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Extradition de J. Assange aux USA : D. Mijatovic presse Londres de s’abstenir de livrer le fondateur de Wikileaks

La solidarité exprimée à l’endroit de Jullian Assange ne faiblit pas. Ainsi, parallèlement à la lame de fond qui secoue le landernau politico-médiatique, c’est au tour de Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, d’appeler le Royaume-Uni, via une lettre rendue publique le 18 mai, à ne pas extrader le lancer d’alerte. Car danger il y a pour la liberté des médias !

La lettre de D. Mijatović qui s’adresse en particulier à Priti Patel, ministre de l’Intérieur britannique et motivée par l’imminence de la possible décision d’extradition du gouvernement britannique, indique que cela aurait de graves conséquences pour l’avenir des droits de l’hommes, conséquences insuffisamment examinées dans le cadre de la procédure.  «L’accent a été mis jusqu’à présent sur la situation personnelle de M. [Julian] Assange lors de son éventuelle extradition vers les Etats-Unis. Bien qu’il s’agisse d’une question très importante, cela signifie également, à mon avis, que les implications plus larges en matière de droits de l’homme de l’éventuelle extradition de M. Assange, qui vont bien au-delà de son cas individuel, n’ont pas été suffisamment prises en compte jusqu’à présent», peut-on lire dans la lettre.

D. Mijatović a soulevé la question du manque de protection des lanceurs d’alertes aux Etats-Unis au regard de l’inculpation visant l’ancien chef de WikiLeaks qui avait révélé des renseignements classés secrets obtenus par différentes sources. La commissaire a ainsi avancé ses craintes en matière de violation de droits de l’homme, mais aussi des limitations à la liberté de la presse que l’extradition du fondateur de Wikileaks pourrait provoquer à terme. «La nature générale et vague des allégations contre M. [Julian] Assange, et des infractions énumérées dans l’acte d’accusation sont troublantes car nombre d’entre elles concernent des activités au cœur du journalisme d’investigation en Europe et au-delà», a ainsi plaidé D. Mijatović. Selon elle, l’extradition «aurait un effet paralysant sur la liberté des médias, et pourrait en fin de compte empêcher la presse dans l’accomplissement de sa tâche de pourvoyeur d’informations et de veilleur auprès de la population dans les sociétés démocratiques».
La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe avait déjà émis une alerte le 20 février 2022 où elle indiquait sans détours que «l’extradition potentielle de Julian Assange a des répercussions sur les droits de l’homme qui vont bien au-delà de son cas individuel». Alors que J. Assange est toujours emprisonné à Belmarsh, au Royaume-Uni, des dizaines de personnes se sont rassemblées mardi 17 mai devant le ministère de l’Intérieur de Londres pour tenter de faire pression sur P. Patel, secrétaire d’Etat, qui doit annoncer prochainement sa décision concernant l’extradition.

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