« Le Secrétaire général se réjouit de leur mise en œuvre réussie et réitère son appel à un cessez-le-feu complet, immédiat, inconditionnel et durable, conduisant à une paix juste, globale et durable, conformément à la Charte des Nations unies, au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU. »
Lundi, le ministère russe de la Défense avait annoncé un cessez-le-feu pour les 8 et 9 mai « à l’occasion de la célébration de la victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre patriotique ». Dans un communiqué publié sur Telegram, le ministère indiquait que Moscou prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour garantir la sécurité lors des célébrations et mettait en garde contre une frappe de missiles « massive » si celles-ci étaient perturbées.
Suite à cette annonce, le président ukrainien a déclaré un cessez-le-feu avec la Russie à partir de minuit à Kiev, affirmant : « La vie humaine vaut bien plus que n’importe quelle célébration anniversaire. » Il a ajouté qu’aucune demande officielle n’avait été adressée à l’Ukraine concernant la « cessation des hostilités » annoncée par Moscou pendant les célébrations de la Journée de la Victoire en Russie.
L’Ukraine a affirmé que 20 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées lors d’attaques russes mardi, quelques heures avant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu annoncé par Volodymyr Zelensky.
Andrii Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a déclaré dans un communiqué sur le réseau social américain X : « À quelques heures seulement de l’entrée en vigueur de la proposition de cessez-le-feu de l’Ukraine, la Russie ne montre aucun signe de préparation à mettre fin aux hostilités. »
« Au lieu de répondre clairement à la suggestion de l’Ukraine, la Russie continue de tuer, de mentir et de nier. »
V. Zelensky a déclaré dans un autre communiqué sur X que la Russie avait mené une « attaque aérienne guidée » ciblant des infrastructures civiles dans une ville de Zaporizhzhia, tuant 12 personnes et en blessant 37 autres. « Les Russes ne montrent aucune retenue dans la destruction de vies humaines », a-t-il affirmé, qualifiant l’attaque de « frappe terroriste absolument cynique ». « Nous avons besoin du silence face à ce type d’attaques et à toutes les autres, chaque jour, et pas seulement pendant quelques heures pour des ‘célébrations’ », a-t-il ajouté, exhortant la Russie à « forcer » la fin de la guerre.
Par ailleurs, Oleksandr Hanzha, gouverneur de Dnipropetrovsk, a indiqué que trois personnes avaient été tuées et au moins 14 autres blessées lors d’une attaque russe sur la ville de Dnipro. À Kramatorsk, le nombre de personnes tuées lors d’un bombardement aérien est passé à cinq, selon Vadym Filashkin, gouverneur de Donetsk. « Le bilan à Kramatorsk est désormais de cinq morts et 12 blessés », a-t-il écrit sur Telegram.
Moscou n’a pas encore commenté ces affirmations de Kiev.
A rappeler que plusieurs régions russes ont été visées par des attaques de drones menées par le régime de Kiev dans la nuit du 4 au 5 mai. Selon le Comité d’enquête russe, plusieurs régions ont été ciblées, notamment la République populaire de Donetsk, ainsi que les régions de Briansk, de Belgorod et de Tchouvachie. L’attaque la plus violente a touché la ville de Tcheboksary en Russie centrale, à près de 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne. L’attaque a provoqué des explosions dans la nuit, suivies d’un incendie dans un immeuble résidentiel après la chute d’un drone. Les transports ont été suspendus, plusieurs rues fermées et les écoles sont passées à l’enseignement à distance. Plusieurs civils ont été touchés, selon les autorités russes.
Selon les premières informations, rien qu’à Tcheboksary, le nombre de blessés s’élève à douze personnes. Le Comité d’enquête russe fait état de la mort de civils. Selon une source de RT, le bilan pourrait inclure au moins deux morts, sans confirmation officielle à ce stade.
D’autres attaques ont été signalées dans des localités de la République populaire de Donetsk, où trois personnes ont été blessées. Des frappes ont également touché la région de Belgorod, où un chauffeur de camion a été blessé, ainsi que sur un site industriel. Dans la région de Briansk, deux civils, un homme et une femme, ont également été hospitalisés.
Dans la région de Leningrad, 29 drones ont visé une raffinerie, sans faire de victimes, selon le gouverneur Alexandre Drozdenko. À Moscou, une dizaine de drones ont été interceptés, d’après le maire Sergueï Sobianine. L’attaque ukrainienne a également visé Energodar, dans la région de Zaporojié qui abrite la centrale nucléaire éponyme. Selon le maire Maksim Poukhov, des impacts ont été signalés sur le bâtiment de l’administration, mais, d’après les informations préliminaires, il n’y aurait pas eu de blessés.
Selon le ministère russe de la Défense, 601 drones et et six missiles Flamingo à longue portée ont été abattus en 24 heures. Neuf bombes aériennes guidées et deux projectiles du système de tir en salve HIMARS ont été également abattus.
En réponse aux attaques de Kiev contre des cibles civiles sur le territoire russe, une frappe coordonnée a été menée du côté russe à l’aide d’armes de haute précision à longue portée, ainsi que de drones, contre des cibles militaro-industrielles et énergétiques ukrainiennes, utilisées par l’armée de Keiv. Selon le ministère russe de la Défense, les objectifs de la riposte ont été atteints et toutes les cibles désignées ont été touchées.
Les attaques massives ukrainiennes visant la population civile russe interviennent alors que Volodymyr Zelensky a dénoncé le non-respect présumé du cessez-le-feu par Moscou. Cette accusation sans fondement semble particulièrement hypocrite alors que, la veille de l’attaque nocturne, le chef du régime de Kiev s’était permis de proférer des menaces à l’encontre de la Russie, annonçant une possible attaque de drones ukrainiens contre le défilé organisé à Moscou le 9 mai pour célébrer la victoire sur le nazisme. Moscou n’a pas laissé ces provocations sans réponse. Dans son communiqué, le ministère russe de la Défense a mis en garde les autorités ukrainiennes contre toute velléité de concrétiser les dernières menaces proférées par V.Zelensky, déclarant que, dans le cas contraire, « l’armée russe lancera en représailles une frappe massive de missiles sur le centre-ville de Kiev ». Le communiqué a également conseillé à la population civile de Kiev, ainsi qu’au personnel des missions diplomatiques étrangères, de quitter la ville « sans délai ».
