Dans un communiqué publié par le ministère, il a été rappelé que l’armée ukrainienne avait mené, le 22 mai, une attaque aux drones contre un lycée professionnel dans la ville de Starobelsk, située dans la région de Louhansk. Le bilan est lourd : 21 personnes ont été tuées, en majorité des étudiants nés en 2006 et 2007. Au moment de la frappe, 86 adolescents âgés de 14 à 18 ans se trouvaient dans le dortoir, et 65 personnes ont été blessées. Le communiqué précise que « cette attaque démontre la nature nazie et terroriste de l’administration de Kiev », soulignant par ailleurs que l’Ukraine et les pays occidentaux violent le droit international humanitaire.
Dans son communiqué, la diplomatie russe estime que Kiev a « grossièrement méprisé les normes du droit international humanitaire ». Elle évoque une violation directe des Conventions de Genève de 1949, de leurs protocoles additionnels, ainsi que de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Des frappes ciblées contre l’appareil militaire ukrainien Cette attaque marque, selon Moscou, un tournant. L’attaque de Starobelsk a « fait déborder le vase ».
Le ministère russe annonce ainsi que les forces armées russes engagent des frappes systématiques contre les entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien. Ces frappes viseront notamment les lieux de conception, de production, de programmation et de préparation à l’emploi de drones. Le communiqué officiel russe affirme que ces appareils sont utilisés, selon Moscou, avec l’aide de spécialistes de l’OTAN, notamment pour la fourniture de composants, la transmission de renseignements et le guidage vers les cibles. Les frappes russes concerneront également les centres de décision et les postes de commandement. Dans ce contexte, Moscou a aussi adressé un avertissement aux étrangers présents à Kiev.
Le ministère russe recommande aux citoyens étrangers, y compris au personnel des missions diplomatiques et des organisations internationales, de quitter la ville au plus vite. Les habitants de Kiev sont, eux, appelés à ne pas s’approcher des infrastructures militaires et administratives.
Au-delà de la réponse militaire annoncée, Moscou dénonce également l’attitude des pays occidentaux et de certains médias internationaux. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a critiqué le silence ou le refus de certaines rédactions occidentales de couvrir la tragédie de Starobelsk. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que Moscou n’avait toujours pas entendu de condamnation officielle claire de la part des pays occidentaux. Des journalistes étrangers se sont rendus sur le lieu de la tragédie, où ils ont vu les ruines du collège, les effets personnels des victimes et des fragments de drones portant des inscriptions étrangères. Pour Moscou, la réponse annoncée s’inscrit dans une logique de protection des civils russes et visera des infrastructures militaires et industrielles liées aux attaques menées par Kiev.
Pour rappel, le 24 février 2022, la Russie a lancé une opération militaire spéciale en Ukraine, ce qui a provoqué de multiples réactions à l’échelle internationale notamment de l’Union européenne et des Etats-Unis, ainsi que l’imposition de sanctions financières et économiques à l’endroit de Moscou contre « cette guerre d’agression ».
La Russie affirme être intervenue pour protéger les populations russophones majoritaires dans les régions séparatistes du Donbass, notamment celles de Donetsk et de Lougansk qui souhaitaient obtenir leur indépendance de l’Ukraine et qui ont fini par être annexées par la Russie suite à deux référendums tenus en septembre 2022 dans ces territoires.

