A l’aube de mercredi, un immeuble à Bachoura a été pulvérisé suite à un ordre d’évacuation de la part de l’ennemi, sous prétexte qu’il se situe près d’un site du Hezbollah. Selon un bilan provisoire du Centre d’opérations d’urgence du ministère de la Santé, ces raids sur Beyrouth ont fait 10 martyrs et 27 blessés. Des restes humains ont été prélevés sur les lieux afin d’identifier les victimes par tests ADN. Parallèlement, l’aviation ennemie a mené deux frappes violentes sur Haret Hreik et Ghobeiri dans la banlieue sud. Au Sud-Liban, les raids ont visé plusieurs villes et villages, faisant également des martyrs et des blessés. Un immeuble a également été pulvérisé à Aakbieyeh, dans le district de Saïda. Dans la ville de Saïda, un drone a ciblé un véhicule à proximité de la mosquée Al-Zaatari.
Dans la Bekaa occidentale, l’ennemi a ciblé quatre habitations à Sohmor, les détruisant totalement et faisant quatre martyrs. À Baalbek, le ministère de la Santé a rapporté qu’un raid de l’ennemi israélien sur la ville a coûté la vie à quatre citoyens et blessé sept autres.
Par ailleurs, les stations-service de la société Al-Amana ont rejoint la liste israélienne de cibles. Elles ont été frappées successivement à Borj el-Chemali, Srifa, Deir Kanoun el-Nahr, Bayt Yahoun et El-Haouch, au sud.
En riposte, le Hezbollah a annoncé durant la nuit avoir visé plusieurs rassemblements de soldats de l’armée ennemie à la frontière libanaise par des salves de missiles et de roquettes à Tallat al-Khazan, dans le secteur d’Al-Nabaa à Odaisseh, ainsi qu’à Al-Khanouk Aitaroun. Les positions ennemies au site d’Al-Marj (face à Markaba), au projet Taybeh, à Aqabat Rob Thalatheen et à Mays el-Jabal ont également été pilonnées. Enfin, une attaque au drone suicide a été menée au sud du village frontalier de Maroun al-Ras.
Le leader du Hezbollah a affirmé, dans une intervention dans la nuit de mardi, que « le Hezbollah et sa Résistance islamique sont en état de légitime défense lors de la bataille d’Asif al-Maakul, défendant la terre, refusant la reddition et protégeant l’existence et l’indépendance de la nation. » Il a ajouté que « l’étendard de la vérité est hissé par les moudjahidines, par le combat des membres de la Résistance et de ceux qui y croient, et par leur patience et leurs grands sacrifices. » Plus, il a expliqué dans son message que « l’option de la confrontation avec l’agression, après quinze mois de diplomatie patiente et tolérante, a révélé plusieurs points, notamment le courage de la résistance et de son peuple, leur patience et leur adhésion rigoureuse aux accords et engagements, sa bravoure qui repousse l’agression au moment opportun, le haut niveau de préparation au combat, avec ses capacités, ses limites et son déploiement, l’absence de besoin de retranchement géographique et la flexibilité permettant aux résistants de se déplacer de n’importe quel point du Liban jusqu’aux lignes de front pour engager l’ennemi. Et de marteler que la seule solution possible est de mettre fin à l’agression, de se retirer des territoires occupés, de libérer les prisonniers et de permettre aux habitants des villages et des villes de rentrer chez eux, ainsi que d’entamer la reconstruction. « Nous sommes capables d’y parvenir », a-t-il entonné, avant de conclure en soulignant que « la résistance continue sur le champ d’honneur, quels que soient les sacrifices » et que « c’est le champ de bataille qui décide de l’issue ».
Cette intervention du chef du Hezbollah intervient à l’heure où l’insistance du président de la République persiste à croire, lui, que son initiative de négociation représente l’unique option pour une solution et l’arrêt de la guerre. Position qui se heurte, par ailleurs, à la position du président de la Chambre des députés Nabih Berri, qui refuse de négocier sous la pression militaire israélienne et la pression politique et économique américaine. Même les Druzes libanais refusent de figurer dans toute démarche de paix qui se ferait sans la participation des chiites.
En attendant, les pressions extérieures sur le Liban ont pris une forme nouvelle, avec le retour des messages de menace via la carte syrienne. L’agence Reuters a rapporté, selon des sources anonymes, que « les États-Unis ont encouragé la Syrie à envisager l’envoi de forces dans l’est du Liban pour aider à désarmer le Hezbollah, mais Damas hésite à s’engager dans une telle mission de peur d’être entraînée dans une guerre au Moyen-Orient et d’attiser les tensions confessionnelles ». Plus tard, l’envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, a publié un communiqué affirmant que « les rapports indiquant que les États-Unis encouragent la Syrie à envoyer des troupes au Liban sont faux et inexacts ».
C’est un point également soulevé par des sources qataries ayant déclaré que « le commandement syrien n’est pas prêt à aventurer sa stabilité interne pour satisfaire les désirs d’Israël », précisant que Doha mène des efforts pour empêcher toute tension entre le Liban et la Syrie. Dans le cadre de cette même pression est intervenue l’annonce par le gouvernement koweïtien du « démantèlement d’une cellule comprenant 16 personnes, dont 14 Koweïtiens et des Libanais, travaillant avec le Hezbollah, en possession d’armes destinées à des opérations d’assassinat, ainsi que de drones ». Le communiqué officiel koweïtien a prétendu que cette cellule avait « l’intention d’exécuter des actions à l’intérieur du pays, sans révéler la nature des cibles ou le timing des mouvements potentiels ».
Le Hezbollah s’est empressé de publier un communiqué dans lequel il a nié catégoriquement ces accusations, affirmant n’avoir aucun lien avec une quelconque activité de ce type au Koweït.
Sur le terrain, les opérations terrestres menées par l’armée sioniste sont réparties sur plusieurs fronts, avec des unités de la 162e division qui avancent vers Aïta al-Chaab, tandis que la 91e division manœuvre dans la région d’Aïtaroune et la 36e division avance sur l’axe de Markaba, sous une forte couverture aérienne. Ce déploiement à plusieurs volets vise à disperser les défenses du Hezbollah et à imposer une nouvelle réalité sur le terrain, mais il se heurte jusqu’à présent à une résistance farouche qui entrave tout progrès décisif. Le Hezbollah continue de cibler des sites et des rassemblements israéliens, tant au Sud-Liban qu’en Galilée, dans le cadre d’une tentative visant à équilibrer la pression militaire et à imposer une équation de dissuasion sur le terrain.
La Résistance islamique au Liban a annoncé mardi soir le lancement d’une vague d’opérations baptisée Khaybar 1, dans le cadre de la défense du Liban et de son peuple, et dans le contexte de la lutte contre l’agression israélienne en cours contre le Liban, ciblant des colonies ennemies dans le nord et un certain nombre de bases militaires. Selon Média de guerre, tribune médiatique de la Résistance islamique, les combattants de la résistance ont bombardé les localités de Kiryat Shmona, Metoula, Malkia, Dishon, Avivim, Kfar Blum, Ramot Naftali, Zar’it, Shtula, Even Menahem et Beit Hillel à l’aide d’une salve de roquettes. Ils ont également visé la base de commandement et de contrôle des opérations aériennes de Meron, dans le nord de la Palestine occupée, par un tir de roquettes.
Dans le cadre de ces mêmes opérations, la Résistance islamique a bombardé à l’aide de roquettes la base de contrôle de drones de Giva, à l’est de la ville occupée de Safed, ainsi que le quartier général du commandement nord de l’armée ennemie israélienne (base de Dado) et la base d’Ein Zeitim, au nord de la ville occupée de Safed. L’opération Khaybar 1 comprenait également le ciblage du quartier général de l’unité commando navale d’élite « Shayetet 13 » à la base d’Atlit, au sud de la ville occupée de Haïfa, avec un barrage de missiles sophistiqués. Les moudjahidines ont également bombardé la base d’Ami’ad au nord du lac de Tibériade, la base de Samson à l’ouest de ce lac ainsi que la base navale de Haïfa dans la ville occupée de Haïfa avec une salve de roquettes de haute qualité.
Dans la même vague, le système de défense aérienne de Ma’alot-Tarshiha a été visé avec un barrage de roquettes, ciblant simultanément la colonie de Nahariyya dans le nord de la Palestine occupée avec un essaim de drones d’attaque, ainsi que les colonies de Shomera, Shtula et Zar’it avec des obus d’artillerie.
Média de guerre a aussi rapporté que les combattants de la résistance ont ciblé avec des salves de roquettes ou des obus d’artillerie des rassemblements de soldats de l’armée ennemie israélienne à proximité du centre de détention de la localité libanaise d’al-Khiam, sur la colline Tallet al-Hamames, au sud de la localité d’al- Khiam, ainsi qu’un rassemblement aux abords de la mairie de cette localité Ils ont aussi pris pour cible la position de Khirbet al-Manara en face de la localité frontalière de Houla, celle de Jadida Mays al-Jabal, le site de Misgav Am, Jabal Wardeh dans la localité frontalière de Markaba, le site d’Al-Assi face à la localité de Mays al-Jabal. Ils ont également ciblé une position de soldats de l’armée ennemie israélienne à l’intérieur d’une tente dans la localité frontalière de Maroun al-Ras à l’aide d’un drone en piqué, ainsi qu’un rassemblement de soldats ennemis au sud de cette localité.
En réponse aux incursions israéliennes, des combattants de la Résistance islamique ont ciblé un char Merkava dans le projet d’al-Taybeh à l’aide d’un missile guidé, contraignant les forces ennemies à se replier sous un épais écran de fumée. Ils ont ensuite riposté par des tirs d’artillerie et une salve de roquettes. Un second char Merkava a également été ciblé dans la même zone avec un missile guidé, atteignant sa cible de plein fouet, selon un communiqué de la résistance. Depuis la nuit dernière, cinq chars ont ainsi été visés.
Dans le cadre de l’avertissement lancé par la Résistance islamique à la colonie de Nahariyya, dans le nord de la Palestine occupée, les combattants de la Résistance islamique l’ont prise pour cible avec un barrage de roquettes.
A noter que la Résistance islamique a rendu compte pour la seule journée de mardi 51 opérations anti israéliennes.
Selon la chaîne israélienne Channel 12, depuis le début du conflit, le Hezbollah a tiré plus de 2 000 roquettes depuis le Liban, soit près de 100 par jour en moyenne, et a également tiré plus de 100 drones. La chaîne, citant des responsables militaires, a rapporté que le Hezbollah « possède la capacité de lancer des centaines de roquettes vers le nord d’Israël », précisant que cette capacité « n’était pas reconnue après la précédente guerre et l’accord de cessez-le-feu ».
Dans le même contexte, le journal Haaretz a souligné que « le Hezbollah bombarde le nord sans relâche » et qu’il « a attaqué les forces de l’armée israélienne dans le sud du Liban avec des dizaines de roquettes ».
