Citant des sources au sein de l’armée et de l’appareil sécuritaire israélien, le journal indique que les objectifs de guerre fixés par B. Netanyahu sont inatteignables pour n’importe quelle armée au monde. Dans ce contexte, l’appareil sécuritaire a fait valoir que, si l’armée est en mesure d’affaiblir le régime iranien, elle est totalement incapable de le renverser, rapporte le journal. De son côté, la chaîne i24 News a rapporté, en citant de hauts responsables de l’armée israélienne, qu’il n’existe « aucune raison d’attaquer l’Iran avant les élections ».
Par ailleurs, des sources au sein de l’appareil sécuritaire israélien ont affirmé que, bien que l’armée dispose de la capacité de retarder le programme nucléaire iranien pour une certaine durée, elle n’est pas en mesure de l’empêcher de manière totale et définitive.
Plus tôt, le Maariv avait critiqué la présentation, par B. Netanyahu, de 10 points constituant la « doctrine de sécurité d’Israël », soulignant ainsi le fossé qui sépare ses déclarations de la réalité. Dans ses 10 points, Netanyahu a énuméré les éléments suivants : « empêcher l’acquisition d’armes nucléaires, la dissuasion, l’alerte, l’initiative, la manœuvre, la pensée critique, la défense, les alliances, la technologie et l’autonomie dans le renforcement des capacités, la bataille des consciences, la victoire, et l’esprit du peuple ». Le journal a qualifié ces déclarations de « vides de contenu », affirmant qu’elles « ne proposent aucun plan concret pour assurer la sécurité ». Le quotidien a ajouté, avec ironie, que si B. Netanyahu avait soumis ce document dans le cadre d’un travail universitaire, il aurait été renvoyé devant un conseil de discipline, les autorités académiques soupçonnant un recours à l’intelligence artificielle pour le rédiger.
Ces propos interviennent alors que l’armée de l’occupation israélienne se trouve à cinq jours des élections à la Knesset, prévues pour la semaine prochaine.
A signaler aussi que B. Netanyahu avait intensifié jeudi ses efforts pour convaincre de petits partis de droite de se retirer de la course électorale, de peur qu’ils ne lui soutirent des voix lors des législatives de mardi, qui s’annoncent serrées. Alors que les sondages donnent le bloc de B. Netanyahu au coude-à-coude avec celui de son principal rival Gadi Eisenkot, le nouveau parti d’extrême droite Amha Israël (Ton peuple Israël) est particulièrement dans le viseur du Premier ministre sortant.
Jeudi, B. Netanyahu a publié sur X une image de son fondateur Ofer Winter, un ancien général de l’armée, brûlant en souriant des bulletins de vote. La légende avertit que voter pour des partis en-dessous du seuil électoral conduirait à la victoire de l’opposition. Amha Israël est actuellement crédité de 3,25% des voix, soit le seuil nécessaire pour entrer au Parlement.
B.Netanyahu et un de ses alliés d’extrême droite, Bezalel Smotrich, ministre ultranationaliste des Finances, accusent depuis plusieurs jours O. Winter de compromettre les chances de leur bloc et tentent de le convaincre de renoncer à sa candidature. Les deux hommes ont rencontré mardi le mentor spirituel de l’ancien général, le rabbin Eli Sadan. Et le ministre des Finances a promis publiquement mercredi un poste ministériel à O. Winter, en cas de victoire de la coalition sortante, s’il acceptait de se retirer de la course.
Le fondateur d’Amha Israël n’a pas donné suite, tout en assurant qu’il ne soutiendrait pas G. Eisenkot. Il s’était initialement engagé à soutenir une future coalition dirigée par B. Netanyahu, à condition qu’elle fasse avancer la conscription pour tous les citoyens, pour laquelle il milite. La question est devenue de plus en plus polémique alors que l’armée réclame davantage de soldats et que les juifs ultra-orthodoxes continuent de bénéficier d’exemptions du service militaire, avec le soutien du Premier ministre. Selon des médias israéliens, ce dernier a également cherché à obtenir le retrait de Moti Leitner, fondateur d’un nouveau parti ultra-orthodoxe contestant la domination des deux factions ultra-orthodoxes alliées au Premier ministre. À l’issue d’une rencontre mardi, M. Leitner a refusé de se retirer. De son côté, Benny Gantz, à la tête du petit parti Bleu blanc, est sorti de la course lundi, voué par les sondages à ne pas atteindre le seuil nécessaire.

