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Violation des droits de travailleurs : La CSI accable le Maroc

by Perspectives Med
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Violation des droits de travailleurs : La CSI accable le Maroc

Présenté comme l’étude annuelle mondiale la plus complète sur les atteintes aux droits des travailleurs, le classement de 2026 met en évidence les pressions croissantes qui pèsent sur le mouvement syndical, dans un contexte où plusieurs gouvernements et entreprises sont taxés de mener des politiques jugées régressives. L’indice répartit les pays en six catégories. La première correspond au plus haut niveau de respect des droits des travailleurs, tandis que les suivantes reflètent une dégradation

Dans cette configuration, le rapport signale qu’au Maroc la loi encadrant le droit de grève est entrée en vigueur en septembre 2025. Selon la CSI, les syndicats considèrent que ce texte limite l’exercice en imposant des conditions jugées excessives, vu la complexité des procédures de notification, la possibilité de sanctions contre les initiateurs et les participants aux grèves. Le rapport souligne également que le gouvernement aurait élaboré cette loi « de manière unilatérale, sans véritables consultations ni dialogue social effectif avec les partenaires sociaux, selon les organisations syndicales ».

L’indice insiste sur le fait que des exigences procédurales trop lourdes et des périodes obligatoires de conciliation avant le recours à la grève peuvent affaiblir l’impact des mouvements sociaux. Dans le secteur public, les travailleurs seraient également confrontés à de longs retards dans les négociations collectives, à des règles strictes en matière de représentativité syndicale, ainsi qu’à des démarches remettant en cause certains accords déjà conclus. « Au Maroc, 97% des travailleurs ne sont pas couverts par des conventions collectives, car les syndicats doivent atteindre un seuil de représentativité de 35%», lit-on dans le rapport. Le rapport ajoute que certaines catégories d’agents du secteur public sont privées du droit à la liberté d’association et d’adhésion syndicale, « en vertu de la loi dans plusieurs pays, dont le Japon, le Maroc, le Mozambique, le Rwanda, les Bahamas et la Turquie» .

À l’échelle mondiale, l’organisation relève parmi les constats les plus préoccupants une hausse de 5% des violations de la liberté d’expression et de rassemblement au cours de l’année écoulée. Les attaques violentes contre les travailleurs ont augmenté de 6%, tandis que les atteintes aux libertés civiles ont grimpé de 3%.

Les cas d’arrestation et de détention de travailleurs et de leurs représentants sont également en forte hausse. Pour la CSI, cette détérioration généralisée montre que la persécution des dirigeants syndicaux tend à devenir récurrente dans un nombre croissant de pays.

Le rapport note enfin que les technologies modernes sont de plus en plus utilisées comme outils de surveillance et de contrôle, permettant de suivre, sanctionner et réduire au silence les travailleurs. Dans le même temps, les gouvernements seraient de moins en moins nombreux à consulter les syndicats de bonne foi, avant de modifier ou d’adopter des lois relatives au travail, indique encore le rapport.

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