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La guerre reprend de plus belle entre Washington et Téhéran : D. Trump cherche à rançonner les monarchies du Golfe

by Perspectives Med
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La guerre reprend de plus belle entre Washington et Téhéran : D. Trump cherche à rançonner les monarchies du Golfe

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu’un accord avec Téhéran est encore « possible ». Pendant une mission de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée. Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse iranienne Irna. Parmi les objectifs ciblés figurent « des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes », selon le Centcom. Quatre sites de la ville de Bouchehr, dans le sud-ouest de l’Iran, qui abrite d’importantes installations nucléaires, ont été frappés mardi après-midi par des projectiles américains, selon un responsable provincial iranien.

Ehsan Jahanian, vice-gouverneur de Bouchehr chargé des affaires politiques et de la sécurité, a déclaré à l’agence de presse officielle IRNA que les attaques avaient visé plusieurs secteurs distincts de la ville. « Quatre sites de la ville de Bouchehr ont été frappés cet après-midi par des projectiles hostiles », a déclaré Jahanian. Il a ajouté qu’aucune victime n’avait été signalée. Les habitants de Bouchehr et de la localité voisine de Choghadak ont entendu plusieurs explosions, selon l’agence semi-officielle Fars News Agency. La télévision d’État iranienne IRIB a également indiqué que cinq explosions avaient été entendues à l’ouest de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran. Selon Fars news, trois civils ont été tués lors d’une attaque américaine visant la province de Hormozgan tôt mardi matin.

« Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain », avait déclaré lundi D. Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens « ne peuvent absolument rien faire contre » ces frappes. L’armée américaine a confirmé dans un communiqué que plus de 50 000 soldats américains sont actuellement déployés au Moyen-Orient.

Riposte iranienne

Comme la veille, les forces armées iraniennes ont riposté à l’agression. Le Corps des Gardiens de la Révolution iraniens (CGRI) a, revendiqué une opération à Bahreïn sur la base américaine de Juffair. Il a précisé avoir pris pour cible des dépôts de soutien en armement, un centre de communications par satellite et un bâtiment résidentiel pour les forces américaines sur cette base, confirmant la destruction de ces cibles.

Le CGRI a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie « des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne », dans un communiqué cité par l’agence Tasnim. S’adressant au peuple jordanien, il a dit dans sa déclaration numéro 9 : « Vous savez très bien que nous n’éprouvons aucune animosité a l’égard de votre pays, mais que nous vous portons au contraire la plus grande estime et la plus grande affection, et vous êtes conscients des souffrances du peuple palestinien ». Il lui a en outre demandé de réclamer du régime jordanien « le retrait des bases militaires américaines de la région », considérant que cela « représente un soutien important pour sauver le peuple palestinien et contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans la région » L’armée jordanienne a annoncé pour sa part l’interception de quatre missiles iraniens.

L’armée iranienne a quant à elle assuré avoir riposté contre les bases américaines au Koweït dont des systèmes de communication, des réservoirs de carburant, un système de missiles Patriot, une tour de contrôle et un dépôt de munitions », selon son communiqué.

Dans le détroit d’Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d’équipage indien. Selon le CGRI, les deux pétroliers géants ont ignoré les avertissements émis par le Centre de contrôle de la sécurité du détroit et traversé un passage miné. Les deux pétroliers ont été « abusés par les États-Unis » après avoir désactivé leurs systèmes de navigation et tenté de traverser une voie illégale, mettant ainsi en danger le trafic maritime, selon le CGRI.

Lundi, D Trump avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli et vouloir percevoir en échange de la protection du détroit « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons », contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation. Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l’armée américaine. Le chef de la diplomatie iranienne a rétorqué sur X que « l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ». D. Trump « a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré », a-t-il ironisé, ajoutant: « 20%, c’est évidemment trop. Nous serons équitables ».

Selon l’AFP, au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT. Sur le plan maritime et économique, Bloomberg a rapporté, citant des données de suivi des navires, que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était quasiment à l’arrêt tôt mardi matin, alors que les tensions dans la région s’intensifiaient. En outre, l’agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a rapporté qu’un pétrolier a été touché par une attaque de missile alors qu’il passait près de la côte est d’Oman.

Un haut responsable de la sécurité iranienne a déclaré à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen que le président américain « a oublié que le détroit d’Ormuz appartient à l’Iran depuis des millénaires, bien avant l’existence même des États-Unis.» En réponse aux récentes déclarations de Washington, ce haut responsable a souligné que « Trump, dans son délire, prétend que les États-Unis protègent le détroit d’Ormuz depuis 50 ans.» Il a insisté sur le fait que l’administration américaine « n’a toujours pas compris que la sécurité et la gestion du détroit d’Ormuz relèvent de la souveraineté de l’Iran, et non de tweets ou de navires de guerre américains.»

Ce responsable a ajouté que « les événements de ces derniers jours confirment définitivement que l’Amérique et ses alliés doivent respecter pleinement leurs engagements et accepter les dispositions prises par l’Iran.» Il a affirmé que « toute répétition d’incidents similaires par les États-Unis conduirait inévitablement à un renforcement des mesures de dissuasion et des actions entreprises par la République islamique ».

Les pays du CCG à la caisse !

D. Trump a déclaré mardi aux journalistes dans le Bureau ovale qu’il souhaitait que les États du Golfe indemnisent les États-Unis pour leur contribution à ce qu’il considère être « la protection » du détroit d’Ormuz. En réponse à une question sur les personnes qui indemniseraient spécifiquement les États-Unis après qu’il a déclaré que son pays « recevrait un paiement pour la protection » du détroit d’Ormuz, Trump a adressé son message explicitement aux capitales du Golfe : « Par exemple, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït. » Plus, a-t-il ajouté, « nous dépensons beaucoup d’argent pour ces pays riches, et nous recevrons donc une compensation pour cette protection de la part des pays que nous aidons à protéger. Regardez ces cinq pays. Cette région est une partie très riche du monde. »

Lundi, D. Trump avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli. Il a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons », contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Selon l’Autorité iranienne du détroit d’Ormuz, le trafic dans ce détroit reste suspendu jusqu’à nouvel ordre, soulignant que le passage est actuellement impossible et ne sera autorisé qu’après obtention d’un permis.

Les prix du pétrole ont dépassé les 85 dollars le baril mardi, atteignant leur plus haut niveau en près d’un mois, alors que les frappes américaines contre des cibles militaires iraniennes et les perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé les inquiétudes concernant l’approvisionnement. Le brut Brent, référence internationale, a progressé de 2,4 % à 06h35 GMT, portant sa hausse depuis le début de la semaine à plus de 13 %.

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