Avant même le lancement des travaux, l’État mise sur une étape clé souvent peu visible mais décisive : la reconnaissance géotechnique. Une enveloppe de 17,6 MDHa été mobilisée pour mener des études approfondies sur vingt sites identifiés comme prioritaires. Ainsi, onze sites sont localisés dans le Souss-Massa — notamment à Agadir-Ida-Ou-Tanane, Taroudant, Tiznit et Chtouka-Aït Baha — tandis que neuf autres concernent Guelmim et Tan-Tan, dans la région de Guelmim-Oued Noun. L’objectif est clair : préparer le terrain à une nouvelle génération d’infrastructures hydrauliques adaptées aux contraintes locales.
Ce programme intervient dans un contexte hydrique contrasté. Malgré les dernières pluies, les réserves restent sous pression : le bassin du Souss-Massa affiche un taux de remplissage d’environ 56 %, tandis que celui de Drâa-Oued Noun dépasse à peine les 40 %. D’où cette accélération dans la planification de nouveaux barrages, particulièrement dans des zones arides et semi-arides où la variabilité climatique devient la norme.
Sur le terrain, les opérations engagées reposent sur des investigations pointues : forages, sondages carottés, tests de perméabilité. Ces analyses permettent d’évaluer la capacité du sol à supporter les ouvrages et à garantir leur étanchéité.
Le calendrier est étalé sur 24 mois, avec une organisation en parallèle des études afin d’accélérer le processus et préparer rapidement le lancement des futurs chantiers. Ces barrages ne répondent pas uniquement à un impératif technique. Ils s’inscrivent dans une vision plus large de développement territorial.
Leur mise en service devrait permettre de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, soutenir l’irrigation agricole, essentielle dans ces régions, protéger les populations contre les crues et, plus largement, de stabiliser l’activité économique locale.
Ce projet s’intègre dans une dynamique nationale plus large portée par le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 (PNAEPI). Le Maroc a ainsi déjà lancé des études sur plus de 150 sites à travers le pays, dont une majorité de petits barrages.
