Les banques marocaines ont confirmé leur solidité en 2025. C’est le principal enseignement qui se dégage du rapport annuel sur la supervision bancaire publié mardi par Bank Al-Maghrib. Dans un contexte mondial encore marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et la volatilité des marchés, le secteur a enregistré une progression de son activité, une amélioration sensible de sa rentabilité et le maintien de niveaux de solvabilité confortables. Une performance qui témoigne de la résilience du système bancaire, même si la Banque centrale invite les établissements à ne pas relâcher leurs efforts en matière de gestion des risques.
La dynamique s’observe d’abord à travers le financement de l’économie. Les crédits bancaires ont progressé de 6,5 % en 2025, tandis que les dépôts de la clientèle ont augmenté de 7,6 %, traduisant à la fois une demande de financement soutenue et une collecte de ressources en nette amélioration. Cette évolution s’inscrit dans un contexte économique favorable, marqué par une croissance nationale de 4,9 % et une inflation limitée à 0,8 %, qui a permis à Bank Al-Maghrib de maintenir son taux directeur à 2,25 % après une baisse de 25 points de base décidée en mars 2025.
L’expansion de l’activité bancaire se reflète également dans la taille des bilans. Les actifs cumulés des banques ont atteint 2.039 milliards de dirhams à fin 2025, contre 1.909 milliards un an auparavant. Les encours bruts de crédits ont progressé de 1.162 à 1.238 milliards de dirhams, tandis que les dépôts de la clientèle se sont établis à 1.372 milliards de dirhams.
Au-delà de la croissance de l’activité, le rapport met en évidence une amélioration significative des performances financières des établissements de crédit.
Les résultats cumulés des banques conventionnelles ont progressé de 22 % en un an. Le résultat net agrégé atteint ainsi 19,2 milliards de dirhams, contre 15,7 milliards en 2024. Le produit net bancaire s’est élevé à 74 milliards de dirhams, en hausse par rapport aux 68 milliards enregistrés l’année précédente. Dans le même temps, le coefficient moyen d’exploitation a poursuivi son amélioration, passant de 42,1 % à 40,6 %, traduisant une meilleure maîtrise des coûts.
Les indicateurs de rentabilité suivent la même trajectoire. Le rendement des actifs (ROA) atteint 1 %, contre 0,9 % un an auparavant, tandis que le rendement des fonds propres (ROE) progresse de 9,5 % à 11,1 %, illustrant le renforcement de la capacité bénéficiaire des établissements.
Les banques participatives poursuivent, elles aussi, leur montée en puissance. Après être revenues dans le vert en 2024, elles ont confirmé cette évolution avec un résultat net positif de 200 millions de dirhams en 2025. Leur total de bilan atteint désormais 48,6 milliards de dirhams, tandis que les financements accordés progressent à 32,8 milliards de dirhams.
La qualité des portefeuilles de crédits montre également quelques signes d’amélioration. Le taux des créances en souffrance recule légèrement, passant de 8,4 % à 8,3 % sur base sociale. Ce niveau demeure élevé, mais la Banque centrale souligne qu’il s’inscrit en baisse pour la deuxième année consécutive. Le taux de couverture de ces créances par les provisions reste, quant à lui, élevé à 68 %, assurant une protection significative contre les risques de défaut.
Sur le plan prudentiel, les banques continuent d’afficher des marges de sécurité importantes. Le ratio moyen de solvabilité s’établit à 16,1 %, tandis que le ratio de fonds propres de catégorie 1 atteint 13,5 %, soit des niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires fixées respectivement à 12 % et 9 %. Les ratios consolidés demeurent eux aussi confortables, confirmant la capacité du secteur à absorber d’éventuels chocs économiques ou financiers.
Cette robustesse explique la confiance affichée par Bank Al-Maghrib dans la résilience du secteur. Elle n’empêche toutefois pas l’institution de faire preuve de prudence. Comme lors des exercices précédents, la Banque centrale a renouvelé son appel aux établissements à adopter une politique mesurée en matière de distribution des dividendes, afin de préserver leur capacité d’absorption des risques futurs.
Au-delà des performances financières, le rapport souligne enfin que le secteur bancaire évolue désormais dans un environnement où les défis ne se limitent plus aux seuls équilibres comptables. La poursuite des investissements dans la cybersécurité, l’adaptation aux nouvelles réglementations et le renforcement des dispositifs prudentiels constituent autant de chantiers appelés à accompagner cette dynamique afin de préserver, dans la durée, la solidité du système bancaire marocain.

