Les médias iraniens avaient publié des détails sur le projet d’accord annoncé par le président américain Donald Trump et certains médias étrangers. Une source au sein de l’équipe de négociation iranienne a nié pour l’agence Fars les affirmations du selon lesquelles l’accord avait été finalisé et sera signé dimanche prochain à Genève. Elle a qualifié ces affirmations de « purement fausses », a rapporté l’agence.
Reuters a cité une source occidentale indiquant qu’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre pourrait être signé d’ici dimanche, précisant que Genève était l’endroit le plus probable pour tenir les négociations. La source a indiqué que le texte du mémorandum est encore en cours de préparation et que l’Iran maintient sa position selon laquelle l’accord doit inclure la fin de la guerre israélienne au Liban. Elle ajouté que l’objectif était de finaliser le texte d’ici samedi, en vue de la signature de l’accord en présence de JD Vance, vice-président américain et de Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, précisant que le lieu de la signature n’avait pas encore été déterminé, mais que Genève restait l’option la plus probable.
Une source iranienne de haut rang a déclaré vendredi à Reuters que le projet d’accord lèverait les sanctions sur le pétrole iranien, débloquerait des milliards de dollars de fonds appartenant à Téhéran et exigerait la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban.
L’agence de presse iranienne Mehr avait précédemment rapporté que le projet de mémorandum d’entente potentiel entre Téhéran et Washington fixait un délai de 60 jours pour les négociations visant à parvenir à un accord sur le dossier nucléaire iranien et à la levée complète des sanctions américaines primaires et secondaires. Selon l’agence, le projet prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés pendant la période de négociation, dont la moitié, soit 12 milliards de dollars, sera mise à la disposition de l’Iran avant le début des négociations.
Par ailleurs, des sources bien informées ont indiqué à l’agence de presse Tasnim que l’Iran n’a pas cédé aux pressions militaires et diplomatiques américaines visant à modifier le texte des quatorze articles. Elles ont expliqué que le président américain Donald Trump avait récemment tenté de modifier la position de Téhéran par une action militaire et des pressions exercées par le médiateur qatari, mais que l’Iran avait rejeté les nouveaux amendements. Elles ont ajouté que les États-Unis avaient informé Téhéran, par l’intermédiaire du médiateur qatari, qu’il n’était plus nécessaire de présenter les récents amendements américains. Selon ces sources, le texte doit encore être examiné et finalisé par les institutions compétentes en Iran, et il est important de souligner que toute spéculation avant la fin de ces procédures demeure erronée.
De son côté, l’agence de presse iranienne IRNA a indiqué que le texte de l’accord potentiel visant à mettre fin à la guerre entre l’Iran et les États-Unis avait été préparé « avec un soin et une précision extrêmes », ne laissant aucune place à une interprétation arbitraire ou à un manquement aux obligations de l’une ou l’autre des parties. Selon l’agence, le mémorandum d’entente vise principalement à mettre fin à la guerre sur différents fronts dans la région, les États-Unis s’engageant à contraindre l’occupation israélienne à mettre fin à la guerre au Liban, notant que l’expression « prolongation du cessez-le-feu » n’apparaît pas dans le texte du mémorandum. Elle a expliqué que le mémorandum actuel ne prévoit pas d’accord sur le dossier nucléaire, qu’il n’impose aucune nouvelle obligation à l’Iran et que les négociations nucléaires débuteront et se poursuivront pendant 60 jours après sa signature. Durant cette période, les négociations se limiteront à trois points seulement : la poursuite du programme nucléaire pacifique iranien, la levée des sanctions unilatérales américaines et le mécanisme de compensation, sans aborder d’autres questions, notamment les capacités balistiques de l’Iran.
L’agence IRNA a ajouté que les négociations porteront également sur la levée de toutes les sanctions américaines et des résolutions internationales, ainsi que sur la mise en place d’un mécanisme de compensation. Concernant les avoirs iraniens gelés, l’agence a indiqué qu’une partie serait débloquée immédiatement après la signature du mémorandum, tandis que le reste le serait progressivement au cours des négociations, soulignant que Téhéran avait obtenu des garanties claires conformément aux mécanismes qu’il avait demandés. Concernant le détroit d’Ormuz, l’agence a confirmé que l’Iran n’a pris aucun engagement quant à la cession de son administration, expliquant que la future gestion du détroit sera abordée comme une question régionale, par le biais d’un dialogue et d’une prise de décision conjoints entre Téhéran et le sultanat d’Oman. Cette annonce intervient au lendemain de la déclaration du président américain Donald Trump faisant état d’un accord avec l’Iran, tandis que Téhéran a confirmé ne pas avoir encore tranché sur sa position à ce sujet.
Côté américain, on fait savoir que l’Iran a accepté un « accord basé sur les résultats » avec les États-Unis, qui exigerait des concessions de la part de Téhéran avant de pouvoir bénéficier d’un quelconque allègement des sanctions. Dans le cadre de l’accord, a indiqué vendredi responsable de la Maison Blanche à Anadolu, le matériel nucléaire de l’Iran serait détruit et retiré, son programme nucléaire serait démantelé, et « aucun de leurs fonds ne sera débloqué avant qu’ils ne tiennent leurs engagements ». Le responsable a également précisé que le détroit d’Ormuz resterait ouvert et que l’Iran accepterait de cesser de financer les groupes terroristes. « C’est ce qu’ils ont accepté. Il s’agit d’un accord basé sur les résultats », a ajouté le responsable.
Donald Trump a accusé, lui, l’Iran d’avoir divulgué des termes « faux » d’un accord aux médias, affirmant qu’ils ne correspondent pas à ceux convenus par écrit. « Les termes que l’Iran a diffusés aux Fake News n’ont absolument rien à voir avec ceux qui ont été convenus par écrit », a-t-il écrit vendredi sur son réseau social Truth Social. « Ce qu’ils disent, y compris leur déclaration faible et pathétique sur un accord, n’a aucun rapport avec la vérité », a-t-il ajouté, qualifiant les responsables de Téhéran de « personnes très déshonorables » avec lesquelles « il est impossible de négocier de bonne foi ».
Le président américain a également condamné l’attaque de drones sur des navires commerciaux dans le détroit, la qualifiant de « totalement inacceptable », et a averti l’Iran de « se ressaisir rapidement ». Le président américain Donald Trump a estimé « sans importance » tout soutien du G7 et affirmé que « nous avons gagné la guerre contre l’Iran », lors d’un bref entretien téléphonique diffusé vendredi par la chaîne italienne La7.
Interrogé par ailleurs sur un éventuel message à adresser aux dirigeants du G7, le président américain a estimé que les États-Unis n’avaient pas eu besoin d’un soutien extérieur. « Nous n’avions besoin d’aucun soutien. Donc, nous avons gagné la guerre. C’était un peu sans importance, sans importance ! Je dois y aller. Je suis dans une réunion importante, mais nous avons gagné la guerre contre l’Iran. Nous n’avions pas besoin de leur aide », a déclaré D. Trump. Ces propos interviennent à l’approche du sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Evian, en France.
De son côté, l’agence officielle iranienne IRNA avait publié plus tôt un projet de mémorandum en sept points, en décalage avec un schéma d’accord rapporté par le média américain Axios. IRNA affirme que l’Iran n’accepterait aucune nouvelle obligation nucléaire et conserverait une pleine autorité sur le détroit d’Ormuz, tandis qu’Axios évoquait un cadre incluant la gestion des stocks d’uranium enrichi et une réouverture immédiate du passage maritime sans péages. Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué jeudi que la « majeure partie » du texte avait été finalisée, tout en accusant Washington de freiner les progrès par des positions contradictoires.
Sur le terrain, les explosions entendues dans le comté de Sirik, dans la province de Hormozgan, ont été provoquées par une intervention de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) contre un pétrolier en infraction qui tentait de franchir illégalement le détroit d’Ormuz, en violation des consignes de sécurité iraniennes, selon un rapport. Citant une source sécuritaire iranienne, la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) a rapporté jeudi que cet incident faisait suite à de nouveaux actes d’agression et de provocations maritimes perpétrés la nuit précédente par le régime américain terroriste et infanticide sur les côtes méridionales de l’Iran.
En réponse, la marine du CGRI a renforcé son contrôle sur cette voie maritime stratégique, multipliant les avertissements publics selon lesquels toute navigation dangereuse ou tout passage non autorisé par le détroit d’Ormuz serait considéré comme une menace sérieuse pour la sécurité de l’Iran et la stabilité régionale. « À la suite des actes criminels de l’armée terroriste américaine sur les côtes méridionales de l’Iran, la marine du CGRI a fermé le détroit d’Ormuz à toute navigation dangereuse ou provocatrice », a déclaré la source. « Par des communiqués successifs, nous avons clairement mis en garde tous les navires contre toute tentative de passage du détroit. De tels actes sont considérés comme une violation directe de la sécurité », a-t-elle ajouté.
La source a souligné que la marine du CGRI prendrait des mesures fermes et sévères contre tout navire contrevenant à ces consignes. « Les capitaines et commandants de navires ne doivent pas se laisser tromper par les fausses assurances ou les provocations du régime terroriste américain. Ils doivent se conformer strictement aux consignes de la marine du CGRI et rester ancrés dans des zones sûres », a-t-elle averti.
Selon la source sécuritaire, le navire impliqué dans le dernier incident était un pétrolier déclaré contrevenant aux règles maritimes. Après avoir reçu des avertissements clairs des forces navales du CGRI, le pétrolier a été contraint d’abandonner sa tentative et de se conformer à l’interdiction de transit par le détroit d’Ormuz.
La marine du CGRI, agissant conformément à son devoir inhérent de protéger la souveraineté maritime de l’Iran, continue de maintenir une vigilance totale et une surveillance active de cette voie navigable stratégique. « Nos forces mènent actuellement des opérations de surveillance et de patrouille approfondies dans le détroit d’Ormuz. Tout navire qui tentera de franchir cette voie de passage vitale sera confronté avec fermeté et détermination », a ajouté la source.
Cette dernière opération démontre une fois de plus la ferme détermination de la marine du CGRI et son contrôle total sur le détroit d’Ormuz face aux provocations américaines et aux menaces constantes qui pèsent sur la paix et la sécurité régionales.

