 25 mai une journée pour la dignité nationale unie. »
J. Aoun a estimé que l’État s’emploie à réaliser le retrait israélien complet à travers l’option de la négociation, dont il a dit qu’elle « ne sera ni une concession ni une reddition, mais plutôt une confirmation du droit exclusif du Liban à protéger sa terre, sa souveraineté et à déployer son autorité par le biais de son armée et de ses forces de sécurité légitimes ». Ajoutant que ce retrait se fera également grâce à « la solidarité du peuple et son rassemblement autour de son État, qui a pris des décisions cruciales dans ce sens, exprimant une volonté nationale de la plus haute importance pour restaurer la pleine souveraineté ».
Concernant l’armée libanaise, dont des officiers ont été frappés récemment par des sanctions US, il a estimé qu’elle restera « le seul garant de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale ».
J. Aoun a rendu hommage à « ceux qui ont libéré le Sud de leur sang, militaires et résistants », déclarant qu’ils « méritent un État fort et cohérent par la légitimité de ses institutions civiles et militaires, juste par ses lois sans discrimination, et uni par la volonté de son peuple et sa solidarité ». Il a considéré que la plus haute fidélité à la mémoire de la Libération consiste à « bâtir un État qui soit le rempart de tous les Libanais, et où la souveraineté soit un dépôt porté par chaque citoyen », confirmant ainsi que le Liban appartient à tous, et que « la libération du Sud est un devoir assumé par l’État avec le soutien de ses enfants », car elle est en définitive « une option incontournable ».
Pour rappel, le magazine US Foreign Policy a publié un rapport, il y a quelques jours, dans lequel il critique le processus de négociations directes libano-israéliennes, affirmant « qu’il s’agit d’une trajectoire qui ne rapproche pas d’un cessez-le-feu effectif, mais pousse plutôt le pays vers davantage d’affaiblissement et d’escalade, à la lumière de la poursuite des raids israéliens sur le territoire libanais ».
De plus, la décision officielle du Liban fait face à un rejet populaire clair, étant considérée comme une concession menée par l’État parallèlement à la poursuite des agressions israéliennes sur son territoire, et plus particulièrement sur les terres du Sud.

