Dans une tribune signée Andrea Tornielli, directeur éditorial du Dicastère pour la Communication du Vatican, cette réponse visait à réfuter l’argument avancé par Brian Burch, ambassadeur des États-Unis près le Saint-Siège. Ce dernier avait cherché à présenter les critiques du Pape concernant la guerre en Iran comme émanant du « dirigeant politique du petit État de la Cité du Vatican » plutôt que du chef spirituel des catholiques, arguant que les critiques du Pape devaient être interprétées d’un point de vue politique et non religieux. Selon B. Burch, lors d’une interview, le pape, lorsqu’il agit en tant que souverain du Saint-Siège, est placé au même rang que les dirigeants du monde.
À l’inverse, l’article de A. Tornelli, publié sur la plateforme officielle Vatican News, soutient que l’affirmation selon laquelle le pape s’exprimerait en tant que dirigeant politique plutôt qu’en tant que chef de l’Église est trompeuse. Il affirme que toute exagération du rôle du pape comme chef d’État se fait au détriment de sa mission de pasteur du monde, soulignant que le successeur de Pierre demeure avant tout un chef spirituel, même lorsqu’il aborde des sujets tels que la guerre, la paix, les migrations et l’intelligence artificielle.
Ce débat diplomatique s’inscrit dans une série de prises de position publiques du pape Léon XIV contre la guerre. Lors de l’ouverture du conclave des cardinaux au Vatican, il a appelé à résoudre les conflits en êtres humains et non en bêtes, déclarant que la guerre est indigne de l’humanité et n’est pas bénie par Dieu. Dans son allocution, le pape a également exprimé son regret face aux tensions et conflits internationaux qui nuisent à l’humanité, réitérant sa condamnation constante de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et son rejet des justifications religieuses de ce conflit. Lors d’une précédente visite en Espagne, il avait souligné qu’une telle campagne militaire ne répondait pas aux critères de l’Église en matière de guerre juste.
Par ailleurs, le pape Léon XIV avait déjà critiqué les dirigeants mondiaux qui privilégient les guerres à l’aide humanitaire, affirmant que cela « témoigne d’une erreur fondamentale dans leurs priorités politiques et morales ».

