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Le Liban agit comme catalyseur : De guerre, comme de paix régionale…

by Perspectives Med
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Le Liban agit comme catalyseur : De guerre, comme de paix régionale…

L’Agence nationale d’information libanaise (NNA) a indiqué qu’un drone a frappé un SUV circulant sur la route reliant les localités de Zawtar et Mifdoun, dans le gouvernorat de Nabatieh, provoquant ces pertes humaines. Et ajouté que les troupes israéliennes ont incendié plusieurs habitations dans la localité méridionale d’Aïn Arab, après avoir averti les habitants mercredi de quitter les lieux avant 17 heures. Selon l’agence, une patrouille militaire israélienne, accompagnée d’un bulldozer D9, est entrée dans la localité et a demandé au maire d’informer les habitants qu’ils devaient évacuer leurs maisons avant 17 heures, menaçant de les démolir s’ils ne s’exécutaient pas. Les habitants d’Aïn Arab étaient revenus dans leur village seulement mercredi matin, après que l’armée libanaise eut rouvert la route reliant la localité au village voisin de Mari, restée fermée pendant une longue période, a ajouté la NNA.

Depuis le 2 mars, l’offensive israélienne au Liban a fait près de 4 200 morts, plus de 12 000 blessés et déplacé plus d’un million de personnes, selon les chiffres officiels libanais. Un mémorandum d’entente récemment signé entre les États-Unis et l’Iran prévoit la fin des hostilités sur plusieurs fronts, y compris au Liban, dans le cadre des efforts visant à parvenir à un accord de paix durable entre les deux parties. Israël continue d’occuper des zones du sud du Liban, certaines contrôlées depuis des décennies et d’autres conquises durant la guerre de 2023-2024. Au cours de sa dernière offensive, les forces israéliennes ont avancé de plus de 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.

Une source militaire libanaise officielle a démenti les informations concernant le retrait des forces d’occupation israéliennes de la soi-disant « zone tampon ». C’est un responsable du Département d’État américain qui avait déclaré sous le couvert d’anonymat à l’agence Reuters qu’Israël s’est retiré d’une partie d’une zone tampon qu’il a établie au Sud-Liban, le qualifiant « de signe de bonne intention à l’encontre du gouvernement libanais », deux jours après la tenue de la 5eme session des négociations libano-israéliennes à Washington.

La source libanaise a expliqué que ces informations sur un retrait israélien ne reposent pas sur des données exactes, soulignant que les forces d’occupation sont toujours déployées dans les positions qu’elles occupaient en territoire libanais.

Le Radiodiffuseur public israélien Kan, citant un responsable de la sécurité a lui aussi affirmé que l’armée israélienne ne s’est pas retirée du Sud-Liban et n’a pas encore pris de décision à ce sujet. Selon le site web américain Axios et les médias israéliens, le point de blocage dans les négociations entre les deux parties concerne l’étendue du retrait israélien et les zones par lesquelles il débutera.

Selon Kan, citant une source impliquée dans les négociations, les désaccords subsistent et les discussions portent encore sur « les zones expérimentales » dont l’établissement avait été décidé pendant la 4eme session et des cellules de terrain dans le sud du Liban, précisant que le calendrier de la phase expérimentale et la détermination des zones d’où l’armée israélienne devrait se retirer n’ont pas encore été décidés.

Des experts expliquent que l’entité sioniste insiste pour que ces zones expérimentales d’où l’armée israélienne devrait se retirer pour laisser place à la présence exclusive de l’armée libanaise soient situées au nord du Litani, c’est-à-dire en dehors de la zone baptisée Ligne jaune et qu’elle occupe. Alors que les autorités libanaises voudraient les établir dans la Ligne jaune.

Jeudi, Yisrael Katz, ministre israélien de la Défense, avait déclaré que les forces israéliennes ne se retireront pas du Sud-Liban même si les États-Unis le demandent ». En dépit de la baisse de l’intensité et du rythme des agressions israéliennes au sud du Liban, les violations israéliennes se sont poursuivies.

Dans la matinée de jeudi, des drones de reconnaissance ennemis ont été signalés dans le ciel de Beyrouth et sa banlieue-sud.

Par ailleurs, des médias israéliens ont fait état de la mort d’un soldat israélien dans le renversement d’un camion militaire au sud du Liban, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le Hezbollah intraitable

Du côté du Hezbollah, le député Hassan Fadlallah, membre du bloc de la Fidélité à la Résistance, a déclaré qu’il y avait des violations israéliennes du cessez-le-feu, ainsi que des agressions et des tentatives de l’ennemi pour se dérober à l’accord auquel l’a contraint le protocole d’accord irano-américain. Il a précisé que « l’ennemi ne voulait pas s’engager dans cet accord, mais que la Résistance sait comment traiter cette question : les frères concernés savent comment faire face et quelles sont les orientations à cet égard ». Il a souligné que « le protocole d’accord irano-américain est un accomplissement majeur pour la République islamique d’Iran, qui nous a inclus avec elle dans cet accord et s’est pleinement engagée à nos côtés, de sorte que les négociations ne se seraient pas poursuivies si le feu n’avait pas cessé sur le Liban. Le feu a effectivement cessé sur le Liban, et il n’y aura aucun accord final recherché par les États-Unis sans un retrait israélien total de notre terre ».

Le député a affirmé qu’ « un événement mondial et une équation régionale ont été établis aujourd’hui, ayant pour titre cette entente irano-américaine dont le Liban fait désormais partie. Cette équation repose sur la force du terrain, et c’est cela la véritable diplomatie : la diplomatie de la force, des missiles, de la constance, du détroit d’Ormuz, des combats à Ali al-Taher et de la pression politique de la République islamique d’Iran. C’est pourquoi notre situation sera bien meilleure dans les jours à venir ».

« Après notre confiance en Dieu Tout-Puissant, nous misons sur les bras des combattants (de la Résistance), sur notre peuple, sur notre unité ainsi que sur ce soutien et cet appui iraniens », a-t-il ajouté en s’interrogeant : « Où existe-t-il dans le monde un État comme l’Iran, qui met entre nos mains le détroit d’Ormuz, sachant que tout le dossier nucléaire iranien est aujourd’hui engagé pour le Liban ? Ceux qui prétendaient autrefois que nous étions une carte entre les mains de quiconque, ces événements ont montré que nous sommes une force et un peuple, et non une carte entre les mains de personne, et que c’est le dossier nucléaire qui sert le Liban, et non l’inverse ».

H. Fadlallah a en outre signalé que « ceux qui ont ressenti la défaite suite à la signature de ce protocole sont au nombre de deux : l’ennemi israélien qui veut s’affranchir du cessez-le-feu, et ceux qui ont été frustrés, dont les paris ont échoué et les illusions se sont dissipées à l’intérieur du pays. Nous leur disions : ne pariez ni sur les États-Unis, ni sur notre défaite, ni sur le fait que nous soyons un peuple que l’on brise, mais ils n’ont pas accepté. Leurs espoirs ont donc été déçus et ils ont perdu leurs paris ». Relevant que « le pouvoir au Liban et certains parties ont mené, ces deux derniers jours, une grande incitation sous le titre de la séparation de la trajectoire libanaise de celle de l’Iran. Ils ont tenté d’entraver cet accomplissement et ont œuvré nuit et jour pour se rendre de manière isolée et unilatérale à Washington, pensant pouvoir accomplir ou réaliser quelque chose ».

« Nous les avons mis en garde, en secret et en public : gardez-vous bien de présenter la moindre concession à cet ennemi perdant et déçu qui sortira de notre terre grâce à la constance de nos combattants et à ce soutien iranien. Nous ne vous permettrons d’aucune manière de faire passer une quelconque concession aux dépens de notre souveraineté, de notre résistance et de notre peuple. Si vous présentez une concession, rien n’en sera appliqué, car nous sommes les fils de la terre, les gens du terrain et de la Résistance. Rien ne passera au Liban sans qu’il y ait une entente avec nous : ce que nous approuvons passe, et ce que nous n’approuvons pas ne passera pas au Liban. Même si le monde entier se rassemblait, il ne pourrait pas l’appliquer, d’Ali al-Taher à Al-Chaqif (Beaufort), jusqu’au sud du Litani ou dans n’importe quelle parcelle du Liban », a-t-il fait savoir. Avant de conclure: « Nous avons conseillé certains au Liban, et aujourd’hui nous leur réitérons et leur disons que l’opportunité n’est pas encore terminée. Par conséquent, vous devez sortir de la trajectoire des concessions, revenir vers votre peuple, avoir confiance en lui et en la Résistance, et tirer profit de ce soutien iranien. D’autant plus que l’Iran ne veut se substituer ni à l’État ni à quiconque ; il est grand par lui-même et n’en a pas besoin. C’est le Liban qui a besoin de l’Iran, et non l’inverse, car il se tient à nos côtés ».

Climat de défiance

Côté iranien, le président du Parlement iranien a critiqué les déclarations américaines concernant les avoirs iraniens débloqués, affirmant que les États-Unis propageaient de fausses allégations quant à leur utilisation. Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que les États-Unis « affirment à tort que les avoirs iraniens débloqués serviront à acheter leurs produits agricoles ». Il a ajouté que « la seule récolte que nous faisons, c’est celle que vous avez semée, à savoir des décennies de méfiance » poursuivant que les États-Unis « n’exportent rien d’autre que du soja génétiquement modifié, de fausses promesses et des attaques verbales ».

Lundi, le président américain avait déclaré que les fonds iraniens gelés qui seront débloqués « serviront exclusivement à acheter des produits alimentaires auprès d’agriculteurs américains ». Téhéran affirme, pour  sa part, qu’aucune obligation contractuelle ne restreint sa décision quant à l’utilisation de ces fonds et souligne que la décision concernant leur utilisation lui appartient exclusivement. Les avoirs iraniens gelés constituent l’un des points les plus sensibles des négociations en cours entre les deux parties. Téhéran les considère comme un droit souverain non négociable, tandis que Washington cherche à lier toute mesure relative à ces fonds à des accords et mécanismes de mise en œuvre liés aux récents accords.

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