Une force militaire israélienne a fait une incursion, lundi, près des localités de Yaroun et de Maroun al-Ras, dans le sud du Liban, tandis qu’une autre force tente une incursion depuis l’axe Odaisseh – Taybeh, à la frontière. L’agence de presse officielle libanaise a déclaré avoir observé l’incursion d’un certain nombre de « véhicules ennemis » près des localités de Yaroun et de Maroun al-Ras, dans le sud du Liban. Elle a ajouté que « des affrontements sont actuellement en cours entre les forces d’occupation israéliennes et des éléments du ‘Hezbollah’ sur l’axe Odaisseh – Taybeh, où l’ennemi tente de pénétrer sur le territoire libanais sous une pluie de bombardements et de balles ».
Par ailleurs, les affrontements se poursuivent entre le Hezbollah et l’armée israélienne dans la localité de Khiam, parallèlement à des raids menés par l’aviation de guerre israélienne sur la région, selon le correspondant Anadolu.
Plus tôt dans la journée de lundi, l’agence a indiqué qu’une force blindée israélienne a fait une incursion depuis la zone de Wata al-Khiam, après minuit, en direction de la périphérie de la ville de Khiam, sous le couvert de tirs d’artillerie et de frappes aériennes.
Lundi, Israël a annoncé le début d’une nouvelle « opération terrestre » dans le sud du Liban, avec des estimations indiquant la présence de ses forces actuellement à une profondeur de sept à neuf kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. Un haut officier du Commandement Nord de l’armée a indiqué lors d’une réunion fermée avec des réservistes que les combats sur le front nord pourraient durer plusieurs semaines, jusqu’à la fête juive de Chavouot, le 26 mai, rapporte le quotidien Yedioth Ahronoth. L’officier a précisé que l’objectif militaire est de profiter d’un éventuel effondrement du régime iranien pour éliminer le Hezbollah, détruire les infrastructures reconstruites par le groupe pendant le cessez-le-feu et achever la destruction des dépôts d’armes et équipements militaires restants. « Nous resterons ici aussi longtemps que nécessaire », a-t-il ajouté, soulignant que la campagne est en cours et sans calendrier précis.
Selon le quotidien, cette incertitude sur la durée des combats a créé de la confusion parmi les réservistes à l’approche de la Pâque juive, début avril. « Beaucoup de soldats mobilisés ignorent combien de temps durera leur service et subissent une fatigue croissante », note le journal. Les forces israéliennes opèrent actuellement à environ 7 à 9 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, et la zone sous leur contrôle pourrait s’étendre en vue d’une offensive terrestre plus large.
L’opposant israélien Yair Golan, leader du parti Démocrates, a averti sur le réseau social X que le gouvernement de Benjamin Netanyahu semble se diriger vers une invasion terrestre qui pourrait enfermer l’armée dans ce qu’il a qualifié de « bourbier libanais et de nouvelle guerre sans fin ».
Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a confirmé lundi matin que l’armée avait commencé une offensive terrestre au Liban. Dimanche, la radio publique israélienne a rapporté que l’armée avait demandé au gouvernement l’autorisation de mobiliser 450 000 réservistes en préparation de l’offensive libanaise. La demande devrait prochainement être présentée aux ministres et aux membres de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset pour approbation.
À minuit, dans la nuit de dimanche à lundi 16 mars, l’aviation de guerre israélienne a mené deux raids aériens contre le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de la capitale. Ces frappes, qui ont provoqué d’importants incendies et d’épaisses colonnes de fumée, sont intervenues quelques minutes seulement après l’annonce par le porte-parole de l’armée de l’ennemi du début d’une « nouvelle agression » contre Beyrouth. Les pompiers de la banlieue sud continuent de lutter contre un incendie majeur au milieu des décombres d’un bâtiment détruit hier à Haret Hreik.
Des images filmées lundi montrent les équipes s’activant face aux flammes dévorant les ruines, avant l’intervention d’engins lourds pour entamer le déblayage des débris dans cette zone ciblée de manière répétée ces derniers jours.
Le correspondant d’Al-Manar a rapporté une série de raids depuis minuit, ciblant les localités de : Sarbine (caza de Bint Jbeil), Bint Jbeil, Mayfadoun, Taybeh, tandis que l’artillerie ennemie a pilonné les abords de Debbine et les environs du fleuve Khardali. Parallèlement, une force blindée ennemie a progressé depuis Wata el-Khiam à la périphérie est de la ville de Khiam, sous couverture d’artillerie et de raids aériens.
Malgré l’exil, les déplacés ont exprimé leur soutien indéfectible à la Résistance. Dans des déclarations recueillies par l’agence Unews dans une école transformée en centre d’accueil, les citoyens ont affirmé leur confiance en une victoire proche, soulignant que la fermeté des résistants leur insuffle espoir et persévérance. Pour eux, la Résistance demeure la fierté du peuple et le seul garant de la protection du pays et de sa dignité face à l’agression.
Les régions du Sud, de la banlieue sud et plusieurs villages près de Baalbek ont connu de nouvelles vagues de déplacements ces derniers jours suite aux avertissements de l’armée ennemie, alors que les menaces d’évacuation se sont étendues dimanche soir aux cazas de Tyr et de Zahrani.
Le Yedioth Ahronoth rapporte que les villes du centre et du nord connaissent une vague de déplacements internes avec l’intensification des attaques de missiles lancées par l’Iran et le Hezbollah, et l’élargissement des menaces provenant de multiples fronts. Le quotidien israélien explique que l’afflux de milliers d’Israéliens vers la ville d’Eilat reflète l’ampleur de l’inquiétude et l’effondrement croissant du sentiment de sécurité, même dans les zones autrefois considérées comme des refuges sûrs. Il mentionne que des milliers de personnes fuyant le nord et le centre des territoires occupés se sont entassées dans la ville ces derniers jours, cherchant une protection contre les missiles, mais la réalité du terrain a déçu les espoirs de beaucoup après que les sirènes d’alarme ont retenti des dizaines de fois en une seule semaine seulement.
Le journal ajoute que le déplacement ne s’est pas limité aux habitants du centre, mais a inclus des milliers de résidents de Kiryat Shmona, proche de la frontière libanaise, après que leurs zones ont été soumises à des attaques continues depuis les fronts libanais et iranien. L’un des fuyards a indiqué qu’ils sont retournés dans le même hôtel où ils avaient été évacués il y a plus d’un an, mais cette fois à leurs propres frais, ajoutant : « Nous avons fui les sirènes d’alarme dans le Nord… et peut-être que les missiles nous ont suivis jusqu’ici aussi ». Le journal souligne que la « couverture balistique » frappe les habitants à trois niveaux, représentés par le danger direct sur leur vie, la transformation de la ville en champ de bataille plutôt qu’en refuge, et l’effondrement des sources de revenus liées au tourisme et aux services.
Ces développements indiquent la transformation de la peur, d’un phénomène local en un état général qui frappe les différentes régions d’« Israël », avec le sentiment croissant que la guerre s’étend géographiquement et temporellement sans horizon clair pour une fin.
Avec la poursuite des bombardements et la répétition des déplacements internes, la conviction s’ancre chez de larges secteurs de colons que la « sécurité totale » n’est plus disponible, et que les villes qui étaient décrites comme éloignées de l’affrontement font désormais partie du champ de bataille.
L’arrêt de la production dans les plateformes gazières israéliennes Leviathan et Karish en Méditerranée, depuis plus de deux semaines en raison de la guerre avec l’Iran, à cause des pertes estimées à environ 200 millions de dollars , une situation qualifiée de coup dur pour l’économie israélienne. Le gouvernement d’occupation avait choisi de fermer les deux plateformes pour réduire les risques sécuritaires, étant donné leur coût élevé. Elles figurent parmi les actifs les plus coûteux d’« Israël », le coût de chaque plateforme se situant entre un milliard et un milliard et demi de dollars. Des experts ont expliqué que la destruction d’une plateforme gazière en cours d’exploitation pourrait avoir des conséquences catastrophiques, tandis que les dommages potentiels lors d’un arrêt technique restent limités et peuvent être réparés plus rapidement.
L’arrêt de la production a contraint Israël à revenir à l’utilisation du charbon et du diesel pour produire de l’électricité, ce qui a porté les pertes totales après deux semaines à près de 192 millions de dollars. Les approvisionnements en gaz exportés vers l’Égypte et la Jordanie ont également été affectés, ce qui illustre les risques potentiels auxquels les investisseurs sur le marché israélien de l’énergie pourraient être confrontés à mesure que la situation s’aggrave.
Les économistes estiment que la prolongation de cet arrêt envoie des signaux négatifs aux marchés internationaux et affecte l’attractivité des investissements dans le secteur énergétique israélien.
A signaler que cet arrêt est le troisième du genre depuis le 7 octobre 2023, et que la période d’arrêt pourrait être prolongée si l’escalade militaire se poursuit, ce qui a suscité une controverse parmi les responsables de l’énergie quant à l’équilibre entre la protection des actifs et la réduction des pertes économiques subies par les entreprises.
