Le 1ᵉʳ mai, 176 passagers de la flottille pour Gaza ont débarqué dans un port de la Crète, parmi eux plusieurs blessés. « Dans des conditions extrêmement difficiles, l’État grec a assumé avec responsabilité la mission humanitaire d’accueil des participants à la flottille Global Sumud, avec pour seul objectif leur sécurité et leur protection », avait alors déclaré le ministère grec des Affaires étrangères, cherchant à apaiser la polémique née de l’interception musclée par les Israélien d’une vingtaine de navires dans les eaux internationales, alors qu’ils étaient dans la zone de recherche et de sauvetage grecque.
Depuis, certains membres de la flottille ont gagné leurs pays respectifs, à l’exception de deux d’entre eux, détenue en Israël. L’Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila sont depuis emprisonnés et Amnesty International a qualifié d’« arbitraire » leur détention prolongée.
L’opération militaire israélienne contre la flottille a été dénoncée en Europe, mais l’accueil par la Grèce de ses passagers a également soulevé des protestations, notamment de la part des partis de gauche et dans l’opinion publique. « Avons-nous un gouvernement grec, ou n’êtes-vous que les employés d’Israël et de Netanyahu ? », avait tancé le député de la Nouvelle Gauche Nasos Iliopoulos, s’adressant directement aux membres du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, rapporte le journal Le Monde.
La Grèce « n’avait pas connaissance du nombre de personnes à bord » de la flottille pour Gaza lors de l’opération israélienne au large de la Grèce la semaine dernière et l’arrestation de deux militants, s’est encore défendu ce vendredi le ministre des Affaires étrangères. « Nous avons demandé aux Israéliens de débarquer les civils afin qu’il n’y ait pas de nouvelle crise humanitaire », a déclaré George Gerapetritis devant les députés, répondant à des critiques sur le rôle de la Grèce dans cette opération. « Nous n’avions évidemment connaissance ni du nombre de personnes à bord – ce qui aurait été totalement impossible – ni des circonstances réelles dans lesquelles cet événement s’est produit », a assuré le ministre.
La présidente du petit parti grec Plefsi Eleftherias (gauche), Zoé Konstantopoulou, a dénoncé ce qu’elle qualifie d’implication d’Athènes « dans les crimes internationaux des Israéliens ». Se référant aux deux détenus espagnol et brésilien, elle a assuré qu’ils « avaient subi des tortures ».
Selon la section grecque de la Flottille pour Gaza, un recours a été déposé à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour réclamer « des mesures provisoires contre la Grèce ». Selon la Flottille pour Gaza, la CEDH a demandé « des clarifications » sur cet incident et invité le gouvernement grec à « fournir des explications écrites ». G. Gerapetritis a réitéré qu’« il n’y avait aucune possibilité d’intervention » ou « d’autre action supplémentaire selon le droit international de la mer » car l’opération israélienne avait eu lieu dans des eaux internationales.
