Lors d’une allocution depuis cette localité, Nawaf Salam a déclaré que l’objectif principal a toujours été « le retrait israélien complet de l’ensemble de nos territoires », soulignant que le gouvernement est « déterminé et inébranlable, et continuera à mobiliser tous ses efforts politiques et diplomatiques afin de garantir le retrait total de l’intégralité du territoire libanais ».
S’adressant aux habitants du Sud, il a affirmé que l’État a commencé à mobiliser toutes ses capacités pour accompagner leur retour, précisant que l’armée libanaise et les forces de sécurité sont présentes pour protéger les citoyens. En parallèle de la finalisation du déploiement de l’armée, les travaux de déblaiement des routes, d’enlèvement des décombres et de fourniture des services essentiels se poursuivront afin d’assurer un retour sécurisé et digne dans les villages et localités. Il a ajouté que les travaux ont également commencé pour rétablir les services d’eau, d’électricité et de télécommunications, ainsi que pour fournir des logements préfabriqués et tout le nécessaire pour la phase de transition, soulignant que « le retour à la vie dans le Sud n’est pas un simple slogan, mais un objectif national auquel l’État s’engage, et le retour des habitants sur leur terre est l’expression la plus sincère de l’unité et de la souveraineté du Liban».
Sur le terrain, des unités de l’armée libanaise avaient essuyé la veille des tirs israéliens lors de leur déploiement à Zawtar al-Gharbiya, dans le cadre de la mise en œuvre de la première phase de l’accord-cadre relatif au Liban-Sud, signé à Washington le 26 juin dernier, et qui englobe les « zones pilotes » de Zawtar al-Gharbiya, Froun et Srifa. Par la suite, le commandement de l’armée a confirmé que les unités militaires « ont effectué leur déploiement à l’intérieur du village de Zawtar El Gharbiyeh après avoir procédé aux contacts et à la coordination nécessaires avec le Groupe de coordination militaire pour le Liban (MCG4L), et ne sont pas entrées dans le village de Zawtar al-Charkiya ». Cette mise au point intervient suite aux allégations de l’armée de l’ennemi israélien prétendant avoir repéré une force de l’armée libanaise dans ce qu’elle nomme la « zone de sécurité », franchissant des barrages à Zawtar al-Charkiya « en violation des ententes ».
Dans ce même contexte, l’Agence Nationale d’Information a rapporté que les forces d’occupation ont mené durant la nuit des opérations de dynamitage dans les localités de Baraachit et Haddatha, au Liban-Sud.
Ce que N. Salam salue comme un « acquis » intervient dans le sillage de la rencontre au sommet à Washington entre le président de la République Joseph Aoun et le président américain Donald Trump. Si Beyrouth s’efforçait de présenter cette visite comme une occasion d’ouvrir une nouvelle voie pour régler le dossier du Sud et inciter Israël à honorer ses engagements, la réalité du terrain s’avère tout autre. Dès lors, Washington veut-elle réellement contraindre Israël à un quelconque changement de comportement ? La réponse provient de l’escalade israélienne qui a précédé le sommet et s’est poursuivie en même temps a clairement montré que Tel-Aviv ne se soucie guère des résultats de la diplomatie. La chaîne israélienne Kan a apporté la réponse en soulignant que « le président américain, lors de sa rencontre avec le président libanais, s’est montré très favorable aux demandes du Liban, mais n’a souscrit aucun engagement sur quoi que ce soit » !
L’annonce par le président américain de la disposition de son pays à aider le Liban s’est de nouveau accompagnée d’un lien conditionnel entre cette aide, l’avenir des armes du Hezbollah et la capacité de l’État à détenir le monopole des armes. De plus, ses propos sur la possibilité d’un dialogue avec le Hezbollah si le président libanais en faisait la demande, ainsi que son allusion à un rôle potentiel de la Syrie dans la gestion de ce dossier, ont reflété la persistance de l’approche de Washington considérant le Liban comme un élément d’un réseau d’équilibres régionaux, et non comme un dossier autonome en soi. D’ailleurs, nombre de commentateurs libanais n’ont pas manqué de relever que face à la demande de retrait israélien, D. Trump a privilégié, lui, de parler de redéploiement. Et la nuance est grande à ce sujet.
Plus, D. Trump a tout aussi fait état des « accords d’Abraham » ce qui conduit à dire que Washington considère la crise libanaise comme une composante d’un projet régional plus vaste, ce qui pourrait permettre à Israël de lier l’exécution de ses obligations militaires et souveraines à l’obtention de gains politiques supplémentaires, fragilisant ainsi la position négociatrice du Liban au lieu de la renforcer. En somme, il est difficile de considérer le sommet de Washington comme un tournant majeur du simple fait de sa tenue ou en raison du climat de courtoisie qui l’a accompagné.
En attendant, l’Italie accueillera le 4 août une nouvelle session de pourparlers entre le Liban et Israël, a annoncé mercredi Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères. « Le 4 août, nous tiendrons une nouvelle session de dialogue », a-t-il déclaré devant la Chambre des députés. Il s’agira de la deuxième rencontre organisée en Italie en moins d’un mois, après les discussions tenues mi-juillet à Rome sous médiation américaine.
Selon le chef de la diplomatie italienne, ce premier cycle a permis « des avancées importantes dans la définition des premières zones pilotes ». Ces zones doivent permettre le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du Liban, le désarmement des groupes armés et le retrait progressif des forces israéliennes, dans le cadre d’un accord conclu le 26 juin sous l’égide des États-Unis. Le Liban réclame le retrait des troupes israéliennes de son territoire, tandis qu’Israël conditionne son départ au désarmement du Hezbollah. Une question qui divise les Libanais en dépit des assurances avancées par le pouvoir à Beyrouth.

