S’exprimant lors d’une rencontre organisée à Rabat à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, il a indiqué que ce dossier faisait l’objet d’un suivi étroit entre les autorités marocaines et leurs homologues européens. A. Bouazza a également salué le soutien des autorités françaises au maintien des activités d’intermédiation assurées par les filiales des banques marocaines en France, grâce à une adaptation du cadre juridique.
Le responsable a souligné que le Maroc dispose désormais d’un écosystème financier plus diversifié, comprenant des établissements de paiement, des institutions de microfinance, des plateformes de financement participatif et des mécanismes publics de garantie des crédits. Malgré ces avancées, d’importantes disparités persistent en matière d’inclusion financière, notamment entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre jeunes et adultes, a-t-il relevé.
Selon le cadre bancaire, la contribution des transferts des MRE à l’investissement productif demeure limitée. Citant une enquête du Haut-Commissariat au Plan, il a indiqué que 87 % de ces fonds sont consacrés à la consommation courante des ménages. Cette situation s’explique notamment par la complexité des procédures administratives, certaines contraintes liées à l’environnement des affaires et un manque d’incitations à l’investissement, a-t-il estimé.
Le responsable a toutefois jugé que les réformes engagées ces dernières années, notamment la nouvelle Charte de l’investissement, la Charte des très petites entreprises et la généralisation de la protection sociale, créent un cadre plus favorable à l’orientation des transferts des MRE vers l’investissement et la création d’emplois, particulièrement dans les zones rurales.
Redouane Arrach, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, a indiqué dans le même cadre que Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) constituent un important réservoir d’investisseurs pour l’agriculture nationale. Il a souligné que les transferts de la diaspora contribuent au développement de l’économie rurale, aussi bien par la création de projets agricoles que par le soutien apporté aux exploitations familiales et aux initiatives entrepreneuriales. Selon lui, ces fonds ont permis de transformer plusieurs régions agricoles et représentent un moteur d’investissement, de création de richesses et d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes en milieu rural. Orientés vers des activités productives, ils peuvent financer la modernisation des exploitations, le lancement de petites entreprises rurales et l’adoption de nouvelles technologies.
Le responsable a également mis en avant la stratégie Génération Green, qui vise à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles et à renforcer les opportunités économiques dans les territoires ruraux.
Le responsable a par ailleurs souligné les progrès réalisés en matière d’inclusion financière, grâce au développement des paiements numériques, du mobile banking, de l’éducation financière et de solutions de financement adaptées aux réalités du monde rural.
De son côté, Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME),a rappelé que les transferts des MRE jouent depuis des décennies un rôle majeur dans la lutte contre la pauvreté, le soutien à l’investissement et la création d’emplois. Il a toutefois estimé que davantage de mécanismes sont nécessaires pour orienter ces ressources vers l’investissement productif, pointant des obstacles administratifs, financiers et informationnels qui continuent de freiner certains projets portés par la diaspora.

