mardi, mai 12, 2026
Home MondeConflictualitéSur fond de guerre israélo-libanaise : E. Lahoud met en garde contre toute rencontre Aoun-Netanyahu

Sur fond de guerre israélo-libanaise : E. Lahoud met en garde contre toute rencontre Aoun-Netanyahu

by Perspectives Med
0 comments
Sur fond de guerre israélo-libanaise : E. Lahoud met en garde contre toute rencontre Aoun-Netanyahu

E. Lahoud, ancien président libanais connu pour son indépendance est sorti du confort de sa retraite pour déclarer que « la seule raison pour laquelle l’Israélien et l’Américain limitent leur escalade est l’échec de leur projet au Liban et dans la région, alors que l’objectif était d’aboutir à une guerre confessionnelle qu’ils n’ont pas réussi à provoquer au niveau régional ». Et de renchérir que les deux compères cherchent à atteindre cet objectif au Liban « à travers le criminel classé internationalement Benjamin Netanyahu, que le monde entier méprise, y compris certains de ses alliés ». L’ancien chef d’Etat libanais qui a accompagné le processus de libération du sud du pays de Cèdre avec le Hezbollah en l’an 2000 a souligné que des pressions sont exercées sur le Liban « pour concrétiser une rencontre et un accord avec lui, dans le but de créer une fracture interne pouvant être exploitée dans une crise qui soulagerait l’ennemi ».

E. Lahoud qui avait dit non aussi bien à Madeleine Albrigth qu’à Condolezza Rice, « pontes » de l’administration US, a affirmé que « la prévention de ce différend doit être une priorité absolue pour les Libanais, car tout le monde en paiera le prix », mettant en garde contre le risque d’être entraîné dans une confrontation interne « qui resterait plus impactante que la guerre israélienne contre le Liban ; les jours nous ayant appris que notre unité est l’arme la plus efficace face à n’importe quel ennemi ».

Il a adressé ses condoléances aux « familles des martyrs qui tombent sur la terre du Sud, terre de dignité et d’honneur », estimant qu’il est « regrettable que certains à l’intérieur du Liban agissent comme si la guerre était finie, tant qu’elle reste limitée à une zone géographique déterminée ». Avant de conclure que l’ennemi « poursuit sa politique de destruction et de terre brûlée, trace des lignes et cherche une expansion terrestre qui se heurte aux résistants héroïques ».

Il faut dire que l’empressement dont ont fait preuve et le Président et le Premier ministre libanais à épouser les solutions préconisées par Washington pour négocier la normalisation avec Israël a fini par faire long feu devant le refus de partenaires politiques, mais aussi le rejet de la majorité des Libanais.  Nawaf Salam a affirmé hier mercredi que le Liban ne cherchait pas à normaliser ses relations avec Israël, mais souhaitait parvenir à une paix durable fondée sur la fin des violations israéliennes et le respect de la souveraineté libanaise. Lors d’un point presse consacré aux discussions indirectes en cours, il a insisté sur le fait que l’exigence minimale de Beyrouth restait l’obtention d’un calendrier clair pour le retrait total de l’armée israélienne du Sud-Liban, où Israël maintient une présence militaire sur plus de 600 km².

Le chef du gouvernement a également évoqué d’autres priorités, notamment le retour des populations déplacées, la libération des prisonniers libanais et le règlement des points contestés le long de la frontière. N. Salam a toutefois jugé prématurée une éventuelle rencontre entre Joseph Aoun et B. Netanyahou, une idée soutenue par Washington. Selon lui, toute rencontre politique de haut niveau nécessite d’abord une consolidation réelle du cessez-le-feu instauré le 17 avril, régulièrement violé par Israël.

Le jour même, le journal israélien Maariv a rapporté que 8 soldats ont été blessés lors de plusieurs incidents au cours desquels des drones ont percuté les forces israéliennes au Sud-Liban. Le porte-parole de l’armée d’occupation israélienne a reconnu, jeudi, qu’un soldat a été grièvement blessé et 3 autres plus légèrement, suite à l’explosion d’un drone ayant ciblé une force d’occupation au Sud-Liban. Il a précisé que les blessés ont été évacués vers l’hôpital et que leurs familles ont été informées.

Les combattants du Hezbollah avaient ciblé, mercredi, un rassemblement de soldats de l’armée d’occupation dans la localité d’Ayta ash-Shaab avec un drone d’assaut, réalisant un coup direct., et visé un rassemblement de véhicules et de soldats de l’armée israélienne dans la localité de Rechaf avec une salve de roquettes.

Le Maariv a révélé précédemment que « le phénomène des drones inquiète de plus en plus l’appareil sécuritaire israélien, et pas seulement sur la frontière nord ». Le quotidien précise que « face à l’utilisation de drones équipés de fibres optiques contre les forces de l’armée israélienne au Sud-Liban et dans les colonies de la clôture frontalière, des sources sécuritaires avertissent que cette menace pourrait s’étendre à la Cisjordanie, constituant ainsi un nouveau défi pour les colonies de la ligne de front, la ville de Sharon et le centre du pays. » Le journal a admis qu’« Israël n’est pas encore parvenu à une solution complète contre la menace des drones », notant que « le Hezbollah a utilisé un produit prêt à l’emploi, l’a équipé d’une charge explosive et l’a relié à un système de fibre optique, le transformant en un système de commande fermé impossible à neutraliser par la guerre électronique traditionnelle ».

Selon un bilan provisoire du ministère de la santé libanaise, « deux personnes ont été tuées et sept autres blessées lors d’une attaque israélienne menée mercredi soir à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth ». Le correspondant d’Al-Manar a indiqué que « la frappe aérienne israélienne a ciblé avec plusieurs missiles un bâtiment dans le quartier de Haret Hreik et a fait état de victimes ».

Selon les médias israéliens , « l’attaque a eu lieu via le lancement de trois missiles lancés par un destroyer de l’ennemi israélien », alors que selon la radio de l’armée israélienne « la frappe a eu lieu via des chasseurs israéliens ». Cette agression survient malgré l’accord de cessez-le-feu conclu dans la nuit du 16 au 17 avril, annoncé par le président américain Donald Trump et prolongé par la suite de trois semaines après avoir initialement été fixé à dix jours.

Elle intervient également dans un contexte d’attaques hostiles persistantes dans le sud du Liban et la vallée de la Bekaa occidentale, qui ont fait des centaines de morts et de blessés en quelques semaines seulement.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.