Face à une augmentation du tourisme globale de 2%, le Maroc affiche des chiffres bien au-dessus de la moyenne, et affiche une croissance touristique de 18 % des arrivées internationales et de 24 % des recettes touristiques. Cette tendance s’explique pour plusieurs raisons, dont l’attractivité de la destination Maroc, l’augmentation de sa notoriété ainsi que son excellente connectivité aérienne.
Toutefois, il ne faut pas oublier la conjoncture mondiale observée ces derniers mois qui selon les experts du tourisme aurait influé dans ces chiffres. A ce titre, 17 % des experts interrogés par l’ONU Tourisme indiquent que certaines destinations bénéficient directement du déplacement des flux touristiques en provenance des zones affectées par les crises. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une chute de 37 % des arrivées dans la région en mars et selon les experts cités par le rapport, une partie des touristes qui envisageaient des destinations du Moyen-Orient ont probablement réorienté leurs voyages vers des pays offrant un climat similaire, une proximité géographique avec l’Europe et une stabilité politique comme le Maroc.
Environ 14 % des experts interrogés constatent une augmentation du tourisme intérieur au détriment du tourisme émetteur, et 9 % signalent qu’ils n’observent pas encore de baisse du nombre de visiteurs, mais constatent un recul des réservations pour les mois à venir.
Selon le rapport, 307 millions de touristes ont voyagé à l’international au premier trimestre 2026, soit environ 6 millions de plus qu’au premier trimestre 2025. Le début d’année a été marqué par une demande touristique soutenue (+2,5 % de croissance cumulée en janvier et février), le conflit au Moyen-Orient a affecté les performances du secteur en mars.
Les arrivées internationales ont progressé de 2 % en janvier et de 3 % en février, mais sont restées quasiment stables en mars (+0,4 %), notamment en raison d’une baisse de 37 % au Moyen-Orient, la région la plus touchée par le conflit, ainsi que d’une croissance plus faible que prévu en Asie-Pacifique.
Concernant l’Afrique, le continent a bénéficié d’une augmentation de 4% d’arrivées touristiques au premier trimestre avec un niveau comparable aussi bien pour l’Afrique du Nord que l’Afrique subsaharienne(4 %), puis une forte progression de 18 % en mars, portée par une croissance à deux chiffres en Tunisie (+26 %) et au Maroc (+18 %).
En Afrique subsaharienne, certaines destinations, notamment l’Afrique du Sud (+12 %), ont enregistré une croissance à deux chiffres au cours du trimestre. D’autres ont toutefois été affectées en mars par des problèmes de connectivité liés au conflit au Moyen-Orient, en particulier les destinations insulaires.
Les Seychelles par exemples, qui sont tributaires de connexions au niveau du Moyen-Orient, ont ainsi enregistré une baisse de 37 % en mars, tandis que Maurice a enregistré une croissance de 7 % au premier trimestre 2026, mais seulement de 1 % au mois de mars.
Au Moyen-Orient, les arrivées internationales ont chuté de 14 % au premier trimestre 2026 sous l’effet du conflit régional, souligne le rapport, notant que si plusieurs destinations du Golfe ont enregistré de fortes baisses, l’Égypte pour sa part a affiché une progression robuste de 16 %. « Cette évolution intervient après le fort rebond observé à la suite de la pandémie, les arrivées touristiques dans la région ayant dépassé de 40 % leur niveau de 2019 en 2025 », indique le document.
Selon la dernière enquête menée auprès du Panel d’experts du tourisme, « le conflit au Moyen-Orient, les coûts élevés du transport et de l’hébergement ainsi que d’autres facteurs économiques constituent les trois principaux défis auxquels est confronté le tourisme international en 2026 », note la même source.
Cependant les avis restent divergeant sur l’impact de la demande touristique résultant du conflit dans la région. Ainsi, 64 % des experts interrogés estiment que le conflit au Moyen-Orient affecte négativement la demande touristique dont 43 % jugent l’impact modéré et 21 % élevé, alors que 36 % estiment que le conflit a peu ou pas d’effet sur la demande.
Parmi les destinations ayant enregistré les meilleures performances en termes d’arrivées touristiques au cours des trois premiers mois de 2026 figurent le Paraguay (+46 %), la Nouvelle-Zélande (+45 %), le Salvador (+43 %), la Mongolie (+39 %), les Palaos (+37 %), l’Ouzbékistan (+37 %), les Tonga (+25 %), Anguilla (+25 %), l’Irlande (+24 %) et Brunei (+23 %).
Enfin, le Maroc fait partie des pays ayant enregistré une croissance à deux chiffres au premier trimestre 2026 en termes de recettes touristiques. Il s’agit notamment du Pakistan (+60 %), la Corée du Sud (+38 %), la Mongolie (+27 %), le Maroc (+24 %), Brunei (+22 %), les Samoa (+14 %), le Brésil (+12 %), l’Allemagne et la Roumanie (tous deux à +9 %), ainsi que l’Égypte (+8 %).
Cela s’explique par plusieurs raisons, notamment l’aspect compétitif du Maroc pour les touristes européens, grâce à son coût de la vie jugé modéré, l’offre hôtelière diversifiée et la proximité avec les principaux marchés émetteurs européens.
Le Maroc bénéficie d’une image de stabilité et dépaysante, proche, accessible toute l’année, pour de nombreux voyageurs européens. La hausse des recettes touristiques suggère par ailleurs que les touristes dépensent davantage, les séjours sont potentiellement plus longs, l’offre touristique monte en gamme notamment en ce qui concerne le tourisme d’affaires et le tourisme haut de gamme qui gagnent du terrain sur cette période de l’année.

