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Aide humanitaire à l’Afrique : Le Maroc dénonce des « détournements inacceptables »

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Le Maroc, coordonnateur du Groupe Africain (Liste A) auprès du Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial (PAM), a pointé es qualités les détournements des fonds humanitaires en Afrique alors que « les financements se font de plus en plus rares ». C’était lundi à Rome.
Le Maroc dénonce des « détournements inacceptables »

« La liste A prend très au sérieux la problématique des détournements humanitaires qui s’avèrent inacceptables à un moment où les financements se font de plus en plus rares et les crises ne cessent de se multiplier », a affirmé Youssef Balla, ambassadeur marocain auprès des organisations onusiennes à Rome, lors de la session annuelle du Conseil d’administration du PAM, en réunion du 26 au 30 juin. « Il est inadmissible que la générosité des donateurs pour sauver des vies soit détournée et exploitée à d’autres fins, notamment par les milices armées et les partenaires coopérants », a-t-il souligné. Plus de 60% des fraudes et des détournements sont commis par des partenaires coopérants, a signalé le diplomate tout en appelant à revoir les accords sur le terrain avec ces partenaires et s’assurer de la fiabilité de leur personnel et leur impartialité et efficacité sur le terrain.

Y. Balla a souligné que l’aide alimentaire devra être pérennisée, notamment via les activités de renforcement de la résilience, y compris dans les interventions d’urgence, mais surtout dans les crises structurelles et prolongées pour couper court avec la dépendance vis-à-vis des aides alimentaires. « Nous considérons que le PAM a atteint la maturité et l’expérience requises pour prévenir les crises alimentaires d’origines diverses et développer des politiques basées plutôt sur la prévention que la réaction, et sur l’investissement plutôt que les dépenses », a-t-il poursuivi.

Pour ce faire, les membres de la Liste A insistent sur quatre points, a fait savoir l’ambassadeur, relevant la nécessité de renforcer le mode de gouvernance du PAM en matière de transparence et de réédition des comptes et d’impliquer fortement les pays récipiendaires, afin de mieux connaitre leurs besoins et priorités. D’après lui, l’examen actuel de la gouvernance de l’organisation onusienne « tombe à point nommé. » Partant, il a souhaité la mise en place d’un « cadre de gouvernance renouvelé prenant en considération les moyens de tous les membres, afin de les aider à participer activement à la gouvernance de l’organisation », appelant à la consolidation de l’élan du PAM dans le système onusien en tant que pionnier dans l’innovation et la transformation digitale et de sa capacité inégalée à atteindre les régions les plus reculées pour servir les démunis et les sinistrés.

Le diplomate marocain a, par ailleurs, souligné la nécessité d’éviter toute politisation de l’action de l’Organisation, invitant le PAM, au nom de la Liste A, à se concentrer sur les crises structurelles.

S’adressant à la Reine Máxima Zorreguieta des Pays-Bas, invitée d’honneur de la session annuelle, le diplomate marocain a mis en avant l’importance cruciale de la sécurité alimentaire alors que le « besoin de s’adapter aux ressources limitées se fait de plus en plus pressant ». Plusieurs défis entravent le développement des petits exploitants africains et affaiblissent leur résilience, a-t-il fait observer, notant que ces agriculteurs sont responsables de 80% de la production alimentaire du continent, permettant ainsi à près de 1,5 milliards de personnes de subvenir à leurs besoins alimentaires.

En tant que moteur de développement et garant de la paix et de la stabilité, l’accès à un financement inclusif et équitable est devenu indispensable pour le développement social et économique de l’Afrique, a-t-il relevé, appelant à des solutions innovantes, adoptées dans le cadre d’une approche coordonnée, intégrée et multidimensionnelle, à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Y. Balla, a insisté sur les approches inclusives, centrées sur l’humain, lesquelles sont essentielles pour soutenir la santé financière et le développement ultérieur de services financiers numériques abordables et sécurisés, en particulier pour les groupes défavorisés tels que les petits agriculteurs et les femmes.

« Nous vous exhortons, Majesté, de continuer votre plaidoyer pour les catégories défavorisées, notamment en faveur de la femme africaine, afin que nous puissions revaloriser son statut et son rôle, mais aussi encourager les petites et moyennes entreprises dirigées par elle, afin de garantir leur émancipation et leur développement », a-t-il dit, ajoutant que « la femme est un vecteur principal de développement dans le continent africain, que ce soit pour le présent ou pour le futur ».

Élu pour la troisième année consécutive, le Maroc s’est engagé à faire valoir les intérêts et les préoccupations continentales, au sein du Bureau et du Conseil d’Administration, dans le but de renforcer le développement du continent, minimiser la dépendance et promouvoir une dynamique économique locale positive. Le Maroc avait été élu au Conseil d’Administration du PAM en décembre 2020 pour une période de trois ans.

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