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Couverture sanitaire : Lorsque la quantité le dispute à la qualité…

L’Agence nationale d’assurance maladie a indiqué que le taux de couverture sanitaire de la population est passé de 16% en 2005 à 70,2% en 2020. Sauf qu’il y a couverture et couverture. Et sur ce chapitre-là, motus et bouche cousue !

A l’occasion de la journée mondiale de la couverture sanitaire, célébrée dimanche, sous le slogan de l’Organisation mondiale de la santé « Ne laisser la santé de personne de côté : investir dans les systèmes de santé pour tous », l’ANAM a produit un communiqué dans lequel elle assure que le Royaume comprend un total de 25,2 millions de bénéficiaires de tous les systèmes de santé. Il en va ainsi de plus de 11,17 millions de bénéficiaires de l’assurance maladie de base obligatoire (AMO) et 11 millions de bénéficiaires du système d’assistance médicale.
L’objectif reste d’atteindre 100% de la population marocaine, notamment à travers l’inclusion des travailleurs indépendants, qui constituent 11 millions de bénéficiaires, ainsi que l’inclusion des bénéficiaires actuels du système d’assistance médicale, représentant 11 millions de bénéficiaires, dans le régime obligatoire de base. système d’assurance maladie (un total de 22 millions de citoyens), d’ici la fin de 2022.
Tous ces objectifs ainsi tracés restent bons à prendre. Sauf que l’on ne fait pas grand cas des problèmes liés à la couverture elle-même, les bénéficiaires devant se plier en quatre pour jouir de leurs droits… S’ils ne sont pas purement et simplement abandonnés en cours de chemin. A cela s’ajoute, cela va sans dire, la nature des infrastructures sanitaires qui, dans leur globalité, laissent à désirer, privé compris.
Selon la même agence, le nombre de médicaments indemnisés au titre du régime de base de l’assurance maladie obligatoire est passé de 1 000 médicaments en 2006 à 4 850 médicaments en 2020, dont 3 015 médicaments génériques (65 %). A cela s’ajoute le nombre de numéros indicatifs nationaux attribués aux professionnels de santé et aux établissements médicaux des secteurs public et privé, qui est passé de 5 324 en 2007 à 50 000 numéros indicatifs aujourd’hui.
Le nombre de plaintes traitées par l’agence, dans le cadre de sa mission liée à l’arbitrage entre différents acteurs du système, est passé de 328 plaintes en 2011 à 10 255 plaintes à ce jour.
L’agence a également indiqué que 3,2 % des assurés, régime AMO, ont au moins une maladie de longue durée représentant 51,8 % des dépenses totales. En outre, 71,6 % des dépenses liées aux maladies à long terme sont liées à l’insuffisance rénale chronique et terminale (26,7 %), aux tumeurs malignes (23,7 %), au diabète insulinodépendant et non insulinodépendant (10,7 %) et à l’hypertension (10,5 %).
La même autorité a confirmé que le système souffre encore de certaines contraintes liées notamment à la multiplicité des systèmes, et aux différences entre les standards de ces systèmes (panier de traitement, tarif d’abonnement…). Cela sans oublier l’importance des dépenses engagées par les assurés, qui s’élèvent à 31,5% dans les Bouts et 37,6% dans la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, et le manque de financement du système de santé.

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