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Le cap des 59.000 martyrs dépassé à Gaza : Emoi dans les pays occidentaux et opinion US divisée sur Israël

by Perspectives Med
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Le cap des 59.000 martyrs dépassé à Gaza : Emoi dans les pays occidentaux et opinion US divisée sur Israël

Au moins 59 029 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023 dans la guerre qualifiée de génocidaire menée par Israël contre la bande de Gaza, a annoncé lundi le ministère de la Santé.

Selon un communiqué du ministère, 134 corps ont été acheminés vers les hôpitaux au cours des dernières 24 heures, tandis que 1 155 personnes ont été blessées, portant le nombre total de blessés à 142 135 depuis le début de l’offensive israélienne. « De nombreuses victimes restent encore sous les décombres ou jonchant les rues, les secours n’étant pas en mesure de les atteindre », a-t-il précisé. Par ailleurs, 99 Palestiniens ont été tués et plus de 650 blessés ces dernières 24 heures alors qu’ils tentaient d’obtenir de l’aide humanitaire. Depuis le 27 mai, au moins 1 021 personnes ont perdu la vie dans ce contexte, et 6 511 autres ont été blessées.

En effet, l’armée israélienne a repris ses attaques sur Gaza le 18 mars, brisant ainsi une trêve et un accord d’échange de prisonniers conclu en janvier. Depuis cette reprise, 8 196 personnes ont été tuées et 30 094 autres blessées. Dans la journée de lundi, l’armée sioniste a investi Deir Al Balah, une première depuis le début du génocide à Gaza en octobre 2023. Objectif, pousser les Gazaouis qui s’y réfugient vers la soi-disant « zone humanitaire »

Pour rappel, en novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. Israël est également poursuivi devant la Cour internationale de Justice (CIJ) dans une affaire de génocide liée à sa guerre contre l’enclave palestinienne.

Sursaut occidental tardif

Dans ce contexte tragique, plus d’une vingtaine de pays, dont le Royaume-Uni, l’Australie et le Japon, ainsi que l’UE, ont condamné, lundi, le « massacre inhumain » de civils par Israël dans la Bande de Gaza, appelant à une cessation immédiate de la guerre dans l’enclave assiégée. Dans une déclaration commune, les ministres des affaires étrangères de 25 pays et Hadja Lahbib, commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité, ont déclaré que les souffrances des civils à Gaza avaient atteint de nouveaux sommets. « Le modèle adopté par le gouvernement israélien pour la fourniture de l’aide est dangereux, alimente l’instabilité et prive les habitants de Gaza de leur dignité d’êtres humains », peut-on lire dans la déclaration. « Nous condamnons l’acheminement de l’aide au compte-gouttes et le massacre inhumain de civils, notamment d’enfants, qui cherchent à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires en eau et en nourriture », est-il ajouté.

Qualifiant d’ « horrible » la mort de plus de 800 Palestiniens en quête d’aide depuis le début des opérations de la controversée « Fondation humanitaire de Gaza » fin mai, la déclaration note que le refus du gouvernement israélien d’apporter une aide humanitaire essentielle à la population civile est « inacceptable ».

« Israël doit se conformer à ses obligations en vertu du droit humanitaire international », souligne la déclaration, signée par les ministres des affaires étrangères de l’Australie, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de la France, de l’Islande, de l’Irlande, de l’Italie, du Japon, de la Lettonie, de la Lituanie, du Luxembourg, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, de la Pologne, du Portugal, de la Slovénie, de l’Espagne, de la Suède, de la Suisse et du Royaume-Uni, ainsi que par le commissaire de l’Union européenne.

Condamnant également la détention des otages, ils ont appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle ». Le Hamas a enlevé environ 250 israéliens lors de son attaque du 7 octobre 2023. Une vingtaine d’entre eux seraient encore en vie. « Nous appelons le gouvernement israélien à lever immédiatement les restrictions sur l’acheminement de l’aide et à permettre d’urgence à l’ONU et aux ONG humanitaires de faire leur travail vital en toute sécurité et de manière efficace. »

Appelant toutes les parties à protéger les civils et à respecter les obligations découlant du droit international humanitaire, la déclaration indique que les propositions visant à déplacer la population palestinienne dans une « ville humanitaire » sont « totalement inacceptables ».

« Le déplacement forcé permanent est une violation du droit humanitaire international. Nous nous opposons fermement à toute mesure visant à un changement territorial ou démographique dans les territoires palestiniens occupés », insistent les signataires. Ceux-ci ont également réaffirmé leur « total soutien » aux efforts déployés par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent.

En Belgique, la Fondation Hind Rajab pour les droits de l’homme a annoncé, lundi, que les autorités belges avaient arrêté et interrogé deux soldats israéliens soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre contre des Palestiniens dans la bande de Gaza. « Dans ce qui pourrait marquer un tournant dans la quête mondiale de redevabilité, la police fédérale belge a arrêté et interrogé deux soldats israéliens accusés de manière crédible d’avoir commis des crimes de guerre à Gaza », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La même source a ajouté que « cette action fait suite à une plainte urgente déposée par la Fondation Hind Rajab et le Global Legal Action Network (GLAN) plus tôt cette semaine ».

L’association de défense des droits de l’homme a expliqué que « les deux suspects ont été identifiés et arrêtés lors du festival Tomorrowland dans la ville de Yom », dans la province d’Anvers. Tomorrowland est l’un des plus grands festivals de musique électronique au monde.

« Après leur détention (les deux soldats), ils ont été formellement interrogés et remis en liberté, et le parquet fédéral belge a confirmé qu’une enquête pénale est actuellement en cours », a ajouté la fondation.

L’OCI sort de sa léthargie

Le Secrétaire général de l’ONU a condamné « sans réserve », lundi, les derniers massacres de personnes en quête d’aide humanitaire dans la Bande de Gaza.

« Au cours du week-end à Gaza, nous avons assisté à de nouvelles fusillades de masse et à des meurtres de personnes en quête d’aide de l’ONU pour leurs familles, un acte atroce et inhumain que je condamne sans réserve », a déclaré Guterres lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable.

Soulignant les « liens profonds entre le développement et la paix », António Guterres a déclaré : « Nous sommes réunis dans un contexte de conflits mondiaux qui rendent les Objectifs de développement durable encore plus difficiles à atteindre ». « Voilà pourquoi nous devons continuer à œuvrer en faveur de la paix au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.

Mettant l’accent sur la situation à Gaza, A. Guterres a souligné qu’ « il nous faut un cessez-le-feu immédiat à Gaza (et) la libération immédiate de tous les otages ». Il a également appelé à un « accès humanitaire sans entrave » à Gaza.

Pour sa part, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a annoncé, lundi, la tenue d’une réunion d’urgence, mardi, pour discuter des attaques israéliennes en cours contre les Palestiniens.

Dans un communiqué, le groupe basé à Djeddah a précisé que la réunion se tiendra au niveau des représentants permanents, afin de discuter de « l’agression israélienne continue contre le peuple palestinien et du ciblage des lieux saints dans les territoires palestiniens occupés, en particulier la mosquée Ibrahimi à Al-Khalil (Hébron) ».

L’Organisation a souligné que cette réunion intervient dans un contexte de « crise humanitaire sans précédent dans la bande de Gaza », marquée par les « crimes de génocide, de famine et de déplacement commis par l’occupation israélienne », ainsi qu’une «  intensification des attaques contre les lieux de culte ».

Soutien US lézardé

Chez l’Oncle Sam, un sondage CNN mené par SSRS révèle une érosion significative du soutien des Américains aux actions militaires israéliennes à Gaza. Seuls 23 % des Américains jugent les actions d’Israël « pleinement justifiées », une chute de 27 points par rapport à octobre 2023, juste après l’opération « Déluge d’Al-Aqsa » menée par Hamas. À l’époque, 50 % des Américains soutenaient pleinement la réponse israélienne, tandis que seuls 8 % la jugeaient injustifiée.

Aujourd’hui, 27 % estiment qu’elle est « partiellement justifiée » et 22 % « pas du tout justifiée ». Cette baisse traverse les lignes partisanes, mais elle est particulièrement marquée chez les démocrates (de 38 % à 7 %) et les indépendants (de 45 % à 14 %), tandis que chez les républicains, le soutien passe de 68 % à 52 %.

Les jeunes adultes (moins de 35 ans) sont les plus critiques : seuls 10 % soutiennent pleinement Israël, et 33 % jugent ses actions injustifiées. De plus, 61 % des jeunes estiment qu’Israël utilise trop de force militaire. Le sondage montre également une montée du scepticisme envers l’aide militaire US à Israël. Désormais, 42 % des Américains pensent que les États-Unis fournissent trop d’aide militaire, contre 34 % en mars 2025 et 33 % en janvier 2024.

Parmi les démocrates et les indépendants de moins de 35 ans, 72 % souhaitent une réduction ou un arrêt complet de cette aide, avec 43 % plaidant pour son arrêt total. Les personnes de couleur partagent ce scepticisme : seulement 13 % jugent les actions israéliennes pleinement justifiées, contre 29 % qui les rejettent.

Environ 57 % d’entre elles estiment qu’Israël use d’une force excessive. Cette défiance croissante reflète une perception d’un conflit prolongé, marqué par des pertes civiles importantes – 59. 000 martyrs à Gaza, dont 70 % de civils, selon le ministère de la Santé local. Malgré les déclarations de Tsahal affirmant cibler uniquement des objectifs militaires, les frappes sur des sites civils, comme l’église de la Sainte-Famille, alimentent les critiques. Donald Trump, proche de Benjamin Netanyahou, fait face à une opinion publique divisée, alors qu’il assure chercher à négocier un cessez-le-feu.

Tsahal n’est plus sexy !

La guerre génocidaire menée à Gaza a contribué dans une large mesure à rendre exsangue l’armée sioniste. Tsahal a perdu de son sex appeal  comme le prouvent les taux de suicide élevés rapportés par des sources médicales et médiatiques. En ce début de semaine, le journal Maariv a rajouté une couche en révélant que l’armée d’occupation se plaint actuellement d’une pénurie d’environ 300 officiers aux postes de commandants de peloton des forces terrestres et d’équipes de génie et de démantèlement.

L’analyste militaire Avi Ashkenazi a déclaré à Maariv que « Tsahal reconnaît la difficulté de convaincre des soldats qualifiés de s’inscrire à la formation d’officiers ». Il a ajouté que « pour la première fois, ils admettent que l’ampleur de l’attrition est importante et que la taille de l’armée n’est pas à la hauteur des tâches qui lui sont assignées. Les estimations font état d’une pénurie d’environ 7 500 combattants et d’environ 2 500 personnels de soutien au combat ».

Le quotidien israélien a en outre reconnu qu’en raison de la pénurie de commandants de compagnie, « Tsahal a été contraint, ces derniers mois, de nommer des officiers d’unités régulières et de réserve n’ayant pas réussi la formation de commandant de compagnie ». La principale raison de cette importante pénurie d’officiers est l’augmentation des effectifs des unités de combat.

Selon le journal, « le Corps blindé a vu ses effectifs augmenter de plus de 30 % depuis le début de la guerre, tandis que la taille du Corps du génie de combat a presque doublé et que davantage de pelotons de combat ont été créés au sein des brigades d’infanterie.» Le journal cite également l’armée d’occupation qui affirme « qu’un grand nombre d’officiers et de commandants ont été tués pendant la guerre et que des centaines d’autres ont été blessés, dont des dizaines n’ont pas encore achevé leur convalescence et repris leurs fonctions de combattant ». Ainsi, les commandants des unités régulières et de réserve de l’armée d’occupation ont déclaré que la crise des officiers ne se limite pas aux seuls commandants de peloton et de compagnie, mais s’étend également aux commandants adjoints de bataillon et aux commandants de bataillon eux-mêmes, qui souffrent d’une pression opérationnelle énorme et de circonstances complexes.

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