Ce classement ne fait certainement pas oublier l’autre revers de la médaille. La montée en puissance de cette classe de riches s’accompagne aussi du déclassement collectif de plusieurs millions de Marocains. La pauvreté au Maroc, et elle est de masse, a pris aussi de l’ampleur, comme l’a révélé le nombre de citoyens ayant bénéficié du programme des aides sociales directes (ASD). En effet, tout récemment, l’Agence nationale du soutien social (ANSS) a révélé dans son premier rapport rendu public que 3,9 millions de ménages, dont 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées, ont bénéficié du soutien de l’Etat en 2025. La majorité des bénéficiaires, soit 60%, relèvent du monde rural, révélant le lien entre la carte de la pauvreté multidimensionnelle et la répartition géographique des bénéficiaires. Depuis le lancement du programme en décembre 2023 et jusqu’à fin décembre 2025, les montants versés aux familles totalisent 51 milliards de dirhams. L’enveloppe annuelle du programme représente environ 2% du PIB, un taux au-delà de la moyenne dans les pays en développement (0,5%-1,5%).
Les ménages bénéficiaires se répartissent en cinq groupes : les foyers émergents (1,2 million de familles), les foyers en mue (986 000), les tandems de vie (946 000), les nids désertés (584 000) et les solitaires sans relais (156 000). Dix-huit mois après le lancement du programme, l’ASD représente en moyenne 18% du revenu des familles bénéficiaires. 87% ont fait état d’une baisse de leur anxiété financière. S’agissant des attentes, 40% souhaitent bénéficier d’un accompagnement vers l’insertion professionnelle. 77% veulent assurer à leurs enfants un niveau d’éducation supérieur.

