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La guerre génocidaire contre Gaza oubliée : Pourtant, martyrs et blessés se multiplient…

by Perspectives Med
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La guerre génocidaire contre Gaza oubliée : Pourtant, martyrs et blessés se multiplient…

Alors que l’attention des médias se concentre désormais sur la guerre opposant Israël, les États-Unis et l’Iran, la situation à Gaza, largement reléguée au second plan, demeure d’une gravité extrême. Sur le terrain, le conflit ne s’est jamais réellement interrompu. Depuis octobre 2023, les bombardements se poursuivent, avec des phases d’intensité variable mais sans véritable répit pour la population. Même les périodes présentées comme des cessez-le-feu n’ont pas mis fin aux violences. Des centaines de violations ont été recensées, entraînant de nouvelles pertes humaines et la poursuite des destructions. Chaque semaine apporte son lot de frappes, de blessés et de morts, dans un territoire déjà dévasté par plus de deux ans de guerre.

À cette insécurité permanente s’ajoute une catastrophe humanitaire persistante. Plus de deux millions de Palestiniens dépendent d’une aide devenue insuffisante et difficile d’accès. Les restrictions imposées sur l’entrée de biens essentiels, y compris médicaux ou destinés à la reconstruction, aggravent une situation déjà critique. Une grande partie de la population vit encore dans des abris précaires, exposée aux intempéries et au manque de ressources de base. Le système de santé, lui, est proche de l’effondrement. Une minorité d’établissements reste partiellement fonctionnelle, tandis que des milliers de patients, dont de nombreux enfants, attendent une évacuation médicale. L’ouverture limitée de certains points de passage ne suffit pas à répondre aux besoins, et les organisations humanitaires se heurtent à des obstacles administratifs et sécuritaires croissants.

Dans ce contexte, la question de l’aide devient centrale. Les ONG alertent sur les risques liés aux nouvelles restrictions qui compliquent leur travail et exposent leur personnel. Malgré une légère amélioration ponctuelle de l’approvisionnement, l’insécurité alimentaire reste massive, touchant des centaines de milliers de personnes, dont un grand nombre d’enfants menacés de malnutrition. Parallèlement, la guerre a aussi redéfini les équilibres internes. En l’absence d’alternative politique viable, le Hamas continue d’exercer une forme de contrôle sur le territoire, assurant certaines fonctions administratives et sécuritaires. Les plans internationaux pour l’après-guerre restent, eux, largement théoriques et peinent à se concrétiser. Plus largement, le sentiment d’abandon domine parmi les Palestiniens. La focalisation sur d’autres fronts régionaux donne l’impression que la crise dont ils souffrent est oubliée, alors même que leurs conditions de vie continuent de se dégrader. L’absence de solution politique crédible et la poursuite des opérations militaires entretiennent un horizon particulièrement sombre. Ainsi, malgré sa moindre visibilité, la situation à Gaza reste l’une des crises les plus aiguës du moment. Derrière le déplacement de l’attention internationale, la réalité quotidienne demeure inchangée : la population est prise au piège d’un conflit sans fin.

Duplication au Liban

L’organisation humanitaire internationale Oxfam a indiqué que les destructions ciblant les infrastructures hydrauliques d’Israël à Gaza dans le cadre du génocide se produisent désormais également dans certaines régions du Liban et commencent à endommager les infrastructures. Dans un communiqué écrit, Oxfam précise que, selon son analyse, l’armée israélienne a détruit des infrastructures d’eau et d’assainissement, y compris par des attaques visant des installations détruites ou endommagées lors du dernier conflit et actuellement en reconstruction.

Le communiqué rappelle que les Conventions de Genève interdisent les attaques contre les installations hydrauliques et autres infrastructures vitales pour la survie des populations, et souligne que couper l’eau dans le cadre de méthodes de guerre est « illégal ». Il avertit également que perturber intentionnellement l’accès à l’eau ou empêcher l’aide humanitaire peut constituer un « crime de guerre », et indique : « Oxfam est préoccupé par le fait que la stratégie militaire israélienne visant les infrastructures hydrauliques utilisée lors du processus de génocide à Gaza commence maintenant à être appliquée dans certaines régions du Liban. »

Le communiqué note qu’après les ordres massifs d’évacuation forcée, des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs maisons dans le sud du Liban. Oxfam et ses partenaires sont responsables des travaux de réparation dans 19 installations clés fournissant de l’eau potable à environ 60 000 personnes, dont six ont été endommagées lors des bombardements israéliens de l’année dernière.  Le communiqué confirme que de nombreuses zones abritant ces installations ont été frappées par des attaques aériennes.

En raison de l’intensité des attaques, les équipes d’Oxfam ne peuvent actuellement pas accéder en toute sécurité à ces installations et ne peuvent donc pas évaluer si elles ont été détruites ou non. Le communiqué souligne également que la destruction des infrastructures civiles ne se limite pas aux installations hydrauliques vitales : « Israël a également détruit les réseaux électriques et les ponts, perturbant les services essentiels dans toutes les villes et villages. »

En parallèle, les attaques contre les journalistes se multiplient désormais au pays du Cèdre. Une stratégie déjà observée à Gaza semble s’y étendre progressivement. Sans réaction, la liberté de la presse pourrait y être gravement menacée.

Six mois après un appel international alertant sur les dangers qui pèsent sur les journalistes à Gaza, la même inquiétude gagne désormais le Liban. La multiplication des frappes visant des professionnels de l’information ou des structures médiatiques fait craindre une extension d’une stratégie déjà observée dans l’enclave palestinienne, où des centaines de journalistes ont été tués. Au Liban, les signaux sont de plus en plus alarmants. Des médias liés au Hezbollah, comme Al-Manar, Al Mayadeen ou la radio Al-Nour, ont été pris pour cibles, tout comme certains de leurs responsables. La mort de Mohammad Cherri, dirigeant d’Al-Manar, tué avec des membres de sa famille lors d’une frappe, illustre cette dérive. D’autres journalistes ont été blessés dans l’exercice de leur métier, dont des journalistes de RT, des faits qui ravivent le souvenir de précédents incidents où des enquêtes avaient évoqué des ciblages délibérés.

Ces attaques s’inscrivent dans une logique plus large : affaiblir non seulement les capacités militaires d’un adversaire, mais aussi son environnement médiatique, tout en limitant la couverture des opérations sur le terrain. Une telle stratégie, déjà dénoncée à Gaza, semble désormais s’étendre au Liban, dans un contexte de montée des tensions et de préparation d’une possible offensive terrestre. Ce phénomène ne se limite pas aux frappes. La liberté de la presse est également entravée par des pressions internes. Dans certaines régions, des journalistes doivent obtenir des autorisations pour travailler, parfois sous supervision, ce qui restreint leur indépendance. À cela s’ajoutent des campagnes d’intimidation, des menaces et même des cyberattaques visant des médias critiques, révélant un climat de plus en plus hostile à toute information libre. Ce recul généralisé inquiète d’autant plus qu’il s’inscrit dans une dynamique régionale plus large.

La fermeture de bureaux de médias, comme ceux d’Al Jazeera en Cisjordanie, ou les violences répétées contre les journalistes à Gaza, témoignent d’une remise en cause profonde du droit d’informer. Au-delà des divergences politiques ou éditoriales, un principe fondamental doit pourtant rester intangible : aucun journaliste ne devrait être pris pour cible. La protection de ceux qui informent est indissociable de toute société démocratique. Face à cette dérive, l’urgence est de tracer une ligne claire. Sans cela, le Liban risque de suivre une trajectoire similaire à celle de Gaza, où informer est devenu un acte de plus en plus mortel. Préserver la liberté de la presse aujourd’hui, c’est éviter qu’elle ne disparaisse demain.

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