Les autorités israéliennes continuent d’empêcher les musulmans d’accomplir la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, pour la quatrième semaine consécutive, maintenant le site fermé depuis fin février dans le cadre de mesures d’urgence liées à la guerre avec l’Iran. La police israélienne a maintenu les portes de la mosquée fermées et déployé des forces dans la vieille ville de Jérusalem afin d’empêcher les fidèles d’accéder à l’esplanade.
Les autorités ont fermé le site au début du conflit, invoquant des directives du Commandement du front intérieur interdisant les grands rassemblements. Depuis lors, l’accès à la mosquée est limité aux gardiens et aux membres du Waqf islamique, chargé de la gestion du site.
Les autorités israéliennes ont également fermé l’église du Saint-Sépulcre, l’un des lieux les plus sacrés du christianisme. Des témoins ont indiqué à Anadolu que la police avait empêché les Palestiniens de prier dans les rues proches des remparts de la vieille ville, notamment sur la rue Salah al-Din.
Des appels avaient circulé à Jérusalem invitant les fidèles à prier au plus près de la mosquée Al-Aqsa en raison de sa fermeture prolongée. Les Palestiniens ont toutefois prié dans des mosquées de quartier à travers la ville.
Plus tôt mercredi, le gouvernement israélien a prolongé l’état d’urgence jusqu’à la mi-avril, sans préciser si la mosquée restera fermée jusqu’à cette date.
Israël a fermé la mosquée Al-Aqsa après le début de la guerre avec l’Iran le 28 février, invoquant des raisons de sécurité, tandis que Téhéran a lancé des attaques de missiles et de drones en représailles visant Israël ainsi que ce qu’il qualifie d’intérêts américains dans la région. Les autorités ont également empêché la tenue de la prière de l’Aïd al-Fitr sur le site cette année, une première depuis l’occupation de Jérusalem-Est par Israël en 1967.
Malgré les condamnations de pays arabes et musulmans, les autorités israéliennes refusent de rouvrir la mosquée. Des fidèles à Jérusalem-Est estiment que cette fermeture injustifiée est motivée par des considérations politiques.
Par ailleurs, une l’enquête du journal britannique The Guardian fait savoir que plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée depuis 2020, et aucun auteur, colon ou soldat israélien, n’a été poursuivi. À l’ombre de la guerre régionale, des attaques visant des villages palestiniens se produisent quotidiennement.
Dans les environs de Naplouse, au nord de la Cisjordanie occupée, une tente a été installée au petit matin par des colons près du village de Beyt Imrin. « Là, tu peux voir la tente, tu peux voir le drapeau israélien entre les deux arbres », décrit Bassam, journaliste palestinien, en montrant son propre terrain, situé à proximité immédiate et désormais inaccessible. « Je suis inquiet, bien sûr, c’est ma terre, c’est ma maison », confie-t-il. À une centaine de mètres de cet avant-poste, un groupe de Palestiniens est arrêté. Munis de bâtons, ils ont affronté des colons quelques minutes plus tôt. « Ce n’est pas la première fois qu’ils nous attaquent. Ils ont pris nos moutons, nos tracteurs. Ils n’ont rien laissé… On ne peut plus dormir, nous restons éveillés 24 heures sur 24. Ils nous attaquent avec des bâtons », témoigne Tarek.
Malgré la présence de certains colons armés de fusils d’assaut, plusieurs habitants se disent prêts à retourner sur place pour récupérer leurs terres. « Les colons sont juste là, installés sur nos terres ! L’armée est venue. Je leur ai demandé : »Expulsez-les de nos terres. » Ils m’ont répondu : »Non, ils restent » », rapporte un habitant. Un autre ajoute : « On est en train de se rassembler pour y retourner et faire quelque chose, car personne d’autre n’agit. »
L’armée israélienne affirme être au courant de l’installation de cet avant-poste et promet de procéder à son évacuation. Aucun délai n’a toutefois été fixé.
