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Législatives en Israël : L’atonie ambiant sied à B. Netanyahu

Après les vacances d’été, les trois semaines de fêtes juives annuelles où le pays est en mode « pause », la campagne pour les législatives du 1er novembre démarre pour de bon en Israël. L’enjeu renvoie à la sécurité, à la montée de l’extrême droite et le retour, éventuel, de Benyamin Netanyahu.

Les partis israéliens tentent de secouer un électorat jusqu’à présent apathique face à ce nouveau scrutin. Car il est porteur de grands enjeux avec la montée de l’extrême-droite sur fond de violences en Israël et dans les Territoires palestiniens, processus devant paver la voie au retour triomphant de B. Netanyahu, bête politique plombée par les scandales.

Les derniers sondages créditent le Likoud (droite) de M. Netanyahu de la première place avec 31 sièges sur les 120 élus de la Knesset (Parlement), contre 24 pour Yesh Atid (« Il y a un futur ») du Premier ministre centriste Yaïr Lapid, et 14 pour la liste « Sionisme religieux » (extrême-droite) d’Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, une première. Suivent dans la foulée une dizaine de partis.

Dès les premières minutes de sa campagne, B. Netanyahu affirme qu’il veut réunir les 61 sièges (seuil de la majorité) pour former un « gouvernement de droite » en regroupant les voix des formations ultra-orthodoxes et de l’extrême-droite. Ensemble, ces formations flirtent avec la majorité, selon les sondages. Aux yeux de B. Netanyahu, la coalition hétéroclite menée par Y. Lapid est « une expérience dangereuse et catastrophique ». « Il est maintenant temps de lui dire +khalas+ (ça suffit, en arabe). (…) C’est assez, khalas! », a-t-il lancé dimanche, en meeting.

Si B. Netanyahu tente de revenir au pouvoir, Y. Lapid tente quant à lui de s’y accrocher. Au cours des derniers mois, le leader centriste a vu son parti progresser dans les sondages et a multiplié les initiatives diplomatiques en se rendant à Berlin et surtout Paris pour y rencontrer son « ami » Emmanuel Macron et discuter du programme nucléaire iranien et d’un accord frontalier avec le Liban.

« Lapid a choisi d’observer les élections de haut, de son bureau de Premier ministre, laissant les autres (candidats) se précipiter, transpirer, se salir les mains et faire des erreurs alors que lui, joue le rôle d’adulte responsable », estime Yediot Aharonot. Une retenue qui, aux yeux du quotidien israélien le plus lu, « lui a permis de doper ses appuis dans les sondages, mais elle n’aide pas le bloc anti-Bibi. »

Dans le système proportionnel israélien, les partis doivent obtenir un minimum de 3,25% des suffrages pour avoir des députés au Parlement, d’où le risque pour certains partis hostiles à B. Netanyahu de ne pas franchir ce seuil comme c’est le cas pour les partis arabes, qui lui sont ouvertement opposés.

En 2019, ils s’étaient réunis sous une même bannière pour s’imposer comme la troisième force politique d’Israël, mais cette fois-ci, ils se sont scindés en trois listes avec le risque pour chacun de ne pas faire élire de députés et donc de favoriser, indirectement, le retour au pouvoir de B. Netanyahu, alias Bibi.

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