Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré dans un communiqué que ses équipes avaient pris en charge huit personnes, dont des enfants, blessées après avoir été passées à tabac par les forces d’occupation israéliennes à Huwara. Les blessés ont été transportés à l’hôpital.
Des sources locales ont déclaré que les forces d’occupation avaient attaqué des habitations palestiniennes à Huwara et s’en étaient pris aux habitants à coups de matraque et au gaz poivré, blessant plusieurs personnes. L’armée israélienne a arrêté Ibrahim Ismail al-Jabour, un Palestinien âgé, au cours de cette attaque, ont précisé ces sources. Son âge n’a pas été précisé. Cette région, à l’instar d’autres parties de la Cisjordanie, a été le théâtre d’attaques répétées menées par les forces d’occupation contre les palestiniens, leurs biens et leurs moyens de subsistance, sous la protection de l’armée israélienne.
Selon un rapport de la Commission de résistance au mur et à la colonisation, les occupants ont perpétré 3 488 attaques au cours du premier semestre de cette année, notamment des attaques contre des villages palestiniens, des agressions contre des Palestiniens, des incendies de maisons, des tirs, des saisies de terres et la création d’avant-postes de colonies illégales. Ces attaques ont coûté la vie à 17 Palestiniens. Environ 750 000 occupants vivent dans 141 colonies illégales et 224 avant-postes de colonies illégales en Cisjordanie occupée, dont 250 000 dans 15 colonies illégales à Jérusalem-Est occupée. Les occupants mènent quotidiennement des attaques visant à déplacer de force les Palestiniens.
La Cisjordanie a connu une forte escalade des attaques menées par l’armée israélienne et les occupants depuis le 8 octobre 2023, qui ont fait 1 179 morts parmi les Palestiniens, 12 666 blessés et entraîné l’arrestation d’environ 24 000 personnes.
Par ailleurs, le Hamas a annoncé lundi 6 juillet la dissolution de ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, une décision qui pourrait marquer la fin de près de vingt ans d’administration directe de l’enclave palestinienne. Le mouvement affirme vouloir faciliter le transfert de la gestion civile au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure technocratique créée dans le cadre du Conseil de la paix mis en place par Donald Trump après le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 entre le Hamas et Israël. Ce geste vise à débloquer le processus de reconstruction de Gaza, alors que plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé de Gaza.
En renonçant à administrer le territoire, le Hamas entend démontrer qu’il ne constitue plus un obstacle à la reconstruction et priver Israël de l’argument selon lequel sa présence empêcherait toute avancée politique ou humanitaire. Le mouvement espère également faciliter l’installation du NCAG, toujours bloqué au Caire en raison du refus israélien de lui permettre d’entrer dans l’enclave.
Toutefois, cette concession reste largement symbolique. Le Hamas abandonne la gestion administrative, mais conserve son contrôle sécuritaire et refuse toujours de se désarmer. Son objectif est également de préserver son influence dans les futures institutions palestiniennes en obtenant l’intégration de ses fonctionnaires et de ses forces de police dans le futur appareil administratif et sécuritaire. Il cherche ainsi à rester un acteur incontournable de l’après-guerre tout en évitant toute image de capitulation. La question des armes demeure le principal point de blocage.
Le Conseil de la paix défend le principe d’« une seule autorité, une seule loi et une seule arme », exigeant que l’ensemble de l’arsenal soit placé sous le contrôle du NCAG. De son côté, le Hamas accepte seulement l’idée de « déposer » ses armes dans le cadre d’un consensus palestinien, sans les remettre directement à Israël ou à une force internationale. Cette nuance sémantique vise à préserver sa légitimité politique et militaire. Malgré cette évolution, les perspectives restent limitées. Israël continue de conditionner toute avancée au désarmement complet du Hamas, maintient ses restrictions sur l’aide humanitaire et refuse pour l’heure tout retrait militaire significatif. Dépendant de sa coalition d’extrême droite à l’approche des élections législatives d’octobre, Benjamin Netanyahou apparaît peu enclin à faire des concessions susceptibles de relancer un véritable processus politique.

