Parallèlement, l’occupation mène des bombardements d’artillerie aux abords de Byout al-Siyad et d’al-Mansouri, accompagnés d’un ratissage intensif sur al-Mansouri et Majdal Zoun.
L’armée israélienne a affirmé, vendredi, que trois de ses soldats ont été blessés suite à deux frappes de drones du Hezbollah près de la frontière avec le Liban, ajoutant que « deux soldats ont été grièvement et modérément blessés à la suite d’un impact direct d’un drone piégé à Ras al-Naqoura, près de la frontière. Dans un autre incident, un soldat a été modérément blessé lors d’une attaque de drones piégés ayant explosé à proximité de nos forces au Sud-Liban ».
« Au cours des dernières heures, plusieurs roquettes et obus de mortier supplémentaires ont été lancés en direction des forces israéliennes au Sud-Liban », a-t-on indiqué de même source.
La Résistance islamique a pour sa part affirmé que ses combattants ont visé, vendredi, un bulldozer D9 de l’armée ennemie israélienne dans le village d’Al-Bayyadah avec un drone d’assaut, atteignant sa cible avec précision.
La veille jeudi, la Résistance a annoncé une série d’opérations détaillées dans 13 communiqués militaires. Celles-ci ont visé des rassemblements de soldats et de véhicules de l’armée d’occupation à la frontière libano-palestinienne, pour la défense du Liban et de son peuple, et en réponse aux violations du cessez-le-feu et aux agressions continues de l’occupation.
Dans les dernières opérations annoncées, la Résistance a ciblé un rassemblement de soldats de l’armée d’occupation à Khallet al-Raj, dans la localité de Deir Siriane, avec un drone d’assaut. Elle a également visé un rassemblement de soldats de l’occupation au triangle Alman – Al-Qusayr avec deux drones, en plus de cibler un centre de commandement nouvellement établi relevant de l’armée d’occupation dans la localité d’al-Bayyadah avec des obus d’artillerie.
Parmi les opérations les plus marquantes de jeudi figure aussi le ciblage d’une plateforme du « Dôme de fer » récemment installée par l’occupation près du site de Jall al-Alam avec un drone d’assaut, ce qui a mené à sa destruction, ainsi que le ciblage d’un char « Merkava » dans la localité de Bint Jbeil avec un drone d’assaut, atteignant son objectif avec succès.
Le Média de guerre de la Résistance a en outre diffusé les images des tirs d’obus d’artillerie contre un rassemblement de véhicules et de soldats israéliens à Tallat al-Seder, dans la localité d’Aynata au Sud-Liban.
La Résistance islamique affirme qu’elle est déterminée à défendre sa terre et son peuple, particulièrement face aux dépassements criminels de l’occupation israélienne, et souligne que cela constitue « le moindre des devoirs pour le réfréner et l’empêcher de poursuivre ses objectifs dangereux contre le Liban, son État, son peuple et sa résistance ».
Tension en Israël
Les débats en Israël révèlent un niveau d’inquiétude avancé au sein de l’institution sécuritaire face à l’évolution de la confrontation au Liban, particulièrement après la transformation de ce qu’on appelle le « cessez-le-feu » en une attrition quotidienne pour son armée au Sud. Alors que les discours se multiplient sur les contraintes politiques et américaines empêchant Tel-Aviv de se lancer dans une guerre totale ou de mener de vastes assassinats en profondeur, d’autres critiques émergent contre l’armée et ses chefs, allant jusqu’à parler d’une « armée qui se fissure » au Liban.
Un article d’Elisha Ben Kimon dans le Yedioth Ahronoth reflète ce sentiment croissant : l’environnement stratégique actuel sert davantage le Hezbollah qu’Israël, et l’armée combat désormais selon une équation qui lui est imposée. L’auteur estime que le « partenariat » avec les États-Unis est devenu un fardeau direct sur le front libanais, Washington imposant des restrictions liées à ses calculs régionaux et à ses négociations avec l’Iran, empêchant ‘Israël’ d’utiliser toute sa puissance militaire. Et considère que ce qui se passe au Sud n’est plus un cessez-le-feu, mais une « guerre d’usure » ouverte, basée sur les engins explosifs, les drones et les missiles, face à des bombardements israéliens continus sans capacité de décision claire.
Il admet aussi que la présence militaire israélienne au Sud offre au Hezbollah un soutien politique et populaire, renforçant son image de « défenseur du pays face à l’occupation ». Comme il souligne également le développement de l’arsenal de drones du Hezbollah, devenu l’un des éléments les plus déroutants pour l’armée en raison de la difficulté de les détecter et de les intercepter.
De plus, la situation actuelle offre une protection indirecte au secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, Israël s’abstenant de mener des assassinats en profondeur sous la pression américaine. En conclusion, l’article reflète les craintes israéliennes d’une érosion de la dissuasion face à une usure quotidienne liée aux équilibres régionaux entre l’Iran et le Liban.
En plein cœur de ces critiques, la décision du Commandement du Front intérieur de désactiver le système « Shual » (dédié au commandement et au contrôle civil) a provoqué une vague de protestations dans les colonies de Galilée et du Golan.
Selon le même journal, ce système est l’outil essentiel pour localiser les chutes de roquettes et diriger les secours. Sa désactivation a entraîné un état de « cécité opérationnelle ». Les estimations indiquent que cette décision résulte de craintes sécuritaires concernant des fuites d’informations qui pourraient aider des parties liées à l’Iran ou au Hezbollah à analyser la précision des frappes.
Par ailleurs, Avi Ashkenazi, analyste militaire pour le quotidien Maariv, a assuré que « l’armée israélienne a commencé à se fissurer en silence. Le haut commandement franchit la ligne entre les officiers d’État et les officiers sans colonne vertébrale face au niveau politique. »
« Ne vendez pas au public des histoires fallacieuses sur la liberté d’action au Liban. Ce n’est qu’après de longues semaines que vous avez obtenu l’autorisation d’assassiner un niveau tactique dans la banlieue sud de Beyrouth », a-t-il lancé à l’endroit de Eyal Zamir, chef d’état-major. « Cela arrive après que le Hezbollah a instauré une supériorité aérienne au Sud-Liban via des drones achetés sur « AliExpress » ou « Amazon ». Cela arrive après que le Hezbollah a abattu deux drones de type Hermes, valant chacun des millions de dollars. Cela arrive après que le Hezbollah a tenté d’abattre un hélicoptère de combat avec un missile sol-air, et après que huit combattants de l’armée ont été blessés mercredi par des impacts de drones. La division logistique en est réduite à acheter tout le stock de filets de pêche et de filets de but de football pour protéger les troupes au Liban contre la menace des drones », ajoute-t-il. Avant de conclure que l’armée est « épuisée après près de trois ans de guerre, et les soldats du service obligatoire sont à bout. »
Face à cette réalité, l’armée d’occupation est accusée de ne pas fournir toutes les données relatives au nombre de soldats libérés durant la guerre pour des raisons psychologiques.
Selon le Haaretz, des sources au sein du département de la santé mentale admettent qu’il existe une volonté d’éviter de publier ces données en raison de l’ampleur du phénomène, craignant que cela n’affecte le moral de la population.
Une résistance qui inquiète
Le Centre de recherche israélien Alma a évoqué un motif marquant dans les listes de martyrs du Hezbollah au cours de la confrontation actuelle, notant que « bon nombre de ceux qui ont gravi les échelons du parti ne sont pas de simples militaires, mais plutôt des professionnels et des personnalités publiques, notamment des enseignants, des directeurs d’école, des avocats, des médecins, des membres du clergé et des responsables municipaux ». Le Centre a considéré que « ce phénomène reflète le principe de la société de résistance, car le Hezbollah considère que la résistance est enracinée au sein de la société civile et ne se limite pas au cadre militaire ».
Selon le rapport du Centre israélien, « la présence de compétences professionnelles parmi les martyrs contribue à renforcer la légitimité populaire, la résistance étant considérée comme un élément naturel de la société ».
Le Centre a également conclu que la résistance du parti est « un modèle social complet qui intègre des cadres professionnels dans la structure de l’organisation».
Cela survient alors que les rangs de la Résistance islamique au Liban continuent d’affronter les forces d’occupation à la frontière libano-palestinienne, ciblant les rassemblements de soldats et de véhicules et tendant des embuscades aux soldats israéliens, en réponse à la violation continue par l’occupation du cessez-le-feu et de la trêve avec le Liban conclus les 16 et 17 avril de l’année dernière.
A rappeler que le bilan total de l’agression israélienne contre le Liban depuis le 2 mars s’élève désormais à 2 759 martyrs et 8 512 blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
