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Vendredi noir pour l’armée sioniste à Gaza : La résistance palestinienne toujours hyperactive dans l’enclave

La journée du 10 mai restera dans les annales de l’armée d’occupation israélienne. Car elle confirme, si besoin est, ce à quoi nombre de responsables palestiniens ont fait allusion à l’annonce de l’invasion de Rafah, dernière ville à la frontière égyptienne vers laquelle une majorité de Gazaouis avaient convergé pour fuir le tapis de bombes US dont l’occupant a tapissé l’enclave palestinienne. « Marcher sur Rafah ne sera pas une promenade de santé ! ».
Vendredi noir pour l’armée sioniste à Gaza : La résistance palestinienne toujours hyperactive dans l’enclave

Aux premières heures de la matinée de vendredi, les médias israéliens ont tôt fait de rapporter des « incidents gravissimes » dans la bande de Gaza où l’armée sioniste manœuvre tout en soumettant la ville de Rafah et ses environs à une pression, par le feu, sans commune mesure avec les objectifs visés : éliminer les quatre divisions du Hamas . Au lieu de cela, l’occupant a annoncé avoir perdu quatre de ses soldats lors de combats intenses contre la résistance palestinienne dans le quartier de Zeitoun, dans la vielle Gaza, plusieurs fois investie et « ratissé » depuis le 7 octobre. Un autre officier du 931e bataillon a été grièvement blessé lors du même incident. La même source a ajouté que deux autres soldats du 9e bataillon de la 401e brigade blindée ont été grièvement blessés par des tirs de RPG contre un char dans la région de Rafah, au sud de Gaza. Et d’ajouter que douze soldats ont été blessés après avoir été piqués par des guêpes dans le sud de la bande de Gaza ! Bon Sang ne saurait mentir…

En face, les Brigades Al-Qassam, branche militaire du Hamas, ont affirmé avoir mené une opération militaire complexe contre l’armée  d’occupation, près de la mosquée Al-Da’wa, à l’est de Rafah. Ses combattants ont ciblé avec un obus TBG un bâtiment dans lequel se retranchaient plusieurs soldats israéliens. Ils ont également visé avec un obus Al-Yassin un véhicule de transport de troupes qui se trouvait sous le bâtiment. En outre, Al-Qassam a pris pour cible une force d’infanterie israélienne, qui se trouvaient près du véhicule avec un obus antipersonnel, tuant et blessant tous ses membres. En outre, deux chars israéliens ont été atteint avec des obus Al-Yassin 105, à proximité de la caserne Saad Sayel, à l’est de Rafah.

Entre-temps, les médias israéliens ont fait état de deux « incidents graves » à Rafah, où un engin piégé a explosé dans un véhicule blindé Namer, tandis qu’un autre véhicule a été visé par un missile anti-blindé. Selon les médias israéliens, 4 soldats ont été abattus dans ces deux incidents et un cinquième a été grièvement blessé. Un hélicoptère militaire israélien a atterri à l’hôpital Soroka dans le Néguev, transportant plusieurs blessés de l’armée tombés lors des combats à l’est de Rafah, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Par ailleurs au sud-est de la ville de Gaza, les brigades Al-Qassam ont assuré que leurs combattants ont mené de violents affrontements avec les forces d’occupation au sud-ouest du quartier Al-Zaytoun. Selon cette même source, les combattants ont réussi à détruire plusieurs véhicules de l’occupation avec des obus de mortier de 60 mm.

Tout cela se déroulait alors que les bombardements aériens et d’artillerie israéliens se poursuivaient sur diverses zones de la bande de Gaza, faisant de nombreux morts et blessés parmi les Palestiniens. Echanges de coups de feu et violentes explosions avaient été entendus continuellement depuis l’aube dans les zones à l’est de la ville de Rafah. Des témoins ont rapporté que des colonnes d’épaisses fumées noires s’élevaient de l’est de Rafah, théâtre d’une opération militaire terrestre israélienne depuis mardi matin. Les affrontements se concentrent autour du quartier « Saad Sayel », dans la zone de Tabet Zare, à l’est de Rafah, selon des témoins.

Les Brigades Al-Qassam ont déclaré avoir « piégé une force israélienne dans une embuscade précise après avoir fait exploser un champ de mines préparé à l’avance à l’est de Rafah », selon un autre communiqué. Et bombardé le site militaire israélien « Isnad Sufa » dans la bande de Gaza avec un système de missiles à courte portée « Rajum » de 114 mm.

D’autre part, les avions et les véhicules d’artillerie israéliens continuent de bombarder diverses zones de la ville de Rafah, faisant de nombreux morts et blessés parmi les Palestiniens, notamment des enfants et des femmes, selon des sources médicales. Des témoins oculaires ont rapporté à Anadolu que l’artillerie israélienne avait ciblé les environs de la station de taxis à l’est du centre de Rafah avec un certain nombre d’obus, tandis que les forces israéliennes pénétrant à l’est de la ville faisaient sauter un certain nombre de maisons. Des témoins ont également rapporté que des avions israéliens avaient bombardé une maison dans le quartier de « Khirbet Al-Adas », au nord de Rafah. Des sources médicales de l’hôpital koweïtien ont indiqué qu’au cours des dernières 24 heures, 9 morts et 17 blessés ont été signalés à la suite des raids israéliens en cours contre Rafah. Dans la ville voisine de Khan Younès, des avions israéliens ont bombardé une maison de la famille « Qudeih », tuant 8 membres de la famille, dont des femmes et des enfants, selon des sources médicales de l’hôpital européen de la ville. Dans la ville de Gaza, de violents affrontements ont éclaté la veille entre les factions de la résistance palestinienne et les forces d’invasion israéliennes, dans le quartier d’Al-Zaytoun, au sud-est de la ville, selon des témoins oculaires et des sources locales. Les Brigades Al-Qassam ont affirmé dans un communiqué que leurs combattants « sont engagés dans de violents affrontements avec les forces ennemies pénétrant au sud du quartier d’Al-Zaytoun » et « ont détruit un char israélien Merkava 4 avec un obus Al-Yassin 105 au sud du quartier d’Al-Zaytoun ».

Jeudi, l’armée israélienne a annoncé le début d’une opération militaire dans le quartier Al-Zaytoun, la deuxième du genre depuis le début de la guerre israélienne dans la bande de Gaza, le 7 octobre. L’armée israélienne a déclaré , rapporte Anadolu que ses  soldats et « le Service général de sécurité (Shin Bet) ont lancé une opération dirigée par la 99e division, dans la région d’Al-Zaytoun, dans le centre de la bande de Gaza, pour continuer le démantèlement des infrastructures hostiles et éliminer les militants dans la région ».

La deuxième opération militaire dans le quartier d’Al-Zaytoun intervient alors que les forces israéliennes poursuivent depuis lundi leurs attaques et leurs opérations militaires terrestres dans les zones à l’est de la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, entraînant le déplacement de plus de 100 000 Palestiniens vers le sud-ouest de l’enclave palestinienne.

La guerre israélienne contre Gaza, qui a débuté le 7 octobre 2023, a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés palestiniens, pour la plupart des enfants et des femmes, et environ 10 000 disparus, dans un contexte de destruction massive et de famine qui a coûté la vie à des enfants et à des personnes âgées. Il y a lieu de signaler que le nouveau bilan dressé par le ministère de la Santé à Gaza chiffre à 34 943 le nombre de martyrs, outre les 78 572 blessés depuis le 7 octobre..

Israël poursuit la guerre malgré la publication d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU visant à arrêter immédiatement les combats, et en dépit de sa comparution devant la Cour internationale de Justice pour des crimes de « génocide ». « Quelque 30 000 personnes fuient la ville chaque jour », a indiqué Georgios Petropoulos, responsable du bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) pour Gaza, cité par l’AFP, précisant que « la plupart de ces gens ont déjà dû se déplacer à cinq ou six reprises » depuis le début du conflit entre le Hamas et Israël. « Alors que les bombardements des forces israéliennes s’intensifient sur Rafah, les déplacements forcés se poursuivent », a pour sa part annoncé l’UNRWA, estimant à « environ 110 000 » le nombre de personnes ayant fui la ville « en quête de sécurité ». « Mais aucun endroit n’est sûr dans la bande de Gaza et les conditions de vie sont atroces », a ajouté l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du Hamas, en plus d’un millier de nationalistes palestiniens de Cisjordanie depuis le 7 octobre. Pourtant, les sirènes de roquettes ont retenti dans la ville de Beer Sheva pour la deuxième fois en deux heures après la détection de tirs de roquettes depuis le centre de Gaza. Le barrage précédent a causé des dégâts et blessé légèrement une femme. Le Hamas a également revendiqué la responsabilité de ce nouveau bombardement. Cinq roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza vers Beer Sheva, a rapporté l’armée israélienne. L’une a été interceptée par le Dôme de Fer, tandis que les quatre autres ont touché des zones ouvertes.  La dernière fois que des roquettes ont été tirées depuis Gaza sur Beer Sheva remonte à décembre. Deux roquettes lancées depuis la zone de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, en direction de la zone de Kerem Abou Salem ont été interceptées par le Dôme de fer, selon l’armée. Plusieurs sirènes ont retenti dans la communauté au cours de l’heure écoulée.

Reste que sur le plan politique, le blocage est entier. Le Hamas a déclaré tenir des consultations pour reconsidérer sa stratégie de négociation suite au rejet par Israël de sa contre-proposition lors des pourparlers en début de semaine et de l’expansion des opérations de Tsahal au poste-frontière de Rafah. Dans un communiqué, il a affirmé que la réponse d’Israël aux pourparlers sur les otages ramenait la situation à la case départ. « La délégation de négociation a quitté le Caire en direction de Doha. L’occupation a rejeté la proposition soumise par les médiateurs que nous avions acceptée. En conséquence, la balle est désormais entièrement dans le camp de l’occupation », a  indiqué le Hamas dans une lettre envoyée à d’autres factions palestiniennes. Le Hamas a déclaré en début de semaine qu’il avait accepté un accord en trois phases pour un cessez-le-feu et un échange d’otages contre des prisonniers, bien qu’un fonctionnaire israélien ait déclaré peu après que l’accord n’était pas acceptable pour Israël parce que les conditions qu’il avait précédemment approuvées avaient été « adoucies ».

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