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Coopération sécuritaire entre Rabat et Madrid : Un nouveau seuil de franchi

by Perspectives Med
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Coopération sécuritaire entre Rabat et Madrid : Un nouveau seuil de franchi

Ces opérations ont été coordonnées entre la direction de la Garde civile à Las Palmas et le commandement régional de la Gendarmerie royale à Laâyoune, dans le cadre d’un partenariat sécuritaire croissant ces dernières années. Ce partenariat repose principalement sur l’échange d’informations et de renseignements pour surveiller les mouvements des réseaux criminels transfrontaliers.

Ces patrouilles se concentrent sur le suivi des réseaux de trafic d’êtres humains, la détection des tentatives de lancement de bateaux depuis les côtes africaines, et la surveillance des connexions entre les groupes actifs au Maroc et en Espagne via les îles Canaries.

Les autorités indiquent que cette initiative revêt également une dimension humanitaire, afin de réduire les risques auxquels sont confrontés les migrants lors de leur traversée de l’Atlantique, en plus de démanteler les réseaux qui organisent leur mouvement dans des conditions dangereuses, rapportent les médias espagnols.

Lutte contre le trafic des stup

Par ailleurs, lors d’une opération baptisée « Embrión », deux réseaux criminels ont été démantelés, avec l’arrestation de 24 personnes impliquées dans le trafic de migrants et de drogues entre le Maroc et l’Andalousie. D’après les enquêtes ad hoc, les autorités ont retracé pas moins de 38 traversées maritimes illégales, transportant près de mille migrants à bord de bateaux rapides depuis le Maroc vers les côtes espagnoles, notamment vers Almeria et Grenade.

Les investigations ont révélé par ailleurs que ces deux réseaux criminels étaient interconnectés, partageant une infrastructure logistique commune incluant bateaux, ateliers de maintenance et entrepôts, tout en facilitant le transport de drogues et d’armes.

L’opération a mobilisé la police espagnole et française, spécialisée dans la lutte contre le trafic de migrants, ainsi que des agences européennes, dont Europol. Les suspects arrêtés font face à de lourdes accusations, notamment l’organisation de migrations irrégulières, trafic de drogue, contrebande, falsification de documents et appartenance à une organisation criminelle, ainsi que d’autres délits liés à la sécurité publique et au vol.

Cette intervention a également permis la saisie de 23 bateaux, de plusieurs véhicules de luxe, d’armes à feu et de couteaux, ainsi que d’importantes sommes d’argent et de matériel utilisé pour les opérations de contrebande. Les enquêtes révèlent que ces réseaux opéraient en coordination avec des organisations criminelles internationales, notamment au Maroc, où ils organisaient le transport de migrants pour des sommes allant de 10 000 à 15 000 euros par personne, dans des conditions extrêmement périlleuses.

Le terrorisme dans le viseur

Par ailleurs, la coopération antiterroriste entre les deux royaumes a permis l’arrestation de 153 jihadistes dans les deux pays, depuis 2015. Citant le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), l’agence de presse espagnole EFE a rapporté que la collaboration avec le Commissariat général de l’information espagnol a rendu possible le démantèlement de plus de 30 cellules conjointes depuis 2015, année de la création de cette agence marocaine de lutte contre le terrorisme.

La dernière opération conjointe, menée le 25 mars, a abouti à l’arrestation de deux suspects dans la ville de Tanger, en plus de la capture du cerveau à Majorque. Par ailleurs, Madrid et Rabat échangent régulièrement des informations sur les «loups solitaires», les cellules terroristes et les jihadistes étrangers.

Ce processus a facilité une coopération pratique qui a, depuis 2015, conduit à l’arrestation de 84 individus en Espagne et de 69 au Maroc. Les détenus incluent des Marocains, des Espagnols et des personnes d’autres nationalités, reflétant, selon le BCIJ, la nature transnationale de la menace jihadiste et « l’efficacité » de cette coopération bilatérale.

Le bureau a également mis en avant plusieurs opérations qui, selon lui, ont permis d’anticiper des attaques graves en Espagne, y compris le démantèlement d’une cellule affiliée à Daech en 2017. Dans ce cadre, cinq personnes ont été arrêtées dans des villes au Maroc et une à Melilla.

Les autorités marocaines affirment qu’elles ne disposent actuellement pas d’informations fiables concernant la présence de jihadistes espagnols dans les rangs de Daech au Sahel ou en Somalie. La principale menace venant d’Espagne provient des cellules de soutien responsables du financement et du recrutement. Quant aux jihadistes marocains dans ces régions, Rabat estime leur nombre à plus d’une centaine.

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