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Santé mentale : Plus de 6 millions de Marocains concernés !

by Perspectives Med
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Santé mentale : Plus de 6 millions de Marocains concernés !

La Coalition professionnelle des psychologues cliniciens du Maroc plaide pour un renforcement des actions de prévention et du dépistage précoce et appelle à faciliter l’accès aux consultations psychologiques et psychiatriques, ainsi qu’à développer des structures de proximité. L’amélioration du remboursement des soins figure aussi parmi les priorités avancées par les professionnels. Le coût des consultations et des traitements peut en effet constituer un frein pour les ménages, notamment lorsque l’accompagnement nécessite un suivi régulier sur une longue période.

Les spécialistes demandent par ailleurs une modernisation du cadre juridique encadrant l’exercice de la psychologie clinique, un renforcement de la formation continue et une augmentation des ressources humaines spécialisées.

La prise en charge des jeunes constitue un enjeu spécifique. Les troubles psychiques peuvent se manifester à l’école, au sein de la famille ou dans les structures sociales. Une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’action sociale permettrait de repérer plus tôt les difficultés et d’orienter les personnes concernées vers des professionnels compétents. Sans passerelles efficaces entre ces différents acteurs, les signes de souffrance psychologique risquent de ne pas être identifiés à temps, retardant ainsi l’accès à un accompagnement adapté.

Le plan national de santé mentale à l’horizon 2030 prévoit une enveloppe budgétaire proche de 4 milliards de dirhams. L’enjeu sera de traduire les moyens annoncés en améliorations concrètes pour les patients : recrutement de professionnels, ouverture de structures, meilleure couverture territoriale et remboursement effectif des soins. L’évaluation de ce plan devra également s’appuyer sur des indicateurs mesurables, notamment l’évolution du taux de prise en charge, la disponibilité des spécialistes dans les différentes régions et la réduction des délais d’accès aux consultations.

Au-delà des moyens financiers et humains, la lutte contre les préjugés liés aux troubles psychiques demeure essentielle. La peur du jugement et la stigmatisation peuvent dissuader certaines personnes de demander de l’aide ou les conduire à retarder leur consultation. Médias, universités, associations et professionnels de santé ont un rôle à jouer pour mieux informer le public et encourager le recours aux soins psychologiques et psychiatriques. L’enjeu ne se limite donc pas au financement d’un plan national. Il consiste aussi à garantir que les personnes concernées, notamment les enfants, les adolescents et les ménages les plus vulnérables, puissent accéder à un accompagnement adapté, accessible et continu.

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