Selon les chiffres publiés la semaine dernière par le Bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (Ocha), la violence des colons israéliens en Cisjordanie occupée atteint actuellement un rythme « record », avec une moyenne de six attaques par jour entraînant victimes et dégâts. Deux mosquées ont été incendiées cette semaine en Cisjordanie par des groupes de colons israéliens. La première a été brulée dans la ville de Jiljiliya mercredi, selon le maire de la commune. « Des colons ont incendié la salle des ablutions, endommagé la principale mosquée du village et inscrit des expressions hostiles sur les murs extérieurs », a déclaré à l’AFP Ossama Abdoullah, responsable du conseil du village de Jiljiliya, à une dizaine de kilomètres au nord de Ramallah.
D’après le maire, le groupe de colons israéliens est venu incendier la mosquée entre 2h00 et 3h00 du matin. Ayant trouvé la porte verrouillée, ils ont mis le feu à la salle réservée aux ablutions située à l’étage inférieur de la mosquée, toujours selon Ossama Abdoullah. C’est la défense civile palestinienne, aidée par des jeunes du village, qui a maitrisé l’incendie.
Selon des journalistes de l’AFP sur place, des traces d’incendie et de vandalisme étaient toujours visibles ce mercredi. Et sur les murs calcinés, des inscriptions en hébreu étaient inscrites. « En avant ! », « Vengeance », « La nuit des mosquées » ou encore « Salut des jeunes des collines », en référence à un mouvement de colons juifs radicaux, pouvait-on lire. Dans le bâtiment, à l’étage inférieur, sous la salle de prière, des pans de plafond, de murs et des sols sont noircis par la fumée.
L’autre départ de feu a eu lieu dans le village d’al-Mazraa al-Noubani, à moins de dix kilomètres de là, selon Saad Dagher, le maire de cette localité. Un groupe de colons a jeté un cocktail Molotov sur la mosquée al-Farouk Omar ibn al-Khattab, a-t-il dit par téléphone : « ils ont tenté d’incendier » le lieu de culte « mais le feu n’a touché qu’une partie du bâtiment ». D’après lui, le petit groupe d’incendiaires a pris la fuite alors que les habitants du village sortaient de chez eux. L’édile a souligné qu’il s’agissait de « la première » attaque sur une mosquée, après des dégradations sur des maisons ou des installations agricoles
Le ministère des Affaires religieuses palestinien a condamné ces « dangereuses agressions » dans un communiqué, appelant la communauté internationale à intervenir. Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a dit se renseigner sur les faits rapportés. Ce genre d’incident est loin d’être inédit en Cisjordanie. Sans compter Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie dans des colonies jugées illégales par l’ONU, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Dimanche, des colons israéliens avaient mis le feu à des véhicules et tenté d’incendier une mosquée de Burqa, un village proche de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie. Et selon les chiffres publiés la semaine dernière par le Bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (Ocha), la violence des colons israéliens en Cisjordanie occupée atteint actuellement un rythme « record », avec une moyenne de six attaques par jour entraînant victimes et dégâts.
La résistance dénonce
Les mouvements de résistance palestiniens Hamas et Jihad islamique ont condamné la décision d’Israël de priver la ville d’al-Khalil de pouvoirs municipaux essentiels ; une mesure qui s’inscrit dans les tentatives visant à renforcer le contrôle israélien sur les affaires administratives et civiques de la ville.
Dans des communiqués distincts publiés mardi 16 juin, les deux mouvements ont réagi à la décision du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d’annuler des dispositions clés du « Protocole d’Hébron » et de transférer diverses compétences administratives à al-Khalil aux responsables israéliens. Établi en 1997, le « Protocole d’Hébron » est un cadre qui répartit les responsabilités administratives et sécuritaires entre les responsables palestiniens et israéliens dans certaines zones de la ville. Les dernières mesures retirent à la municipalité d’al-Khalil ses pouvoirs en matière d’urbanisme et de construction, les transférant aux responsables israéliens.
Le Hamas a qualifié ces mesures d’« escalade sans précédent visant à consolider l’occupation et à étendre le contrôle » sur l’ensemble de la Cisjordanie occupée. Le mouvement a souligné qu’Al-Khalil et d’autres zones palestiniennes resteraient résistantes aux « politiques de judaïsation », avant de rejeter toute tentative de modifier le statut historique ou politique de la ville.
Le Hamas a appelé les Palestiniens à accroître leur résistance et à étendre leur mobilisation aux niveaux politique, civique et populaire face à ces développements.
De son côté, le Jihad islamique a averti que le retrait des pouvoirs de la municipalité aurait des « répercussions dangereuses » sur la gouvernance, les services publics et la vie quotidienne en Cisjordanie occupée. Le groupe a déclaré que ces mesures suppriment de fait « toutes les compétences en matière d’urbanisme et de construction de la municipalité d’Al-Khalil » et consolident le contrôle administratif sous les responsables israéliens.
Le Jihad islamique a lié cette décision à une tendance plus large d’expansion des colonies et de politiques de déplacement forcé de population en Cisjordanie occupée. Selon lui, ces mesures sont en violation des « accords signés et des conventions internationales » régissant le statut de la ville dans le cadre des accords existants.
Le mouvement a exhorté la communauté internationale et les Nations unies à assumer leurs responsabilités juridiques et morales et à intervenir pour mettre un terme aux politiques israéliennes « fascistes », qui bafouent le droit international et les normes humanitaires. Et a également exhorté les États arabes et musulmans à s’acquitter de leur devoir sur fond du silence international persistant concernant l’évolution de la situation dans les territoires occupés.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a déclaré à plusieurs reprises que les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé, y compris à l’Est d’Al-Qods, sont « dénuées de toute validité juridique » et en violation du droit international, conformément à la résolution 2334 du Conseil. Dans un avis consultatif rendu le 19 février 2024, la Cour internationale de Justice (CIJ) a en outre confirmé l’illégalité de toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et à l’Est d’Al-Qods. Les rapports de suivi de l’ONU indiquent que l’expansion des colonies s’est accélérée en 2025 et s’est poursuivie en 2026, avec l’approbation de milliers de nouveaux logements, aggravant ainsi la fragmentation territoriale des communautés palestiniennes en Cisjordanie occupée.

