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Ethiopiens et Tigréens signent un accord : La paix pour de bon ?

Au lendemain de la signature, en Afrique du Sud, d'un accord de « cessation des hostilités » entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré, la communauté internationale salue, pour reprendre les termes du gouvernement britannique, « le choix de la paix ». Mais tout parait fragile dans cette partie du monde.

Un « accord de paix » inattendu a donc été signé mercredi, à la veille de heures de la commémoration de deux années de guerre meurtrière dans le Tigré. Le défi des anciens belligérants consiste à faire taire les armes. « Ce n’est pas la fin du processus de paix, mais son début », a ainsi déclaré le médiateur de l’Union africaine, le Nigérian Olusegun Obansajo.

C’est aussi ce qu’a rappelé le chef de la délégation tigréenne Getachew Reda. « Seule notre détermination collective empêchera les perturbateurs, y compris dans nos propres rangs, de détruire la paix », a-t-il affirmé, dans un discours prudent, mais saluant tout de même ses « frères d’Addis-Abeba ». « On a toujours eu le sentiment que cette guerre nous avait été imposée. Maintenant que nous sommes ici pour signer un accord, pour au moins, explorer les chances de voir si on peut faire la paix, ce sera un soulagement, non seulement pour le peuple du Tigré mais pour toute la population éthiopienne », a-t-il souligné.

Redwan Hussein, représentant du gouvernement éthiopien, a promis « le respect de la lettre et de l’esprit » de l’accord de paix, tout en demandant du soutien pour reconstruire le pays, étant donné que « le niveau de destruction est massif ». Il a également évoqué, dans une déclaration officielle lue à cette occasion, la nécessité de construire un avenir commun. « Désormais, c’est à nous tous qu’il revient d’honorer cet accord. Nous devons être fidèle à cette lettre et en respecter l’esprit. Le peuple éthiopien attend davantage encore.  Ils demande la paix, l’harmonie et il mérite le développement », a-t-il dit. 

Tous deux, le ministre et le représentant tigréen, ont promis de « mettre le conflit derrière eux ». Avant de signer le texte commun qui, espèrent-ils, doit marquer le début d’une nouvelle époque. Le texte signé mercredi est surtout un cessez-le-feu affirmant que « les armes se taisent » et que la propagande cesse. Précédé d’une « Déclaration commune », il détaille une entente sur la fin de l’option militaire, accompagné d’une feuille de route politique. Il s’agit de la sauvegarde de « la souveraineté et de l’intégrité territoriale » de l’Éthiopie, le respect de sa Constitution et l’unité de son armée nationale. Un « programme de désarmement et de démobilisation » des forces tigréennes est annoncé, en prenant en compte, cela dit, « la situation sécuritaire sur le terrain », dit le texte. Il annonce enfin un accès humanitaire aux populations dans le besoin.

L’affaire est-elle pour autant entendue ? Bien des observateurs en doutent…

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