« Les États-Unis ont été informés par la plupart de nos ‘Alliés’ de l’OTAN qu’ils ne souhaitent pas s’impliquer dans notre opération militaire contre le Régime terroriste d’Iran », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, ajoutant que cela survenait « malgré le fait que presque tous les pays aient fortement approuvé ce que nous faisons ». Il a déclaré ne pas être « surpris », affirmant avoir « toujours considéré l’OTAN, où nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour protéger ces mêmes pays, comme un sens unique, Nous les protégeons, mais ils ne feront rien pour nous, en particulier dans un moment de besoin. »
Le président américain a revendiqué un succès militaire écrasant contre l’Iran, affirmant que « leur marine a disparu, leur armée de l’air a disparu, leur défense antiaérienne et leurs radars ont disparu et, peut-être le plus important, leurs dirigeants, à pratiquement tous les niveaux, ont disparu, pour ne plus jamais nous menacer, menacer nos alliés du Moyen-Orient ou le monde ! » Il a ajouté qu’en raison du succès militaire, les États-Unis « n’ont plus ‘besoin’, ni ne désirent, l’assistance des pays de l’OTAN, NOUS N’EN AVONS JAMAIS EU BESOIN ! », ni celle du Japon, de l’Australie ou de la Corée du Sud. « NOUS N’AVONS BESOIN DE L’AIDE DE PERSONNE », a affirmé Trump.
La veille, le locataire de la Maison Blanche avait affirmé que « de nombreux pays » se préparent à aider les États-Unis à rouvrir le détroit d’Ormuz, refusant toutefois de les identifier.
Retrait en perspective
Des responsables militaires américains ont inclus dans leurs plans de guerre actuels des options permettant au président Donald Trump de mettre fin à l’agression contre l’Iran, a révélé, mardi, la chaine américaine NBC, citant des sources informées. Bien que le président US prépare des plans de retrait, il n’a pas encore tranché sur leur utilisation, et le calendrier pour mettre fin à la campagne militaire reste flou et dépendant des développements sur le terrain.
Au sein de l’administration américaine, un conflit oppose deux approches : d’un côté, des conseillers inquiets de l’instabilité économique mondiale et de la hausse des prix du pétrole pressent pour une stratégie de retrait rapide. De l’autre, d’autres hauts responsables voient dans la guerre une opportunité historique de saper l’influence du régime iranien dans la région.
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a indiqué que l’évaluation initiale du Pentagone pour atteindre les objectifs se situe entre quatre et six semaines. « L’opération se terminera lorsque le commandant en chef des forces armées décidera que les objectifs ont été atteints », a-t-elle fait savoir.
En tout cas, des fissures commencent à se déclarer dans l’entourage présidentiel. Ainsi, Joseph Kent, ancien soldat des forces spéciales, est le premier haut responsable à démissionner de l’administration US pour marquer son désaccord avec le conflit au Moyen-Orient. « Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran », a déclaré le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, dans sa lettre de démission adressée au président et qu’il a partagée sur X. « L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain », a-t-il ajouté.
Le président américain a, lui, qualifié la démission de J. Kent de « bonne chose ». « J’ai toujours pensé qu’il était faible en matière de sécurité », a-t-il ajouté auprès des journalistes dans le Bureau ovale.
Kent avait été nommé par D. Trump à la tête de cet organisme chargé d’analyser et de coordonner la réponse américaine aux menaces terroristes. À ce titre, il occupait le poste de conseiller principal du président en matière de contre-terrorisme. Il s’était rapproché de D. Trump à la suite du décès de sa première épouse, Shannon Kent, tuée en 2019 lors d’un attentat-suicide en Syrie alors qu’elle servait comme cryptologue dans la Marine. Il s’était ensuite présenté à deux reprises, sans succès (en 2022 et 2024), en tant que candidat républicain soutenu par D. Trump, pour un siège à la Chambre des représentants dans l’État de Washington.
Des pertes dévoilées
Axios a révélé dans un long rapport, citant des sources au sein de l’administration US, qu’un regret croissant s’empare de l’entourage du président américain en raison des retombées de la guerre contre l’Iran, alors qu’elle entre dans sa troisième semaine. Le rapport indique que D. Trump « a l’habitude de faire ce qu’il veut, puis d’improviser rapidement si quelque chose ne va pas. Mais cette fois-ci, certains de ses plus proches collaborateurs ressentent ce qu’un responsable a décrit comme des craintes croissantes que l’attaque contre l’Iran ait été une erreur. » Le site US souligne que D. Trump « pourrait se retrouver piégé entre ses impulsions et la réalité de la guerre », car l’issue de la guerre en Iran se situe « hors de la portée du contrôle unilatéral et des décisions rapides » auxquelles le président est habitué.
Des responsables américains ont admis auprès du Washington Post que « le nombre de soldats américains blessés lors de la guerre israélo-américaine contre l’Iran a désormais dépassé les 200 ». Plus précisément, les blessures résultant des attaques iraniennes sont réparties entre Israël et six autres pays : Bahreïn, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Dimanche, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en Iran a annoncé avoir ciblé des bases militaires américaines en profondeur dans les territoires occupés de la région, dans le cadre d’une riposte coordonnée de grande envergure. Le CGRI a confirmé la destruction de concentrations de troupes américaines sur la base de Harir à Erbil, ainsi que sur les bases d’Ali Al Salem et d’Arifjan au Koweït. L’agence de presse Farsnews, citant le CGRI, a rapporté que « la marine du CGRI a mené une opération conjointe quelques heures plus tôt », utilisant « des missiles et des drones, et ciblant deux bases aériennes dans la région ».
Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien, a affirmé que le président américain est incapable de mettre fin à la guerre qu’il a lancée contre l’Iran, soulignant que le passage par le détroit d’Ormuz ne redeviendra plus comme avant. Il a ajouté, mardi, que son pays avait informé les États de la région que « la présence américaine n’apportera pas la sécurité et que les Américains doivent partir », estimant que la sécurité régionale « ne peut être imposée de l’extérieur ».
Il a insisté sur le fait que « Trump ne peut imposer la paix par la force et qu’il est incapable de mettre fin à la guerre », affirmant que « la sécurité dans le détroit d’Ormuz et le passage par celui-ci ne seront plus jamais comme par le passé ». Et de renchérir: « Nous ne cherchons pas la guerre et nous ne l’avons pas commencée, mais nous nous défendons avec fermeté. Nous porterons des coups sévères et répondrons avec force aux agresseurs », soulignant que l’Iran continuera de riposter à toute agression subie.
Concernant les capacités de défense, il a indiqué que « nos forces armées interceptent et détruisent les drones de l’ennemi, quelle que soit leur sophistication, en utilisant la technologie et les capacités locales », notant que l’Iran « n’accepte plus le cycle guerre, cessez-le-feu, négociations, puis guerre. Cette menace doit être éliminée ». Il a également martelé que « Trump doit savoir qu’il ne peut instaurer la paix en utilisant la force de manière erronée », expliquant que « le système des plateformes de lancement de missiles en Iran a été modifié après l’agression précédente, et l’ennemi ne pourra pas les détruire ».
