À Cheremetievo, une alerte aérienne a été déclenchée. Le personnel a conduit des voyageurs vers les abris, y compris ceux qui attendaient à bord d’avions. Aeroflot a annulé des départs et dérouté des vols. Plus de vingt avions ont atterri dans d’autres villes. Les autorités ont ensuite levé les restrictions dans les quatre aéroports. L’alerte à Cheremetievo a pris fin, mais des retards ont persisté. Aucun impact sur les installations n’a été signalé : c’est le trafic civil qui a été interrompu.
Le maire Sergueï Sobianine a annoncé que plus de 25 appareils ont été détruits près de la capitale. La veille, dans la nuit du 21 au 22 octobre, 630 drones ukrainiens se dirigeaient vers la région moscovite, a annoncé le maire de Moscou. La défense aérienne en a détruit la plupart à distance et intercepté 163 autres aux abords de la capitale. Deux personnes ont été blessées près de Voronovo, au sud-ouest de Moscou. Au cours de cette même nuit, les forces russes ont abattu 808 drones ukrainiens à travers le pays. Dans la nuit du 22 au 23 octobre, elles en ont détruit 443 au-dessus de 22 régions ainsi que des mers Noire et d’Azov, a annoncé le ministère russe de la Défense. Parmi ces appareils, 155 se dirigeaient vers Moscou et sa région. Les interceptions se sont poursuivies dans l’après-midi.
Le 1er septembre, Volodymyr Zelensky s’était adressé aux compagnies aériennes et aux assureurs utilisant les aéroports russes. Il avait averti : « Aujourd’hui, nous voulons mettre en garde toutes les compagnies aériennes qui utilisent l’espace aérien russe, tous les assureurs, ainsi que tous ceux qui continuent d’utiliser les principaux aéroports russes : le ciel russe devient totalement dangereux. » Interrogé le même jour à Bichkek, le président russe Vladimir Poutine avait répondu : « Je n’ai pas entendu de déclarations pareilles, mais si elles sont prononcées à voix haute, cela constitue tout simplement une incitation au terrorisme d’État. » Poutine avait averti que la Russie riposterait si un avion civil était touché.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Russie a lancé 170 drones suicide sur l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne s’est dite « profondément alarmée par une nouvelle escalade russe en mer Noire », après l’attaque au drone subie par un cargo au large du port roumain de Constanta. Cette attaque, dont la responsabilité a déjà été imputée à la Russie par la Roumanie, a provoqué le naufrage du navire, causant la mort d’un marin et la disparition de trois autres. Sur X, Ursula von der Leyen, a dénoncé « des attaques irresponsables », précisant que ce navire civil transportait un équipage ukrainien et azerbaïdjanais.
A signaler aussi que la Russie et l’Ukraine ont procédé vendredi à un nouvel échange de prisonniers de guerre. Le ministère russe de la Défense a indiqué que « 270 militaires russes ont été rapatriés depuis le territoire contrôlé par le régime de Kiev ». « En échange, 270 prisonniers de guerre des forces armées ukrainiennes ont été remis », a-t-il ajouté sur la messagerie Max. Le président ukrainien a confirmé cet échange, précisant que Kiev avait récupéré des membres de la Garde nationale, des gardes-frontières, de l’armée, de la marine, et neuf civils. « La plupart d’entre eux étaient retenus captifs depuis 2022 », a-t-il affirmé sur Telegram, précisant que cinq personnes revenues en Ukraine ce vendredi étaient « présumées mortes. »
Cessez-le-feu à Olechky
La Première dame des États-Unis a dit vendredi avoir obtenu un cessez-le-feu dans la ville ukrainienne d’Olechky, occupée par les forces russes et qui manque de vivres et de médicaments. « Olechky est une ville sur la ligne de front, au bord du désastre […]. Il est clair que, sans mon intervention, il aurait été impossible d’acheminer de l’aide humanitaire », dans cette localité, a déclaré Mélania Trump dans un communiqué de la Maison Blanche.
Le cessez-le-feu dans la ville située près du fleuve Dniepr, qui forme la ligne de front entre troupes ukrainiennes et russes, doit entrer en vigueur le 29 octobre. Ni Moscou ni Kiev n’ont confirmé cette annonce dans l’immédiat. Les habitants sont confrontés à une pénurie en denrée alimentaire et en médicaments, selon d’anciens résidents interrogés par l’AFP début octobre. Si la Russie, comme l’Ukraine, reconnaissent la crise humanitaire sur place, ils se rejettent la responsabilité de la situation, s’accusant mutuellement d’entraver les livraisons de vivres et les évacuations.
Le principal négociateur ukrainien, David Arakhamia, a confirmé sur Telegram qu’un cessez-le-feu serait bientôt mis en place à Oleshky. Le chef de l’état-major de l’armée russe, le général Valéri Guerassimov, a annoncé que ses troupes observeraient une trêve localisée à partir du mardi 27 octobre afin de permettre des opérations humanitaires dans la ville ukrainienne qui se trouve sous son contrôle dans la région de Kherson.
Olechky, située dans la région méridionale du Kherson, a été prise par les troupes russes en 2022, au début de l’invasion. La ville a été lourdement touchée par la destruction en 2023 du barrage de Kakhovka, qui a provoqué de graves inondations le long du Dniepr. Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’en être responsables. Sa population est passée d’environ 24 000 habitants à quelque 2 000 aujourd’hui. « Les résidents qui souhaitent évacuer bénéficieront d’une assistance coordonnée ainsi que d’un moyen de transport vers la destination de leur choix », précise M. Trump. Un « média américain impartial », qui n’est pas nommé dans le communiqué, « suivra et documentera le travail des équipes russes et ukrainiennes ».
En octobre 2025, M. Trump avait créé la surprise en annonçant avoir établi un « canal de communication » avec le président russe sur les enfants ukrainiens enlevés par les forces russes, et avait déclaré avoir obtenu la libération d’un petit groupe de jeunes.
L’annonce de ce cessez-le-feu localisé survient alors que le président américain a intensifié ses efforts pour mettre fin à la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine, notamment en se rapprochant à nouveau de Vladimir Poutine et en prenant ses distances avec le président ukrainien V. Zelensky. Le président américain a annoncé début octobre un accord entre Washington et Moscou pour la livraison de diesel russe au marché américain, levant ainsi des sanctions contre la Russie et s’attirant de vives critiques de Kiev et ses alliés. Une mesure perçue entre autres comme un moyen d’essayer de faire baisser les prix du carburant pour les consommateurs américains avant les élections de mi-mandat, le 3 novembre, qui s’annoncent difficiles pour le parti républicain de Donald Trump.

