Intervenant à l’occasion de la conférence de clôture d’une phase du programme de partenariat entre la BERD, Bank Al-Maghrib et le secteur bancaire consacrée au renforcement des capacités en matière de gestion des risques climatiques, B. Abderrahim a mis en avant les progrès réalisés depuis le lancement du programme en 2022. Le DG de Bank Al-Maghrib a indiqué que ce programme a couvert plusieurs modules liés à la gestion des risques climatiques et de la transition climatique, avec l’appui d’experts internationaux. Selon lui, cette rencontre devait permettre d’échanger sur les résultats obtenus, les avancées enregistrées ainsi que les besoins à couvrir dans les prochaines étapes du partenariat.
Soulignant que la régulation des risques climatiques constitue un élément fondamental de toute stratégie en matière de finance verte, tout en insistant sur l’importance du renforcement des capacités et de la coopération internationale, il a relevé que le contexte actuel demeure marqué par le dérèglement climatique, les tensions géopolitiques et la volatilité réglementaire, appelant les autorités de supervision à veiller à ce que les banques assurent une gestion adéquate des risques liés au changement climatique. Dans ce cadre, il a rappelé que la Banque centrale a mis en place un dispositif réglementaire invitant les banques à intégrer progressivement les risques climatiques dans leurs mécanismes de gouvernance et de gestion des risques. Il a également indiqué que les travaux se poursuivent afin de consolider ce cadre et de l’adapter aux évolutions des pratiques climatiques et à l’expérience acquise.
B. Abderrahim a affirmé que les banques sont aujourd’hui conscientes que l’absence de méthodologies adaptées pour évaluer et traiter les risques climatiques pourrait les exposer à des pertes importantes sur certains actifs sensibles à ces risques. Il a également fait remarquer que l’engagement des banques sur le front climatique ne devrait pas se limiter à la conformité réglementaire. Les établissements financiers sont ainsi appelés à accompagner les entreprises dans la compréhension des risques climatiques et dans l’adaptation de leurs modèles économiques, notamment pour les secteurs les plus exposés. Le responsable de BAM a toutefois relevé plusieurs difficultés, notamment l’absence d’une taxonomie et d’un cadre réglementaire spécifique permettant aux entreprises de communiquer des données fiables sur leurs expositions aux risques climatiques. Pour répondre à ces enjeux, il a indiqué que plusieurs travaux sont en cours avec l’appui des partenaires internationaux. Il a notamment cité l’assistance technique de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement pour renforcer les outils méthodologiques et analytiques liés à la supervision des risques climatiques et au développement de la taxonomie.
Enfin, il a souligné que la stratégie nationale pour le développement de la finance climat à horizon 2030 constitue un cadre de dialogue entre les autorités publiques, les régulateurs et les acteurs du marché pour encourager la transition vers des projets décarbonés et renforcer la cohérence des référentiels climatiques.
