C’est dans cette atmosphère que la Knesset, Parlement israélien, a adopté en première lecture un projet de loi visant à placer des sites patrimoniaux de Cisjordanie occupée sous contrôle direct israélien. Dans un communiqué publié mardi, la Knesset a indiqué que le texte, approuvé lundi soir, prévoit « d’établir la responsabilité directe de l’État pour la gestion des antiquités, du patrimoine et des sites archéologiques » en Cisjordanie occupée, à travers la création d’une autorité relevant du ministère israélien du Patrimoine.
Le projet de loi prévoit également d’accorder à cette instance « tous les pouvoirs nécessaires » pour fouiller, développer et administrer les sites archéologiques et patrimoniaux, y compris la possibilité « d’exproprier et d’acquérir des terres à cette fin ». Le texte devra encore être adopté en deuxième et troisième lectures avant d’entrer en vigueur.
En février, le cabinet de sécurité israélien avait ordonné l’abrogation d’une loi interdisant la vente de terres palestiniennes aux Juifs en Cisjordanie, ainsi que l’ouverture des registres fonciers et le transfert des compétences en matière de permis de construire de la municipalité palestinienne vers l’administration civile israélienne.
Ces dernières années, plusieurs organisations palestiniennes et internationales ont accusé Israël de chercher à annexer progressivement la Cisjordanie à travers une série de mesures de colonisation, sans déclaration formelle d’annexion. Dans un avis historique rendu en juillet 2024, la Cour internationale de Justice avait jugé illégale l’occupation des territoires palestiniens par Israël et appelé à l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
