mardi, mai 12, 2026
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Guerre génocidaire d’Israël : Le fils du négociateur du Hamas K. Al-Hayya « neutralisé »

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Le fils du négociateur du Hamas K. Al-Hayya « neutralisé »

Le fils du chef du Hamas, Khalil al-Hayya, est décédé jeudi des suites de blessures subies lors d’une frappe israélienne dans la bande de Gaza. Selon un correspondant d’Anadolu, Azzam al-Hayya a succombé à ses graves blessures après la frappe ayant visé mercredi soir le quartier d’Al-Daraj, à l’est de la ville de Gaza.

Mercredi, Khalil al-Hayya avait indiqué que son fils avait été grièvement blessé dans l’attaque israélienne, accusant Israël de chercher à atteindre ses objectifs par « la pression, les assassinats et le terrorisme ». Des images vidéo tournées dans la ville de Gaza montrent des proches transportant le corps d’Azzam depuis l’hôpital Al-Shifa avant son enterrement. Selon des sources palestiniennes, Azzam est le quatrième fils de Khalil al-Hayya tué par Israël.

L’ONU a averti mercredi que la faim reste généralisée et sévère dans la bande de Gaza, où des millions de personnes peinent à accéder à une alimentation suffisante malgré les efforts humanitaires en cours. S’exprimant devant la presse, Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, a cité des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), selon lesquelles 2,1 millions de personnes à Gaza sont désormais confinées dans moins de la moitié du territoire, limitant leur accès aux terres agricoles, aux ressources alimentaires et aux services essentiels.

« Les habitants ne peuvent pas accéder à certaines zones de Gaza où se trouvent des réserves foncières et des infrastructures critiques, comme les décharges de déchets solides. Ils ne peuvent pas non plus se déplacer à l’étranger ni accéder à la Cisjordanie, où des services tels que des soins de santé spécialisés leur sont accessibles.

« Les personnes autorisées à sortir dans le cadre d’évacuations médicales ne représentent qu’une infime partie de celles qui ont besoin de services indisponibles au quotidien à Gaza », a-t-il déclaré.

Citant le Programme alimentaire mondial (PAM), S. Dujarric a indiqué que plus de 1,6 million de personnes reçoivent chaque mois des colis alimentaires, des repas chauds, du pain ou une aide en espèces. Par ailleurs, les partenaires humanitaires fournissent environ 1,1 million de repas par jour grâce à plus de 120 cuisines communautaires à travers la bande de Gaza. « Pourtant, plus de six mois après la déclaration d’un cessez-le-feu, le PAM souligne que la faim n’a pas disparu, avec des niveaux élevés de malnutrition. De nombreuses familles dépendent encore de l’aide alimentaire pour survivre, les produits frais restant trop chers. Une famille sur cinq ne prend qu’un seul repas par jour », a ajouté S. Dujarric.

Répondant à une question d’Anadolu sur l’impact des alertes répétées concernant l’insuffisance de l’aide, S. Dujarric a déclaré que l’organisation espère que son message dépasse la salle de presse, tout en reconnaissant des résultats limités. « Nous espérons que d’autres que vous nous entendent. Ce sont des questions que nous soulevons quotidiennement auprès des parties israéliennes. Nous les avons également évoquées avec nos homologues américains. Le constat est qu’il n’y a pas eu beaucoup d’évolution positive. Nous ne contrôlons pas le système. Nous savons que nous sommes sur le terrain. Nos collègues voient de leurs propres yeux la situation réelle. Ils savent ce dont il y a besoin, et nous ne l’obtenons tout simplement pas », a-t-il affirmé.

Israël a lancé une guerre génocidaire contre la bande de Gaza en octobre 2023, faisant plus de 72 000 morts palestiniens et plus de 172 000 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Malgré un accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, Israël a poursuivi ses attaques meurtrières et son blocus sur Gaza, tuant 837 Palestiniens et en blessant 2 381 autres, tout en provoquant des destructions massives.

Paris mis à l’index

En France, la section Amnesty International a appelé jeudi les dirigeants européens à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, estimant qu’un maintien du texte ferait courir aux États membres le risque de devenir « complices » des « crimes de l’État d’Israël », dans une série de messages publiés sur le réseau social américain X.

L’ONG a exhorté les responsables européens à avoir « ces crimes en tête » lors des discussions sur l’avenir de l’accord UE-Israël, principal cadre juridique des relations politiques, économiques et commerciales entre les deux parties depuis son entrée en vigueur en 2000.

Dans ses publications, Amnesty France cite notamment les opérations militaires israéliennes au Liban, la situation humanitaire à Gaza, la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée, ainsi que la récente adoption par le Parlement israélien d’une loi prévoyant la peine de mort pour certains « terroristes ». L’organisation affirme également qu’Israël mène une « politique d’apartheid » envers les Palestiniens et accuse l’État hébreu d’avoir commis un « génocide » à Gaza, des accusations rejetées par Israël.

L’ONG conclut en appelant la France et les dirigeants européens à « suspendre » l’accord d’association afin de « mettre fin à l’impunité d’Israël ». Cette prise de position intervient alors que la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale française a rejeté une proposition de résolution demandant la suspension de l’accord UE-Israël, à l’issue d’échanges particulièrement tendus entre députés.

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, après le vote, la mobilisation de parlementaires venus selon elle « uniquement pour voter contre ce texte », estimant que la France avait une « responsabilité » dans la défense du droit international humanitaire. Elle a également accusé une partie de la commission de ne pas suivre la ligne défendue par l’exécutif français, avant d’évoquer la situation humanitaire à Gaza et au Liban dans des termes particulièrement virulents.

L’accord d’association UE-Israël, signé en 1995 et entré en vigueur en 2000, encadre les relations commerciales, politiques et scientifiques entre les deux parties, notamment dans les secteurs industriel et agricole. Il prévoit une clause fondée sur le respect des droits humains et des principes démocratiques, pouvant théoriquement ouvrir la voie à une suspension en cas de violation grave.

L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial d’Israël. Selon la Commission européenne, près de 29 % des exportations israéliennes étaient destinées au marché européen en 2024, tandis que plus d’un tiers des importations israéliennes provenaient des Vingt-Sept. Le débat autour d’une éventuelle suspension de l’accord s’est intensifié depuis le début de la guerre à Gaza après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël. Ces derniers mois, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont officiellement demandé un réexamen du texte, invoquant les opérations militaires israéliennes à Gaza, en Cisjordanie occupée et au Liban.

Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, a appelé à plusieurs reprises l’Union européenne à suspendre l’accord, estimant que le « mépris » du gouvernement israélien pour le droit international était « intolérable ».

Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, a toutefois indiqué en avril qu’aucun consensus n’avait émergé parmi les États membres en faveur d’une suspension totale ou partielle du texte. Une suspension complète de l’accord nécessite l’unanimité des 27 États membres, tandis qu’une suspension limitée au volet commercial pourrait théoriquement être adoptée à la majorité qualifiée. La Commission européenne a déjà évoqué une suspension partielle des préférences commerciales accordées à Israël, sans parvenir jusqu’ici à réunir le soutien nécessaire parmi les États membres, plusieurs capitales, dont Berlin et Rome, restant opposées à cette option. Parallèlement, les Vingt-Sept poursuivent leurs discussions sur d’éventuelles sanctions ciblées contre des colons israéliens en Cisjordanie occupée, un dossier longtemps bloqué par la Hongrie.

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