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Production de dattes : L’ONSSA sort de l’ombre…

by Perspectives Med
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Production de dattes : L’ONSSA sort de l’ombre…

L’Office entend informer les professionnels et les visiteurs sur les différentes mesures de contrôle mises en œuvre. Khadija Arif, cheffe du service de contrôle des produits végétaux à l’ONSSA, rappelle que l’institution intervient à plusieurs étapes de la chaîne de production. Elle assure notamment l’agrément des plants de palmiers dattiers, afin de garantir leur conformité variétale, leur qualité et leur sécurité sanitaire. Seuls les plants répondant aux caractéristiques de la variété déclarée et aux normes nationales en vigueur peuvent bénéficier de cet agrément. Le contrôle s’exerce également en amont, au stade de l’importation, pour s’assurer que les plants introduits sur le territoire sont exempts de maladies et de ravageurs.

À l’échelle nationale, un programme de surveillance sur le terrain permet de suivre l’état sanitaire des palmeraies et des oasis et de prévenir la propagation d’éventuelles infections. La mission de l’ONSSA s’étend jusqu’aux unités de production et de commercialisation. Les établissements spécialisés dans la production, le conditionnement et le stockage des dattes sont soumis à une autorisation sanitaire et doivent respecter les exigences relatives à l’hygiène, à la sécurité sanitaire, à l’autocontrôle et à la traçabilité de la qualité.

Dans le cadre de son programme national de surveillance, l’Office procède par ailleurs à des prélèvements d’échantillons dans les unités de production, les points de distribution et au niveau des importations. Ces échantillons sont ensuite analysés en laboratoire afin de vérifier leur conformité aux normes de sécurité sanitaire des produits alimentaires.

La protection du patrimoine phoenicicole repose notamment sur la lutte contre le bayoud, une maladie fongique particulièrement destructrice, souvent surnommée le « cancer du palmier ». En l’absence de traitement curatif, les autorités ont fait le choix d’une politique de tolérance zéro dans les palmeraies encore épargnées. Quatre zones considérées comme stratégiques pour la préservation de la production nationale font ainsi l’objet de mesures renforcées : les oasis de Figuig, du Tafilalet, de l’Oued Drâa et du Jbel Bani. Dans ces périmètres protégés, l’enregistrement de chaque exploitant auprès des services de la protection des végétaux est obligatoire. Chaque exploitation doit également disposer de son propre registre.

La réglementation impose en outre l’utilisation exclusive de plants issus de la culture in vitro, produits conformément au protocole technique en vigueur. Ces plants doivent être accompagnés d’un passeport phytosanitaire, conservé pendant au moins deux ans afin de permettre la traçabilité de leur origine.

Les restrictions concernent également les pratiques agricoles. La plantation de rejets traditionnels est interdite dans les zones protégées ; ceux-ci doivent être détruits ou plantés exclusivement à l’extérieur de ces périmètres. Le déplacement de palmiers entre exploitations est proscrit, de même que l’utilisation d’un même matériel agricole à l’intérieur et à l’extérieur des zones protégées.

À ces interdictions s’ajoutent plusieurs précautions sanitaires à appliquer dans chaque exploitation : désinfection du matériel agricole, recours à l’irrigation localisée, interdiction d’accès aux animaux et prévention de l’introduction de palmiers des Canaries. Dès l’apparition de symptômes susceptibles d’évoquer le bayoud, les services de l’ONSSA sont appelés à intervenir sans délai, en mobilisant les mesures légales nécessaires pour empêcher la propagation de la maladie. Des tournées régulières sont également organisées sur le terrain et des bulletins d’alerte sont diffusés à l’intention des agriculteurs.

Pour garantir la qualité sanitaire et variétale des plants, l’Office a mis en place une chaîne de contrôle qui s’étend du laboratoire à la parcelle agricole. L’autre front de cette stratégie concerne le charançon rouge du palmier. Détecté pour la première fois au Maroc en 2008, à Tanger, cet insecte s’installe à l’intérieur du tronc, où il se nourrit des tissus de l’arbre. Il représente une menace aussi bien pour les palmiers dattiers que pour les espèces ornementales. La stratégie nationale d’éradication repose sur une approche intégrée, dont le premier volet consiste à appliquer strictement les mesures de quarantaine phytosanitaire. L’introduction et la sortie de palmiers des zones infestées sont ainsi interdites. Les arbres contaminés doivent obligatoirement être abattus et brûlés sur place.

Le dispositif prévoit également des inspections sanitaires périodiques pour détecter rapidement la présence de l’insecte, ainsi que l’installation de nombreux pièges à phéromones dans les zones infestées afin d’en réduire les populations. Des pièges de surveillance sont parallèlement déployés dans les périmètres encore indemnes. L’ensemble des palmiers situés dans les foyers d’infestation doit faire l’objet d’un traitement chimique mensuel. Enfin, tout déplacement de palmiers à l’intérieur du territoire national est soumis à une autorisation préalable.

Le dispositif de l’ONSSA ne se limite pas à la production agricole et à la prévention des maladies. Il englobe également les conditions de présentation des dattes à la vente. À l’occasion du Salon d’Erfoud, l’Office a rappelé que celles-ci doivent être commercialisées dans des contenants d’une capacité maximale de cinq kilogrammes et accompagnées d’un étiquetage comportant plusieurs informations obligatoires. Celui-ci doit mentionner la dénomination du produit, suivie du nom de la variété, notamment Mejhoul ou Bouskri, ainsi que sa catégorie — extra, première ou deuxième — déterminée selon le calibre et le taux de défauts. Les modalités de présentation et les conditions de conservation doivent également être précisées, de même que le nom et l’adresse du producteur ou de l’importateur et le numéro de l’autorisation sanitaire.

L’étiquetage doit enfin comporter la date de durabilité, précédée de la mention « à consommer de préférence avant… », le poids net et le numéro du lot.

À travers ces différentes exigences, l’ONSSA entend préserver une filière dont les enjeux dépassent la seule production agricole. La protection des palmiers dattiers contre les menaces biologiques participe à la sauvegarde d’un patrimoine environnemental et historique, mais aussi à la pérennité des oasis et des revenus de milliers de familles qui en dépendent. L’enjeu est également sanitaire. En assurant la traçabilité des plants grâce au passeport phytosanitaire, en contrôlant leur production depuis les laboratoires jusqu’aux exploitations et en encadrant les conditions de stockage, de conditionnement et d’étiquetage, l’Office entend garantir aux consommateurs des dattes conformes aux normes de qualité et de sécurité sanitaire. Une intervention qui place la protection du patrimoine phoenicicole au croisement des impératifs agricoles, environnementaux et de sécurité alimentaire.

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