Le Polisario renoue avec ses derniers alliés africains. Mohamed Yeslem Beissat, chef de la diplomatie des séparatistes, s’est rendu au Lesotho où il a été accueilli lundi 6 juillet par Sam Matekane, Premier ministre. À Maseru, il portait un message de Brahim Ghali au chef du gouvernement du Lesotho. Cette visite a permis de réaffirmer le soutien du royaume sous influence sud-africaine aux positions du Front, notamment en faveur de « l’indépendance du Sahara occidental » et d’un « référendum d’autodétermination ».
Ce déplacement au Lesotho s’inscrit dans une tournée entamée récemment dans les pays de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe). La semaine dernière, le globe trotter séparatiste s’est déjà rendu en Angola, en Namibie et au Botswana, apportant des messages écrits de B. Ghali à leurs dirigeants. Cependant, l’accueil réservé au responsable sahraoui n’a pas toujours été à la hauteur des attentes du Polisario. À Luanda, il n’a été reçu que par la secrétaire d’État angolaise aux Affaires étrangères. Le choix de ces pays n’est pas anodin. Le Lesotho, le Botswana, la Namibie et, dans une moindre mesure, l’Angola figurent parmi les derniers États africains qui continuent de soutenir le Polisario.
Parallèlement à cette tournée en Afrique australe, B. Ghali a dépêché lundi Mohamed Salem Ould Salek, son conseiller diplomatique, au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Celui-ci devait remettre un message au Somalien Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, sur les derniers développements du dossier du Sahara occidental.
Cette offensive diplomatique intervient dans un contexte des plus délicats pour le Front, qui perd des bastions en Amérique du Sud. Au Honduras, le nouveau président Nasry Asfura, proche de Donald Trump, a suspendu en avril la reconnaissance de la « république sahraouie » par son pays. Scénario qui pourrait se reproduire à l’identique avec l’investiture de l’avocat Abelardo de la Espriella à la présidence de la Colombie. Par ailleurs, la nouvelle présidente élue du Pérou, Keiko Fujimori, ne devrait guère être favorable au Polisario. Pour rappel, elle avait exprimé son soutien à la marocanité du Sahara occidental lors d’une visite à Dakhla et Laâyoune en avril 2025.
Ces revers diplomatiques en Amérique du Sud se sont ajoutés à un coup porté à la légitimité du Polisario comme « seul représentant du peuple sahraoui ». Mike Waltz, représentant des États-Unis auprès des Nations unies s’est réuni, à Washington, avec une délégation du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), marquant une évolution notable dans les contacts américains avec les acteurs sahraouis. Cette dynamique internationale de reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a été enclenchée le 10 décembre 2020 par Donald Trump. Le MSP pourrait de la sorte espérer engranger des gains politiques après sa récente réunion avec M. Waltz.

