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Mondial et accueil des supporters aux USA : L’ONU appelle les Américains à revoir leur politique

by Perspectives Med
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Mondial et accueil des supporters aux USA : L’ONU appelle les Américains à revoir leur politique

À quelques heures du début de la compétition, le sujet ne relève plus seulement du football. Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a appelé les États-Unis à revoir « en profondeur » l’application de leur politique migratoire dans le cadre du Mondial 2026. Lors d’une conférence de presse à Genève, il a estimé que ces mesures pouvaient affecter « les droits humains et la dignité humaine ». Le responsable onusien a appelé à repenser les politiques qui « semblent prévaloir actuellement, en particulier aux États-Unis ».

Organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la Coupe du monde s’ouvre donc dans un climat tendu. V. Türk a notamment évoqué les questions du « profilage racial », de la surveillance et de l’application des règles migratoires. Il a rappelé que les grands événements sportifs doivent garantir un environnement digne et sûr aux équipes, aux supporters et à l’ensemble de la société.

Le cas le plus médiatisé reste celui de l’arbitre somalien Omar Artan. Refoulé à son arrivée à Miami, il a ensuite été écarté par la FIFA. La Somalie a défendu « l’intégrité » de son arbitre et affirmé qu’il disposait d’un visa en règle. Le département d’État américain a, de son côté, affirmé qu’il était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ». D’autres délégations ont aussi été touchées. L’attaquant irakien Aymen Hussein a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago. Talal Salah, photographe officiel de la sélection irakienne, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide.

Le cas iranien souligne également l’ampleur des tensions. Les joueurs et l’encadrement ont finalement obtenu leurs visas pour les États-Unis, où ils doivent disputer leurs premiers matchs. Mais plusieurs accompagnants, dont le président de la fédération Mehdi Taj, n’ont pas reçu d’autorisation d’entrée. La fédération iranienne accuse les États-Unis d’avoir retiré le quota de billets destiné à ses supporters.

Face à ces incidents, la FIFA reste en retrait. L’instance a indiqué à l’AFP qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ». Une position qui souligne les limites de son rôle face aux décisions prises par les autorités américaines. L’appel de l’ONU place désormais Washington sous pression au moment où s’ouvre le tournoi. Les incidents rapportés ces derniers jours montrent qu’une Coupe du monde censée rassembler les peuples débute sous le signe des restrictions, des refus d’entrée et d’un traitement contesté de plusieurs délégations étrangères.

De retour en Somalie, l’arbitre somalie refoulé a déclaré mercredi devant la presse que cet épisode relevait du « destin », appelant ses compatriotes à ne pas perdre espoir. « Ce qui est arrivé est arrivé et c’est le destin. Je remercie la FIFA pour son soutien », a-t-il affirmé. L’arbitre a encouragé la jeunesse somalienne à continuer de croire en l’avenir du pays. « La Somalie est à nous, que les choses soient bonnes ou mauvaises. Je veux dire à nos jeunes de ne pas perdre espoir », a-t-il ajouté, soulignant n’avoir « aucun autre endroit où [il] souhaite être » que son pays. La décision intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines, marqué notamment par des restrictions de voyage visant plusieurs pays, dont la Somalie. Elle a notamment des conséquences sportives directes, la FIFA ayant confirmé que l’arbitre ne pourra ni suivre la préparation ni officier durant le tournoi.

En Somalie, la nouvelle a suscité une vive déception parmi les supporters et acteurs du football. Plusieurs fans ont regretté une occasion manquée de voir un représentant du pays au plus haut niveau mondial, tandis que des voix du milieu sportif ont dénoncé une décision injuste et préjudiciable pour l’image des jeunes arbitres africains. Les autorités somaliennes ont indiqué avoir tenté, sans succès, d’intervenir auprès des États-Unis et de la FIFA pour permettre sa participation au tournoi.0

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