Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d’Oman, dans la région du détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence maritime britannique UKMTO. L’attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l’est de Limah, dans le sultanat d’Oman. « Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu’il naviguait vers le sud », a écrit l’UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l’incident n’avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l’environnement.
Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l’Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », citant deux responsables américains. Selon l’un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.
L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante. Un troisième navire a été touché par un projectile non identifié dans le détroit d’Ormuz, a rapporté mardi l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, au lendemain d’une attaque similaire, attribuée par le Qatar à l’Iran. Un navire a été touché par un drone d’origine inconnue.
L’instabilité dans le détroit d’Ormuz qui fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Pendant ce temps, en Iran, une marée humaine est descendue mardi 7 juillet dans les rues de la ville sainte de Qom, au quatrième jour des obsèques du Guide suprême Ali Khamenei. Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l’Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.
Le trafic maritime a repris après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l’Iran répète, en dépit de l’opposition des Etats-Unis, qu’il n’y aura pas de retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé, le long de ses côtes.
Fin juin, accusant Téhéran d’avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l’Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s’étaient ensuite mis d’accord sur une pause des hostilités.
Le détroit d’Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques. En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l’équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l’Agence américaine de l’Energie (EIA).
Les prix européens du gaz naturel et du pétrole ont augmenté mardi après l’annonce de l’attaque d’un méthanier près des côtes omanaises alors qu’il sortait du détroit d’Ormuz, ravivant les inquiétudes concernant les livraisons d’énergie via cette voie navigable stratégique. Les prix de référence européens du gaz naturel ont progressé de plus de 4,5 %, s’établissant à 46 € (52,5 $) par mégawattheure à 07h05 GMT, après avoir récupéré les pertes de la séance précédente.
La télévision d’État iranienne IRIB a rapporté que le navire avait été attaqué après avoir prétendument ignoré des avertissements, bien qu’elle n’ait pas revendiqué directement la responsabilité de l’attaque. Cette attaque a renforcé les inquiétudes du marché à un moment où les prévisions météorologiques annoncent une nouvelle vague de chaleur extrême dans le nord-ouest de l’Europe, qui devrait entraîner une augmentation de l’utilisation de la climatisation et de la demande d’électricité.
Ces perspectives de demande ont suscité des inquiétudes quant à la capacité de l’Europe à reconstituer ses stocks de gaz avant l’hiver, les installations de stockage étant actuellement remplies à environ 49 %, contre près de 60 % à la même période l’année dernière.
Les cours du pétrole ont également progressé, le Brent, référence internationale, s’appréciant de 1,2 % pour s’établir à 73 dollars le baril, son plus haut niveau depuis une semaine.
Cet incident a soulevé de nouvelles interrogations quant à la pérennité de l’accord entre les États-Unis et l’Iran visant à prévenir les attaques dans le détroit d’Ormuz, l’une des voies de transit énergétiques les plus importantes au monde.
Les cours du brut sont toutefois restés proches de leurs plus bas niveaux depuis fin février, les anticipations d’une hausse de l’offre continuant de peser sur le marché.
Selon certaines informations, au moins huit navires liés au Japon ont quitté le détroit d’Ormuz en empruntant une route proche de l’Iran, dont cinq superpétroliers capables de transporter chacun environ 2 millions de barils de brut. La compagnie pétrolière saoudienne, Saudi Aramco a également baissé le prix de son brut Arab Light destiné aux acheteurs asiatiques pour le mois prochain, creusant ainsi son écart par rapport à la référence régionale dans un contexte de ralentissement du marché.
En début de semaine, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré que les négociations sur un accord définitif ne commenceraient pas si « les menaces persistaient », citant le paragraphe 13 du protocole d’accord signé le mois dernier avec les États-Unis. « Le paragraphe 13 du protocole d’accord est clair : les négociations sur l’accord définitif ne commenceront pas si les menaces persistent. Respectez votre signature », a écrit A. Araghchi sur la plateforme de réseaux sociaux américaine X.
Le protocole d’accord d’Islamabad entre Washington et Téhéran, négocié par le Pakistan, est entré en vigueur le 18 juin après avoir été signé par voie électronique par le président iranien Massoud Pezechkian et le président américain Donald Trump. Cet accord en 14 points a marqué le début d’une période de 60 jours de diplomatie, sous la forme de pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis, visant à parvenir à un accord de paix durable.
Les propos du chef de la diplomatie iranienne ont été tenus quelques heures après que D. Trump eut averti que Washington était prêt à recourir à la force militaire en cas d’échec de la diplomatie, insistant sur le fait que Téhéran ne devait en aucun cas se doter de l’arme nucléaire. « Soit nous concluons un accord, soit nous allons jusqu’au bout. D’accord, et ce ne sera pas difficile d’aller jusqu’au bout. Je préfère conclure un accord, car je ne veux pas nuire à 91 millions de personnes », a déclaré le Président aux journalistes à la Maison Blanche. Ces commentaires ont également été formulés au lendemain de la menace proférée par Israel Katz, ministre israélien de la Défense, selon laquelle Israël « contrecarrerait » tout futur dirigeant iranien qui chercherait à attaquer son pays.
Araghchi a également partagé des photos montrant un rassemblement massif à Téhéran à l’occasion du cortège funèbre de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien assassiné le 28 février, premier jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.

