« Nous n’acceptons pas d’être traités comme des gamins, nous n’acceptons pas d’être traités comme si nous étions une république de pacotille », a tonné le président Lula, visiblement furieux, lors d’une cérémonie officielle dans l’État de Sergipe, dans le nord-est du pays. « Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie », a insisté le président brésilien de gauche, qui doit briguer à 80 ans un quatrième mandat lors de la présidentielle d’octobre.
L’enjeu est de taille, la lutte contre l’insécurité et le crime organisé étant une des principales préoccupations des électeurs brésiliens en vue du scrutin d’octobre. Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement brésilien a déploré que « des mesures unilatérales » comme celle prise par les USA « représentent un possible retour en arrière dans la lutte contre la criminalité, un risque pour la vie humaine et un préjudice économique pour le pays ».
Issus du milieu carcéral, ces groupes criminels ont notamment fait fortune dans le trafic de cocaïne, le PCC s’alliant notamment à la mafia calabraise ’Ndrangheta, pour envoyer de la drogue produite en Amérique du Sud vers l’Europe depuis des ports brésiliens.
Deux semaines plus tôt, le sénateur Flavio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président d’extrême droite incarcéré après une chute en disgrâce liée à une tentative de coup d’État en 2023, candidat à la présidentielle contre Lula en octobre, avait appelé à une telle décision lors d’une rencontre à la Maison Blanche. « Pendant que Lula se mettait à genoux devant Trump pour faire du lobbying en faveur du CV et du PCC, moi je suis allé travailler à ce qu’ils soient traités comme des terroristes, ce qu’ils sont », a tancé F. Bolsonaro sur Instagram jeudi soir.
Le président de gauche l’a accusé vendredi « de trahir notre patrie en se rendant aux États-Unis pour implorer une intervention américaine au Brésil ».
Ces groupes « comptent parmi les organisations criminelles les plus violentes du Brésil », a affirmé Marco Rubio, secrétaire d’État US, dans un communiqué. « À eux deux, ils comptent des milliers de membres et ont orchestré des attaques brutales contre des policiers, des fonctionnaires et des civils brésiliens », a-t-on ajouté de même source, précisant que leur influence s’étend « bien au-delà des frontières du Brésil, à travers notre région et jusqu’à notre pays ».
Washington mène depuis plusieurs mois une campagne de frappes dans le Pacifique et les Caraïbes contre des navires présentés comme participant à des activités de trafic de drogue alimentant les États-Unis. Le président américain a lancé en mars une « coalition militaire » pour « éradiquer » les cartels, si besoin à coups de missiles, avec aujourd’hui une vingtaine d’alliés d’Amérique latine.

