Le texte, rendu public en juin, exige du secrétaire à la Défense qu’il soumette, dans les 180 jours suivant la promulgation de la loi, « un plan visant à renforcer la coopération de défense entre les États-Unis et le Maroc, conformément à la feuille de route États-Unis-Maroc pour la coopération en matière de défense de 2026 à 2036 ». Il impose également au Pentagone de transmettre l’intégralité de cette feuille de route aux commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants dans les 30 jours suivant la promulgation de la loi.
Si la feuille de route elle-même n’a pas été rendue publique, le projet de loi en donne jusqu’ici l’aperçu le plus précis des priorités. Le texte appelle d’abord à examiner « les options permettant d’établir des sites de sécurité coopérative au Maroc » afin de « promouvoir la stabilité régionale et d’optimiser la préparation conjointe à la réponse aux crises ». Il prévoit aussi « une feuille de route pour approfondir la coopération antiterroriste » face aux menaces visant les États-Unis, le Maroc et l’ensemble de la région.
Le projet de loi détaille ensuite des mesures destinées à renforcer la préparation militaire conjointe. Celles-ci incluent l’étude d’un plan de partage des coûts pour réhabiliter les pistes du Commandement aérien stratégique autrefois exploitées par les États-Unis au Maroc, le soutien à la modernisation des Forces armées royales grâce aux acquisitions de défense américaines, ainsi que la mise en place d’un complexe d’entraînement multidomaine.
Autre proposition majeure : la création au Maroc d’« un centre d’excellence pour les drones destiné aux opérations conjointes multidomaines », appelé à servir de modèle de partenariats axés sur la technologie pour l’avenir du combat ».
Les priorités de la feuille de route s’étendent également aux exercices militaires conjoints. Le projet de loi appelle à élargir des manœuvres comme African Lion afin d’y intégrer la cybersécurité, les opérations de drones et de lutte anti-drones, les technologies sous-marines, la guerre hybride, la protection des infrastructures critiques, les chaînes logistiques et de mobilité, ainsi que l’adaptation à l’usage par des adversaires de l’intelligence artificielle et de capacités de combat autonomes.
Pour rappel, la feuille de route a été signée au Pentagone le 16 avril par Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, et Abdellatif Loudiyi, ministre délégué marocain chargé de l’Administration de la Défense nationale, en présence du général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales. E. Colby avait alors déclaré que cet accord « guidera notre relation historique de défense au cours de la prochaine décennie » et « s’appuiera sur un partenariat né il y a 250 ans, lorsque le Maroc est devenu la première nation à reconnaître les États-Unis ».

